Le projet de développement de la production de riz en Guinée-Bissau reçoit le soutien de la BAD

24/01/2017
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Le projet de la Guinée-Bissau prévoyant de développer une chaîne de valeur du riz dans les régions de Bafata et d’Oio du pays, a reçu le soutien de la Banque africaine de développement (BAD). Elle y effectuera un prêt et accordera une subvention pour un montant total de 5,67 millions de dollars EU. Ces apports ont été approuvés par son Conseil d’administration le 23 janvier 2017 à Abidjan. Le financement proviendra du Fonds africain de développement (FAD), le volet du Groupe de la Banque chargé des prêts concessionnels.

Le projet de développement de la chaîne de valeur du riz (PDCV-Riz) a pour objectif de contribuer au relèvement durable de la chaîne de valeur du riz dans les régions de Bafata et d’Olo du pays à travers l’amélioration de la productivité, la consolidation des infrastructures, la résilience au changement climatique, la gestion durable des ressources naturelles agricoles et la réduction des inégalités entre les sexes. Le projet devrait améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et réduire la pauvreté dans le pays, qui enregistre un déficit annuel de plus de 80 000 tonnes de riz, la denrée de base des habitants de la Guinée-Bissau.

Conçu pour être appliqué et complété en quatre ans, le projet prévoit la modernisation et le développement de l’infrastructure agricole et il vise à assurer la relance de la chaîne de valeur du riz dans les régions de Bafata et d’Oio, un accent particulier étant placé sur l’infrastructure hydro-agricole et l’accès aux marchés, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, le développement de la chaîne de valeur, l’emploi des jeunes et des femmes, et l’adaptation aux effets du changement climatique.

Le projet est situé dans deux des neuf régions de la Guinée-Bissau, le Bafata et l’Oio, dont la superficie représente 31,5 % du territoire du pays et dont la population était estimée à 494 000 (27 % de celle du pays) en 2015. La zone est riche en ressources hydriques et terrestres, ce grâce aux bassins fluviaux du Corubal, du Geba et du Mansôa qui s’y trouvent.

Outre la création d’une infrastructure de base issue du développement de 470 hectares de zones de plaine, 7 km de routes, deux marchés ruraux, cinq magasins et boutiques vendant des aliments transformés, etc., des techniques novatrices nécessaires au contrôle de la qualité, à la conservation et à la transformation de denrées alimentaires seront également développées et disséminées.

« Ces activités seront accompagnées d’un renforcement des capacités aux niveaux local et organisationnel, et un accent particulier sera placé sur l’accès des femmes à la terre et sur tous les avantages qu’apportera le projet », a déclaré Xavier Boulenger, Ingénieur en chef en irrigation à la BAD.

Conformément aux orientations stratégiques du pays, le projet contribuera à une amélioration de la productivité et de la production dans le secteur phare de la sécurité alimentaire. Le projet aidera également au développement d’un marché pour les produits issus de la culture maraîchère, dont la production ne répond actuellement qu’à 60 % des besoins, qui seront fournis notamment à des acheteurs et des cantines scolaires. Cette activité permettra d’améliorer la situation de ses bénéficiaires sur le plan nutritionnel, surtout les femmes et les enfants. Le projet servira de catalyseur pour le développement agricole dans la région en facilitant le contrôle des ressources en eau, en renforçant l’infrastructure agricole, en promouvant la production durable, les technologies de conditionnement et celles de transformation, et en facilitant l’accès aux marchés grâce au soutien qui sera apporté au développement des secteurs stratégiques du riz et du maraîchage.

Environ 1 720 agriculteurs, dont 55 % sont des agricultrices, bénéficieront directement du projet, qui aura également un impact indirect sur environ 60 000 personnes.

Le coût du projet est estimé à 6,13 millions de dollars EU (environ 3,8 milliards de CFAF), le prêt et la subvention de la BAD représentant 93 % du coût total du projet. L’on s’attend que le gouvernement et les bénéficiaires effectuent un apport pour les 7 % restants.