Industrialiser l’Afrique : stratégies, politiques, institutions et financement

20/11/2017
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Dans un nouveau rapport publié vendredi à Abidjan, en Côte d’Ivoire, la Banque africaine de développement (BAD) appelle à l’industrialisation de l’Afrique, en privilégiant une politique industrielle intelligente, des transformations structurelles et un recours progressif à la transformation des matières premières du continent en produits à valeur ajoutée.

Le rapport, intitulé « Industrialiser l’Afrique : stratégies, politiques, institutions et financement », a été publié le 20 novembre,  à l’occasion de la célébration de  la Journée de l’industrialisation de l’Afrique. Il comporte des contributions de 16 auteurs, y compris le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et des économistes réputés comme Justin Yifu Lin, Haroon Bhorat, Ravi Kanbur, John Page, ainsi que le vice-président et économiste en chef de la BAD Célestin Monga et  Abebe Shimeles et Amadou Boly, deux chercheurs de l’institution panafricaine de financement du développement.

Dans ses remarques liminaires, Joseph Stiglitz explique pourquoi l’industrialisation demeure pertinente au moment où l’Afrique entre dans le XXIe siècle. Le rapport fournit des conseils pratiques aux pays africains sur divers aspects des politiques industrielles ; il examine la transformation structurelle qui sera nécessaire à la poursuite de la fabrication à forte intensité de main-d’œuvre, semblable à celles de l’Asie de l’Est et du Sud-Est. Il passe également en revue les critères de succès dans la constitution de clusters, de zones économiques spéciales et de parcs industriels dans les pays en développement. Enfin, le rapport tire des enseignements des politiques industrielles menées en Éthiopie et  examine les cas de la Chine et de la Corée du Sud.

Dans l’avant-propos du rapport, le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, fait ressortir que « l’Afrique ne doit plus rester à la traîne des chaînes de valeur mondiales, mais prendre des mesures pour s’industrialiser rapidement, en dégageant de la valeur ajoutée dans tout ce qu’elle produit. L’Afrique doit travailler pour elle-même et ses populations, et non pas exporter ses richesses à d’autres ».

Au lieu de suivre la croissance économique constatée en Asie et ailleurs au cours des 30 dernières années, l’Afrique a été pénalisée par la stagnation et la désindustrialisation. Ainsi, la Banque africaine de développement a mis l’industrialisation du continent au premier rang de ses priorités. En effet, « Industrialiser l’Afrique » est l’une des priorités de développement - les High 5 – de la Banque, qui comprennent aussi les suivantes : « Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie », « Nourrir l’Afrique », « Intégrer l’Afrique » et « Améliorer la qualité de vie des populations de l’Afrique ».

Stiglitz décrit le type de transformation structurelle dont a besoin l’Afrique comme « la transition vers une économie verte, une société de l’apprentissage et une économie de l’innovation ». Il ajoute que « l’innovation partout dans le monde est centrée dans une grande mesure sur les économies de main-d’œuvre, une tendance qui va exactement dans la mauvaise direction. Nous devons encourager l’innovation, qui est centrée sur la sauvegarde de la planète et la protection de l’environnement et moins orientée vers les économies de main-d’œuvre ».

En 1989, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 20 novembre « Journée de l’industrialisation de l’Afrique ». Cette journée vise à mobiliser la communauté internationale dans son engagement en faveur de l’industrialisation du continent.

Télécharger le rapport complet : http://bit.ly/2AfU14P (version anglaise)

#AfricaIndustrializationDay