La Journée internationale de la femme, portrait : Yuna Choi

08/03/2018
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À l’occasion du 8 mars, la Journée internationale de la femme, nous donnons la parole à huit femmes, plus une : notre Directrice du genre, des femmes et de la société civile. Toutes sont des femmes formidables qui travaillent à la Banque africaine de développement. Voici le septième portrait de cette série.

Entretien avec Yuna Choi, chargée supérieure de la Communication et des relations extérieures au Bureau régional pour l’Asie

Pourriez-vous tout d’abord vous présenter en partageant un élément personnel ou professionnel qui a fait de vous ce que vous êtes aujourd’hui ?

Je me sens très honorée de pouvoir participer à cette célébration mondiale de toutes les femmes. Je suis Coréenne et je travaille à la Banque africaine de développement depuis 2013. Je suis la chargée supérieure de la Communication et des relations extérieures au Bureau régional pour l’Asie, et mon travail consiste à renforcer la coopération et à maintenir de bonnes relations entre les pays d’Afrique et d’Asie.

Je suis née à Séoul, où j’ai vécu jusqu’à mes 27 ans. Jusque-là, je n’avais jamais vécu ou étudié à l’étranger. Tout ce que je pouvais faire sur place était de me porter volontaire dans le cadre de conférences internationales ou de séminaires internationaux organisés en Corée et d’y participer, et j’ai ainsi contribué à plus de 50 événements internationaux lorsque j’étais à l’université. J’ai tenté de rencontrer des communautés ou des personnalités locales et internationales par une communication bidirectionnelle ou interactive. Ensuite, avec l’argent que j’avais économisé, j’ai décidé d’étudier à l’étranger, en Autriche et au Costa Rica, des pays dont la culture, la langue et la géographie sont très différentes de la Corée, ma terre natale, et je me suis bien adaptée à ces nouveaux environnements. L’éducation que j’ai reçue dans ces pays m’a permis de prendre conscience des disparités qui existent à l’échelle mondiale en matière d’économie, de pauvreté, d’inégalités entre les sexes, de causes de guerres et, par-dessus tout, des solutions à tous ces conflits et ces problèmes sociaux afin que nous puissions améliorer le monde pour tous les êtres humains. C’est au cours de mes études à l’étranger que j’ai rencontré mes amis proches originaires d’Afrique.

Les Coréens connaissent bien le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, car ma génération a vécu la crise du FMI en 1997. En revanche, je ne savais pas grand-chose de la Banque africaine de développement et de ses activités jusqu’à ce que je rencontre mon directeur de thèse en 2009. Ce professeur, qui a influencé ma vie étudiante et professionnelle, est un homme originaire de la Côte d’Ivoire qui enseigne à Séoul en Corée. Il m’a appris que le développement de l’Afrique avait atteint un tournant dans son histoire et que le continent avait non seulement besoin des meilleurs cerveaux, mais également de personnes dévouées et foncièrement intéressées par le développement économique et humain durable de l’Afrique. C’est alors que j’ai ressenti un besoin irrépressible de contribuer au développement durable de l’Afrique. 

Trop souvent, les médias diffusent des images négatives sur l’Afrique, mais lors de mes interactions avec le continent et ses habitants, j’ai découvert une image positive de l’Afrique et de ses civilisations humaines. Forte de mon expérience de Coréenne ayant grandi dans un pays qui s’est développé en l’espace d’une génération, après la colonisation et une guerre civile, je tente d’apporter ma contribution au développement de l’Afrique.

Être femme a-t-il été un obstacle ou un avantage dans l’évolution de votre parcours professionnel ?

C’est un avantage, assurément. À de nombreux égards, les femmes ont des perceptions et des perspectives particulières. Les femmes ont la capacité de résoudre la multitude de défis nouveaux que l’avenir nous réserve. J’apprécie que les femmes accomplissent leur travail ou s’acquittent de leurs obligations de façon très méticuleuse, et qu’elles réussissent.

J’ai beaucoup de respect pour toutes les mères dans le monde. Ma mère est une personne très ouverte d’esprit, et elle m’encourage toujours à essayer de nouvelles choses. Je me souviens que, dans ma famille, ma mère a été la seule à ne pas pleurer quand j’ai quitté la Corée pour aller étudier à l’étranger. Elle est toujours forte, et elle m’a énormément inspiré.

Que représente la Journée du 8 mars pour vous ? Tous les jours de l’année doivent-ils être le 8 mars ?

43 ans après que les Nations Unies ont proclamé la Journée internationale de la femme en 1975, le monde compte plus de femmes entrepreneures et directrices générales que jamais. Pourtant, des améliorations seront encore nécessaires pour instaurer pleinement l’égalité des sexes. Dans de nombreux pays, les femmes comptent encore parmi les membres les plus vulnérables de la société. Les inégalités entre les sexes ne présentent aucun avantage pour l’humanité dans son ensemble.

Bien que le 8 mars soit un jour pour célébrer et honorer les femmes, nous devons bien être conscients que cette journée concerne également les hommes, car nous sommes tous des êtres humains et nous sommes tous liés les uns aux autres. Chaque jour devrait être un pas en avant vers l’égalité des sexes, afin que nous puissions nous respecter mutuellement et apprendre les uns des autres.

Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui souhaitent s’inspirer de votre parcours professionnel ?

Je me sens très à l’aise quand je travaille dans un nouvel environnement et que je rencontre des personnes d’horizons culturels, ethniques, raciaux et géographiques différents. Par exemple, j’ai effectué un stage au bureau multipays de l’UNESCO de San José pour le Costa Rica, El Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua et Panama, et un autre stage au bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Europe au Danemark. Non seulement j’ai appris à exécuter de nouvelles tâches et à atteindre des objectifs différents dans chacune de ces deux organisations, mais j’ai aussi commencé à me sentir comme une citoyenne du monde. Pour travailler dans des organisations internationales, il faut avoir l’esprit ouvert afin de pouvoir comprendre des personnes d’horizons différents. J’encourage les jeunes femmes à exprimer activement leurs opinions, à améliorer leurs compétences en communication et à favoriser les interactions avec des personnes différentes. Travailler au sein d’organisations internationales est une expérience formidable. Je voudrais dire aux jeunes femmes d’exploiter toutes les possibilités et de suivre leurs rêves. La chance sourit à celles et ceux qui la tentent réellement.