Consultation de haut niveau autour du Document de stratégie 2018-2022 pour la Côte d’Ivoire de la Banque africaine de développement

04/09/2018
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Consultation de haut niveau autour du Document de stratégie 2018-2022 pour la Côte d’Ivoire de la Banque africaine de développement

« Nous saluons la Banque africaine de développement, un acteur majeur qui accompagne notre pays et dont les appuis multiformes contribuent à la lutte contre la pauvreté et à la transformation de notre économie », a déclaré Nialé Kaba, ministre du Plan et du Développement de la Côte d’Ivoire, ce lundi 3 septembre 2018 à Abidjan. 

C’était lors de la consultation de haut niveau sur le nouveau Document de stratégie pays (DSP) de la Banque en Côte d’Ivoire pour 2018-2022, qui a mobilisé près de 200 participants – représentants gouvernementaux, de la société civile, du secteur privé, parlementaires, partenaires au développement et médias nationaux et internationaux. Les experts de la Banque africaine de développement avec, à leur tête, la directrice générale pour l’Afrique de l’Ouest, Marie-Laure Akin-Olugbade, ont apporté des réponses aux préoccupations de l’assistance.

Soulignant la pertinence de l’exposé effectué par l’économiste-pays en chef, Richard Doffonsou, la ministre Nialé Kaba s’est attardée sur le partenariat stratégique qui lie la Banque et le gouvernement de la Côte d’Ivoire et qui se traduit, depuis deux décennies, par une forte dynamique des investissements de la Banque dans le pays. Et d’indiquer que « le DSP 2018-2022, préparé grâce à un processus participatif, répond aux objectifs du Plan national de développement 2017-2022 ». La ministre n’a pas tari d’éloges sur les interventions de la Banque dans des secteurs vitaux en Côte d’Ivoire.

Présente dans tous les secteurs clés de l’économie, la Banque a décuplé ses engagements en Côte d’Ivoire avec son DSP 2013-2017

Faisant écho à cet exposé, la ministre Kaba a fait observer que la stratégie de la Banque 2013-2017 a fait exploser les engagements nets en Côte d’Ivoire, passés de 234 millions d’euros en 2013 à 1,12 milliard d’euros à la fin août 2018, répartis en vingt-trois opérations : onze projets du secteur public (pour 54,9 % des engagements) ; sept projets du secteur privé (23,2 %) et cinq projets régionaux (21,9 %). Les domaines ciblés en exécution de cette stratégie portent sur les transports, l’énergie, l’agriculture, la gouvernance, l’eau et l’assainissement et les finances publiques, qui, selon les conclusions de ces exposés, « ont eu des impacts réels qui font la fierté des communautés ivoiriennes ».

L’exposé a mis un accent sur le volet capital humain, indiquant que, sur la période 2013 à 2017, la Banque a contribué à la réinsertion de 12 500 ex-combattants et jeunes à risques sans emploi sur 15 000 visés ; à la création de 1 500 emplois permanents pour jeunes diplômés ; à la formation de 1 118 jeunes à divers métiers ; et à la réhabilitation de près de 30 écoles et 7 centres de santé.

Quant au secteur de l’eau et de l’assainissement, la Banque a concentré ses efforts sur l’amélioration des conditions de vie et de l’environnement des populations abidjanaises, en contribuant à la réduction de plus de 87 % de la surface inondée au carrefour de l’Indénié (passée de 4 ha à 0,5 ha) et sur la réduction de la prévalence des maladies hydriques dans les quartiers du bassin du Gourou. La Banque prévoit, dans le cadre du DSP 2018-2022, une seconde phase dudit projet sur les autres bassins versants, afin d’atténuer substantiellement les inondations en saison pluvieuse.

Au titre de la gestion des finances publiques, la Banque a pris part à la mise en œuvre des procédures nationales pour la quasi-totalité des appels d’offres ouverts, au renforcement de la gestion axée sur les résultats, à la hausse de 95 % du taux d’exécution des dépenses sociales et au renforcement des capacités des régies financières.

L’impact des projets sur les bénéficiaires, ainsi que les résultats engrangés par la Côte d’Ivoire au titre du développement des infrastructures de soutien à la relance économique, ont été également soulignés dans l’exposé. Grâce à la contribution de la Banque, le secteur de l’énergie a enregistré une hausse de la capacité de production de Ciprel et Azito Energie de 362 mégawatts, soit 20 % de la capacité totale installée du pays, ainsi qu’une baisse des délestages et une amélioration de la compétitivité des entreprises. Ce programme a ainsi permis une augmentation du taux d’accès des ménages à l’électricité et une interconnexion de réseau avec trois pays (Liberia, Sierra-Leone et Guinée). Par ailleurs, la Banque et la Côte d’Ivoire travaillent de concert à l’électrification rurale de 252 localités et au raccordement de 20 000 ménages à l’ouest, dans le District des Montagnes (Tonkpi, Cavally et Guémon).

La Banque a injecté des milliards de francs CFA dans des projets structurants en Côte d’Ivoire, pour la plus grande satisfaction des communautés, notamment dans les transports : désenclavement des bassins de production du cacao à l’est et à l’ouest du pays ; 256 kilomètres de route bitumés sur l’axe Côte d’Ivoire-Liberia ; 1 820 kilomètres de pistes rurales réhabilitées (Djuablin) ; amélioration du trafic automobile et du transport urbain à Abidjan et achèvement de son troisième pont, dit pont Henri-Konan-Bédié. La Banque africaine de développement est d’ailleurs un acteur clé de la construction du futur et quatrième pont de la capitale économique, qui va relier les quartiers du Plateau et de Yopougon, et dont les travaux ont démarré en juillet 2018. La Banque a également appuyé la Côte d’Ivoire pour l’interconnexion des réseaux électriques avec le Liberia, le Mali, la Guinée et le Burkina Faso, facilité le transport sur le corridor Côte d’Ivoire-Mali et créé des activités génératrices de revenus pour les femmes le long des corridors.

Pour transformer l’agriculture ivoirienne, l’une de ses ambitions majeures, la Banque a contribué à une hausse substantielle de la production et de la commercialisation des produits agricoles ; à l’aménagement de 456 ha de bas-fonds ; à la réhabilitation de 620 kilomètres de pistes rurales ; à la création de 22 000 emplois dans la région du Djuablin et 19 000 dans le Bélier. La Banque a également construit 26 magasins de stockage et 10 marchés ruraux, et réalisé 40 nouveaux forages, offrant ainsi aux communautés rurales un accès à l’eau potable.

Une séance d’échanges a permis à la ministre Nialé Kaba, à la directrice générale Akin-Olugbade et aux experts la Banque africaine de développement présents de relever la pertinence des interventions sur plusieurs sujets : la prise en compte des questions de genre ; le renforcement des capacités ; les mesures d’accompagnement pour faire des PME les acteurs majeurs de l’emploi des jeunes ; l’appui de la Banque à la promotion du secteur privé ; le rôle de la recherche scientifique et les informations statistiques. Les questions liées aux réformes fiscales, à la compétitivité des ports, à l’appui à l’employabilité des jeunes, ainsi qu’aux dispositifs de suivi-évaluation du DSP et du Plan national de développement ont été évoquées et discutées.

À ce titre, le secrétaire aux relations extérieures de la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI), Diakalia Ouattara, a salué les efforts que la Banque déploie pour faire de l’agriculture un véritable métier en Côte d’Ivoire. Il s’est également félicité des relations avec la Banque, qui ont permis d’associer la CSCI à la préparation de ce nouveau DSP.

243,9 millions d’euros disponibles dans la réserve de projets en Côte d’Ivoire pour la période 2018-2022

Des leçons cruciales ont été tirées de ces discussions approfondies. Mme Akin-Olugbade a salué toutes les contributions et souligné la volonté de la Banque d’en tenir compte, en vue d’apporter les solutions idoines pour transformer la Côte d’Ivoire.

« Merci pour la pertinence des contributions qui serviront de base pour parfaire le DSP, a-t-elle déclaré. Nous devons nous montrer audacieux pour trouver la meilleure réponse aux questions soulevées et permettre au gouvernement de Côte d’Ivoire de relever le défi de la transformation de son économie. Si le DSP est adopté en septembre, ce sont quelque 160 milliards de francs CFA (243,9 millions d’euros environ, ndlr) qui seront disponibles dans le pipeline de projets pour la période 2018-2022. »

« Le Document de stratégie pays 2018-2022, confirme l’excellente coopération avec la Banque pour soutenir l’économie de Côte d’Ivoire» a conclu la ministre Nialé Kaba, saluant la richesse des débats.

Cérémonie de consultation sur le DSP 2018-2022 de la Banque pour la Côte d'Ivoire avec les Parties prenantes nationales

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