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COP24 – De la politique à l’action : intégrer la dimension du genre dans les plans d’action nationaux contre le changement climatique en Afrique

10-déc-2018

Lors d’une session tenue lundi 10 décembre 2018 en marge de la 24e session de la Conférence de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP24), Mafalda Duarte, responsable des Fonds d’investissement climatiques, a lancé un appel : « La voix des femmes est indispensable à la planification et à l’exécution des programmes, du niveau local au niveau national. Nous devons veiller à ce que les femmes disposent des compétences, des outils et des moyens financiers qui leur sont nécessaires pour faire face au défi du changement climatique ».

La session, intitulée « De la politique à l’action : intégrer la dimension de genre dans les contributions déterminées au niveau national et les plans d’action nationaux en Afrique contre le changement climatique », s’est déroulée au sein du Pavillon de la Banque africaine de développement à la COP24, à Katowice, en Pologne.

Partenaire majeur pour le développement du continent, la Banque aide les pays d’Afrique à accélérer leur développement vert, inclusif et durable et à atteindre leurs objectifs en matière d’action face au changement climatique. La Banque a mené plusieurs opérations pour améliorer l’inclusion et assurer un développement durable qui réponde à sa Stratégie décennale, à ses cinq domaines prioritaires rassemblés dans ses High 5, à sa Stratégie pour l’égalité des sexes et à son deuxième Plan d’action contre les changements climatiques.

Cette session a permis de discuter des progrès accomplis, des perspectives offertes et des difficultés rencontrées lorsqu’il s’agit d’intégrer les questions d’égalité hommes-femmes dans les contributions déterminées au niveau national (CDN) des pays africains. Échangeant sur les meilleures pratiques, les intervenants ont tenté d’examiner dans quelle mesure une politique et des mesures de lutte contre le changement climatique qui tiennent compte de l’égalité des sexes sont à même d’améliorer la résilience au changement climatique et de procurer des avantages économiques aux communautés locales – en particulier aux femmes et aux filles, qui comptent parmi les plus défavorisés.

Par où commencer et quelles sont les meilleures approches pour intégrer l’égalité des sexes dans les CDN et les différents processus nationaux de planification et de budgétisation concernés ? Cette question a été l’occasion de recenser les possibilités de partenariat avec d’autres partenaires de développement en matière d’investissement et d’assistance technique, ainsi que les meilleures approches permettant de mettre en place des mesures qui prennent en compte l’égalité des sexes afin de renforcer la résilience au climat et que les communautés puissent en tirer des avantages socioéconomiques.

De nombreux pays d’Afrique s’attellent à intégrer la problématique hommes-femmes mais ils manquent de directives au niveau national sur la manière de procéder. C’est là un défi pour l’Afrique, qui doit être traité par le dialogue politique, afin que les CDN et les autres mesures de lutte contre le changement climatique soient conçues et mises en œuvre dans le cadre d’un processus qui tienne compte de la question du genre.

Une mise en œuvre efficace de pareilles mesures qui intègrent l’égalité des sexes repose sur une approche inclusive et attentive aux besoins, aux intérêts et aux vulnérabilités des femmes, des hommes et des jeunes – depuis la phase de conception des programmes jusqu’à leur exécution, leur suivi et leur évaluation.

En 2015, la communauté internationale a adopté deux initiatives majeures : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris qui, tous deux, intègrent l’égalité des sexes et les préoccupations des femmes. Une approche à plusieurs volets est nécessaire pour une mise en œuvre efficace de l’Accord de Paris et des CND qui conduise à un changement profond dans les pays ainsi qu’à un développement à faible taux d’émission, résilient au climat, inclusif et durable. « L’année 2020 offre aux pays africains de nombreuses opportunités pour mettre à jour leurs CDN et intégrer l’égalité des sexes », a indiqué George Wamukoya du Groupe de travail africain sur l’égalité des sexes et le changement climatique (AWGGCC).

Cette session était organisée par le Département du genre, des femmes et de la société civile de la Banque africaine de développement, en partenariat avec le Groupe de travail africain sur l’égalité des sexes et le changement climatique (AWGGCC) et le Programme de recherche du GCRAI sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité alimentaire (CCAFS). Femmes dans les sciences et les technologies mondiales (WISAT), l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC), le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et le Bureau mondial pour l’égalité entre les hommes et les femmes de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) y ont également pris part.

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