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Gabon : la Banque africaine de développement améliore le quotidien des riverains de la Nationale 1, principal axe routier du pays.

23-aoû-2019

Hermann Nzondo est chauffeur de taxi. Lorsqu’il évoque l’ancienne route Nationale 1, des souvenirs contrariés affleurent à sa mémoire : « à l’époque, faire le trajet entre Lambaréné et Mouila (119 km) n’était pas aisé. Il fallait avoir un véhicule tout terrain. Mais depuis que la route a été bitumée, un taxi fait l’aller-retour en deux heures au lieu de cinq ».

Depuis 2017, les conditions de circulation se sont nettement améliorées sur cette route, remise en état grâce à un financement total de 260 millions d’euros de la Banque africaine de développement. Avec pour objectif de moderniser 250 km de routes au Gabon. Le long de la Nationale 1, cinq ponts et 17 dispensaires ont été construits, 33 forages ont été installés, transformant le quotidien de Hermann Nzondo et des nombreux riverains.

« Quand ils ont rénové la route, ils ont installé un forage et j’ai maintenant de l’eau sur place. Je n’ai plus à me déplacer pour cela, raconte Anselme Mombu, infirmier à Guidouma. Je suis même logé à côté du dispensaire. La nuit, on peut me solliciter pour traiter un patient en urgence et j’y vais sans souci. Son dispensaire a bénéficié de panneaux solaires qui alimentent l’infrastructure en électricité.

Une dizaine de kilomètres plus loin, dans le village de Mandilou, Monique Guisegou tire son eau d’un forage installé en bordure de la voie, à quelques mètres de son domicile. « La première pompe était actionnée avec le pied et cela mettait tout le corps en mouvement. C’était pénible. Maintenant, avec la nouvelle pompe, recueillir l’eau est devenu facile pour tout le monde », explique la sexagénaire dans un grand sourire.

Première phase du Programme d’aménagement du réseau routier (PARR) du Gabon, les travaux du Programme routier 1 (PR1) ont permis la rénovation des tronçons Fougamou-Mouila (119 km), La Leyou-Lastoursville (97 km) et Ndendé-Lébamba (37 km). Le premier tronçon, vers la frontière du Congo, représente un maillon important du corridor d’intégration régionale Ndjaména-Yaoundé-Brazzaville. Il fait partie des projets prioritaires du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique).

D’une part, il a permis d’améliorer les conditions de vie des populations, de réduire de 50% le taux d’absentéisme du personnel enseignant et soignant et d’augmenter de plus de 70% le taux d’accessibilité aux infrastructures socio-éducatives. D’autre part, il a contribué à la réduction des coûts d’exploitation des véhicules, à l’amélioration de la sécurité du transport routier et de l’accès aux infrastructures socio-économiques et de santé dans les provinces enclavées.

La route Nationale 1 est vitale pour l’économie gabonaise : c’est la voie de transit d’une grande majorité des produits agricoles et alimentaires consommés au Gabon, et en provenance du Cameroun et de la Guinée équatoriale. Très sollicité, cet axe routier est souvent soumis à de grandes intempéries dans sa partie Est du pays, nécessitant des travaux de remblayages.

« La construction de la route nous a permis d’avoir accès à certaines localités, où nous ne parvenions pas jusque-là à nous rendre, afin de sensibiliser les populations à la problématique du Sida », affirme Julien Mikolo, éducateur, fermier et entrepreneur à Mouila. Il dirige un centre de santé et intervient dans un rayon de 40 km.

Pour améliorer son activité et tirer profit de la rénovation de la Nationale 1, Julien Mikolo a investi dans la construction d’un motel. « Pour les voyageurs qui souhaitent s’arrêter, de façon volontaire ou pas, cet endroit va leur servir de lieu de repos, en toute quiétude », assure-t-il.

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