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La Semaine de l'évaluation 2018 se termine : les partenariats et la collaboration sont essentiels pour des évaluations influentes et un plus grand impact sur le développement

27-sep-2018

Alors que le rideau tombait sur la Semaine de l'évaluation 2018 de la Banque africaine de développement, les remarques finales reflétaient un message répété tout au long de cette semaine : un partenariat et une coopération étroite entre les parties prenantes sont nécessaires pour renforcer l'impact de l'agenda 2063 de l’Union africaine.

Plus de 450 évaluateurs, praticiens du développement, décideurs politiques, représentants du gouvernement et de la société civile, parlementaires, universitaires et étudiants se sont réunis au siège de la Banque africaine de développement à Abidjan, du 5 au 7 septembre 2018, pour partager leurs connaissances et expériences sur le rôle de l'évaluation dans le renforcement de l’impact du développement. La Semaine de l’évaluation du développement qui, cette année, comprenait un atelier de renforcement des capacités, un café des connaissances, des conférences et des tables rondes interactives, est un événement mondial et biennal de partage de connaissances.

Le premier jour de l'événement, quelque 65 participants se sont rencontrés lors d'un Café des connaissances pour partager leurs idées et expériences sur la manière dont les évaluations pourraient avoir un impact plus important sur les opérations de la Banque. En préparant le terrain pour toute la semaine, Foday Turay, chargé d’évaluation en chef à IDEV, a affirmé aux participants que : « Cette Semaine de l'évaluation met en avant l’objectif d'apprentissage de l'évaluation pour obtenir de meilleurs résultats en matière de développement ». Le Café des connaissances a porté sur des questions telles que comment améliorer l'engagement avec les parties prenantes de l'évaluation et résoudre les problèmes liés à la communication et à l'utilisation des résultats.

Parallèlement, un autre groupe de 77 évaluateurs, praticiens et experts s'est réuni lors d’un atelier de renforcement des capacités visant à améliorer la compréhension de la question du genre dans l'évaluation, tout en sensibilisant sur la nécessité de générer et d'utiliser des indicateurs ventilés par sexe. L'atelier fut animé par des exposés d'Elena Bardasi, économiste principale, et de Gisela M. García, chargée de l'évaluation du Groupe d'évaluation indépendante (GEI) de la Banque mondiale, et de Monica Lomena-Gelis, chargée d'évaluation principale au sein d'IDEV. Commentant les échanges, Gisela Garcia a noté que « le personnel opérationnel et les évaluateurs doivent travailler ensemble pour s'assurer que les bons indicateurs sont inclus dans la conception des projets, afin de pouvoir capturer les résultats pertinents à leur clôture ».

Une session de discussion a eu lieu dans l'après-midi du 5 septembre sur la question de la mise à jour des critères d'évaluation établis en 1991par le Comité d'aide au développement de l'Organisation de coopération et de développement économiques. Soulignant que le monde avait changé depuis lors, les participants ont convenu que les critères devaient être revus et mis à jour à la lumière de l'évolution du contexte des politiques, projets et programmes de développement, notamment les Objectifs de développement durable et l'Agenda 2063. Les participants ont notamment discuté de la nécessité d'affiner les critères de « pertinence » et « d’impact » dans l'évaluation. Certains se sont également inquiétés du fait que les évaluateurs négligent souvent la question des partenariats.

Lors du deuxième jour de la Semaine de l'évaluation 2018, après la séance d'ouverture ponctuée d’un discours de Nkosazana Dlamini-Zuma, ministre auprès de la présidence de l'Afrique du Sud pour la Planification, le suivi et l'évaluation, les interactions ont été riches entre les participants sur les partenariats public-privé (PPP) pour le développement des infrastructures. Les PPP sont de plus en plus populaires sur le continent africain : entre 2004 et 2013, 33 pays africains ont promulgué une loi sur les PPP ou les concessions et 20 autres ont adopté leurs lois sur les PPP au cours des cinq dernières années. Cependant, la session a mis en évidence la nécessité de respecter certaines conditions, telles que les cadres institutionnels et la réglementation, pour assurer le succès des projets de PPP.

« La qualité du réseau de réglementation est nécessaire pour attirer les investissements, en particulier les investissements du secteur privé », a souligné Caroline Heider, directrice générale et première vice-présidente du Groupe d'évaluation indépendant (GEI) du Groupe de la Banque mondiale.

 

La capacité des banques de développement et des administrations nationales en matière d'évaluation et la nécessité d'impliquer toutes les parties prenantes dans le processus d'évaluation constituent un autre aspect important. « Le plus important est le dialogue et le débat. Nous avons tendance à externaliser les évaluations et à ne pas passer suffisamment de temps à discuter de notre manière d’apprendre », a déclaré Pierre Guislain, vice-président de la Banque africaine de développement, chargé du secteur privé, des infrastructures et de l’industrialisation.

 

Le thème de l'inclusion par le biais des chaînes de valeur agricoles a été au centre des discussions le matin du troisième et dernier jour de l’événement. Wambui Gichuri, directrice du Département de l’eau et de l’assainissement de la Banque, a indiqué, lors de son discours d'ouverture, que tandis que l’Asie et l’Amérique latine avaient connu une baisse de la proportion d’enfants souffrant d’un retard de croissance entre 2000 et 2016, l'Afrique avait vu la sienne augmenter de 17 %. Une des leçons à retenir de la session était la nécessité de nouer des partenariats entre le secteur privé, les gouvernements et d’autres acteurs du développement pour assurer l’accès au financement, et de poursuivre des efforts délibérés et ciblés pour assurer l’inclusion tout au long de la chaîne de valeur agricole.

La dernière session de la Semaine de l'évaluation 2018 a mis l'accent sur la nécessité des partenariats pour créer une culture de l'évaluation d'une part, et avoir la capacité de mener des évaluations de l'autre. « Pour l'évaluation, il est nécessaire d'avoir des partenariats bien choisis. Nous devons également impliquer la société civile dans le processus », a déclaré Abbas Imbassou Ouattara, membre du Parlement de Côte d’Ivoire et du comité exécutif du Réseau des parlementaires africains pour l’évaluation du développement.

L'importance des partenariats et de la coopération a été soulignée tout au long de la Semaine de l'évaluation. « L’une des principales raisons pour lesquelles les recommandations issues des évaluations ne sont pas adoptées est que les bénéficiaires et utilisateurs finaux de ces évaluations ne sont pas consultés durant le processus », a indiqué Girma Kumbi, chargé d'évaluation principal à IDEV, lors de la clôture de la conférence.

Ceux qui ont participé à la Semaine de l'évaluation 2018 ont appris que les partenariats fructueux sont souvent complexes et exigent que les acteurs sortent de leurs zones de confort. L'un des types de partenariat les plus importants entre les gouvernements, la société civile, les partenaires au développement, les bénéficiaires et les autres parties prenantes est la collaboration nécessaire pour mener des évaluations pertinentes et utiles, à même de contribuer à renforcer l'impact du développement et aider l'Afrique à atteindre son objectif son Agenda 2063.

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