La Journée internationale de la femme, portrait : Victoria Flattau

08/03/2018
Share |

À l’occasion du 8 mars, la Journée internationale de la femme, nous donnons la parole à huit femmes, plus une – notre Directrice du genre, des femmes et de la société civile. Toutes sont des femmes formidables qui travaillent à la Banque africaine de développement. Voici le huitième portrait de cette série.

Entretien avec Victoria Flattau, jeune professionnelle et coordinatrice de programmes pays au sein de la vice-présidence Développement régional, intégration et prestation de services

Quel élément personnel ou professionnel déterminant a contribué à ce que vous êtes aujourd’hui ?

Si je n’avais pas acheté cet aller simple il y a six ans alors que je cherchais à m’enrichir professionnellement, ma carrière ne m’aurait pas entraînée là où je suis aujourd’hui. Après des années passées à concevoir des bâtiments et des espaces publics en Afrique depuis les États-Unis, je souhaitais appliquer mon expertise sur le terrain. Bien que je sois arrivée par bateau en Tunisie en pleine débâcle suite à l’attaque perpétrée contre l’ambassade américaine, cela n’a pas infléchi ma volonté de devenir une architecte, urbaniste et environnementaliste dans un pays inconnu. À force de travail acharné et d’ouverture d’esprit, je suis entrée dans un cabinet d’études et d’architecture spécialisé dans les projets d’infrastructures verts et durables, où j’ai rencontré des personnes extrêmement talentueuses et attentionnées. En deux ans, j’ai pu parler la langue, comprendre la culture et acquérir une expérience dans divers domaines, qui m’ont tous ouvert de nouvelles portes dans un contexte entièrement nouveau.

Être femme a-t-il été un obstacle ou un avantage dans l’évolution de votre parcours professionnel ?

De mon expérience, il est certain que ce sont les deux à la fois. L’architecture et l’ingénierie sont deux domaines dominés par les hommes et j’ai appris que, parfois, pour être respectées dans leur travail, les femmes doivent travailler très dur. Souvent, les qualifications, l’expérience et le savoir-faire ne suffisent pas pour être appréciée en tant que professionnelle comme le sont la plupart des hommes. La valeur que nous apportons n’est pas toujours reconnue. Il est donc essentiel de démontrer ses compétences : avoir une voix et l’utiliser intelligemment. Si nous excellons dans ce que nous faisons et travaillons dur, ce n’est qu’une question de temps avant que cela ne se sache. Cette approche a fonctionné pour moi par le passé et vaut encore aujourd’hui en tant que membre du personnel de la Banque.

Que représente la Journée du 8 mars pour vous ? Tous les jours de l’année doivent-ils être le 8 mars ?

Cette année a été particulièrement éprouvante pour les femmes, notamment au regard des événements récents survenus en Occident qui ont révélé que nous sommes bien plus loin d’instaurer l’égalité et le respect mutuel que nous ne le pensions initialement. La discrimination persiste toujours, et de nouvelles formes en sont constamment réinventées. Pour moi, le 8 mars est un appel à la prise en compte des femmes et des filles à de nombreux niveaux. Par le biais de mon travail à la Banque, j’ai dirigé l’élaboration d’un projet ciblant spécifiquement l’implication des femmes dans la chaîne de valeur énergétique en Afrique de l’Ouest – un secteur principalement dominé par les hommes. Nous devons saisir chaque possibilité de faire de la Journée internationale de la femme une occasion de réfléchir sur les droits des femmes et persévérer en unissant nos forces pour faire en sorte que les inégalités entre les sexes appartiennent au passé.

Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui souhaitent s’inspirer de votre parcours professionnel ?

Ne sous-estimez jamais vos capacités. Souvent, ce n’est qu’en nous lançant dans une nouvelle aventure que nous découvrons notre propre force, car cela nous oblige à transformer les défis en nouvelles perspectives. Ne vous laissez pas décourager par le premier obstacle. Les obstacles spécifiques aux femmes peuvent sembler insurmontables et, pour réussir, nous devons être prêtes à essuyer des échecs. C’est dans ces périodes difficiles que nous apprenons à nous renforcer et à nous imposer une discipline. Qui plus est, nous sommes les gardiennes de notre planète, ainsi que des valeurs et des cultures qui nous ont été léguées. Alors, soyez fidèles à vos principes lorsque vous cherchez votre place dans ce monde.