« Si le changement climatique s’aggrave, on va tout simplement disparaître ! » - Mounir Mbogo, 12 ans

05/12/2018
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« Si le changement climatique s’aggrave, on va tout simplement disparaître ! » - Mounir Mbogo, 12 ans

A 12 ans, Mounir Mbogo a l’éloquence d’un avocat chevronné sans rien perdre de sa fraicheur.

Au deuxième jour de la COP24 à Katowice, mardi 4 décembre 2018, ce jeune garçon venu tout droit de Ndjamena, la capitale tchadienne, a lancé un vibrant plaidoyer en faveur des énergies renouvelables, et de l’énergie solaire en particulier, au sein du Pavillon de la Banque africaine de développement. Le public venu assister à une session dédiée à l’initiative Desert to power – lancée sous les auspices de la Banque pour développer l’accès à l’électricité dans les pays du Sahel en misant sur l’énergie solaire – l’a couvert d’applaudissements enthousiastes.

Entretien avec ce jeune ambassadeur d’une Afrique verte et « éco-citoyenne », venu à la COP avec une ONG tchadienne dont il est membre, Espaces verts du Sahel[i].

Quel est le message que tu es venu lancer à cette COP24 ?

Je veux dire que l’énergie solaire est l’une des solutions face au changement climatique : elle est propre, ne pollue pas et elle est renouvelable, on peut s’en servir autant qu’on veut – surtout dans un pays comme le mien, le Tchad, où il fait très chaud avec beaucoup de soleil. On doit utiliser des énergies qui ne polluent pas : le solaire, mais aussi l’éolien, la géothermie, la biomasse…

Si tu étais ministre de l’énergie, que ferais-tu ?

Je commencerai par m’occuper des zones qui n’ont pas d’électricité. Je ferai en sorte qu’on utilise moins de pétrole et qu’on installe des panneaux solaires partout, car au Tchad, le soleil est partout et tout le temps ! Puis on créera aussi des usines chez nous, qui fabriquent ces panneaux solaires. Et, au fur et à mesure, les prix [de ces équipements] baisseront.

As-tu un message à adresser aux jeunes Africains ?

On doit davantage avoir de civisme. Je leur dirais : devenez des éco-citoyens ! Il faut comprendre les enjeux environnementaux et ne pas se préoccuper de ses seuls problèmes personnels. Il faut comprendre que le changement climatique concerne chacun de nous, qu’il va avoir un impact sur tout le monde. Ça fait 200 000 ans que l’être humain est apparu sur terre. Si le changement climatique s’aggrave, on va tout simplement disparaître !

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[i] Espaces verts du Sahel est une ONG tchadienne présidée par son fondateur Joël Yodoyman, qui milite en faveur du développement durable avec une approche basée sur l'éducation et l'action des jeunes. 


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