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« Agro-industrialisation pour une croissance inclusive » : face aux médias, les partenaires de la Conférence et le ministre nigérian de l’Agriculture partagent leurs perspectives

05/12/2016
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Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement (BAD), Abdalla Hamdok, secrétaire exécutif par intérim de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations Unies, Abdoulaye Mar Dieye, sous-secrétaire général des Nations Unies et directeur du Bureau régional pour l’Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), ainsi que le ministre nigérian de l’Agriculture, Audu Ogbeh, ont donné le coup d’envoi de la 11e Conférence économique africaine ce lundi 5 décembre 2016, à Abuja, dans une conférence de presse qui s’est tenue dans la foulée de la cérémonie d’inauguration.

Aux médias qui l’interrogeaient quant aux plans envisagés pour aider le Nigeria à sortir de la récession, le président Adesina a répondu que cette récession relevait d’un problème de concentration des revenus. Basée sur le pétrole, l’économie nigériane a été fortement ébranlée par les chocs pétroliers. La BAD, en partenariat avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, examine actuellement une série de mesures pour soutenir le Nigeria. Le Conseil d’administration de la BAD a récemment approuvé l’octroi d’une aide de 1 milliard de dollars EU pour soutenir les réformes menées par le gouvernement, budgétaires notamment ainsi que des réformes liées aux secteurs agricole et de l’énergie. Des prêts ont également été accordés aux banques pour contribuer à la croissance du secteur privé. Akinwumi Adesina a déclaré que la Banque africaine de développement continuera de soutenir le Nigeria, en vue d’améliorer sa politique macroéconomique et de créer un environnement propice aux investissements étrangers.

« Du fait de sa forte dépendance vis-à-vis des importations, l’agriculture africaine ne crée pas de richesses. La BAD va augmenter les prêts qu’elle octroie au secteur agricole dans le but de mettre un terme à la malnutrition extrême, de soutenir la transformation des produits de base et l’exportation des produits finis, et de créer des emplois et de la richesse », a indiqué M. Adesina.

Le ministre de l’Agriculture, Audu Ogbeh, a fait part de la mise en place de mesures visant à renforcer la sécurité sur les terres agricoles. Le ministère de l’Agriculture collabore avec le corps de la protection civile par l’intermédiaire du ministère de l’Intérieur, pour protéger la vie des agriculteurs travaillant dans les champs. Il a souligné que les opportunités générées par les secteurs agricole et agroalimentaire avaient un impact positif sur les jeunes, citant des exemples concrets de jeunes en quête de moyens de subsistance dans le secteur agricole plutôt que de suivre la voie de la criminalité ou de l’extrémisme.

Le ministre a en outre confirmé auprès des médias que l’initiative « Perspectives de l’économie mondiale » était toujours d’actualité, malgré les difficultés liées aux fonds de contrepartie versés par les États. Il a indiqué que le gouvernement fédéral travaillait actuellement à combler ces écarts de financement. Et d’exhorter ses compatriotes nigérians à « manger ce que nous cultivons et à cultiver ce que nous mangeons ».

Lors de son intervention, Abdalla Hamdok, secrétaire exécutif par intérim de la CEA, a souligné le rôle important que joue l’agriculture dans la transformation de l’Afrique, soulignant combien son industrialisation est essentielle. Il a appelé les secteurs public et privé à « exploiter l’intégration et les chaînes de valeur régionales afin d’accéder aux chaînes de valeur mondiales, à planifier et à opérer à grande échelle, ainsi qu’à mettre à profit l’expertise de la Chine, de l’Inde et du Brésil ».

Le président de la BAD a conclu cette conférence de presse par un appel à l’action et une mise en garde, soulignant le niveau alarmant des dépenses liées aux importations alimentaires du continent, qui atteignaient 35,4 milliards de dollars EU en 2015. Cinq des quelque 15 produits alimentaires les plus importés sont des produits de base comme le froment, le sucre, le riz, le bœuf et les graines de soja. Et le président Adesina de préciser que, selon les estimations, ces importations pourraient atteindre 111 milliards de dollars EU d’ici à 2025.

Avant de conclure : « Nous devons exploiter le potentiel du secteur agricole afin de transformer nos zones rurales ‒ frappées par la misère et qui génèrent insécurité, criminalité et indigence ‒ en zones de prospérité économique ».