Discours d’ouverture du président Akinwumi Adesina à l’occasion des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement, 22-26 mai 2017, Ahmedabad, Inde

23/05/2017
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Bonjour à tous ! Shubh Prabhaat !

Excellence Monsieur Narendra Modi, Premier ministre de l'Inde,

Excellences Monsieur Macky Sall, Président de la République du Sénégal, Monsieur Patrice Talon, Président de la République du Bénin, Monsieur Daniel Kablan Duncan, Vice-président de la République de Côte d’Ivoire, Monsieur John Mahama, ancien Président de la République du Ghana,

Monsieur Vijay Rupani, Ministre en chef du Gujarat,

Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les gouverneurs et administrateurs du Groupe de la Banque africaine de développement, Mesdames et Messieurs les gouverneurs des banques centrales, Mesdames et Messieurs les chefs d'entreprise, représentants de la société civile, agriculteurs, Chefs d'entreprises agroalimentaires, Partenaires des médias, jeunes Africains, cadres de direction et membres du personnel de la Banque, Distingués invités, chers partenaires, Mesdames et Messieurs, et bien évidemment ma charmante épouse, Grace, qui est ici avec moi.

Bienvenue aux Assemblées annuelles 2017 du Groupe de la Banque africaine de développement.

Il y a une raison personnelle pour laquelle je suis ravi d’être de retour en Inde. J'ai commencé ma carrière internationale en Inde en 1988, à l’Institut international de recherches sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT) à Hyderabad, dans le cadre d’une bourse de recherche en sciences sociales de la fondation Rockefeller.

Nous sommes heureux d'être ici dans cette belle ville d'Ahmedabad –chez Mahatma Gandhi. Cette terre baptisée Gujarat la dynamique ! Ce qui donne à cette ville un cachet unique, ce n’est pas simplement le fait d’être une méga ville intelligente. C’est surtout le fait d'être le cœur de l’indépendance de l'Inde. C’est ici que la célèbre marche du sel et le mouvement Quittez l’Inde qui ont abouti à l'indépendance en 1947 ont eu lieu.

C’est donc ici qu’émergera, à la faveur de ces assemblées annuelles, un nouvel esprit de renouveau et de détermination pour l’accélération de la croissance et du développement en Afrique.

Je voudrais remercier le Premier ministre, Monsieur Modi, d'avoir accueilli les Assemblées annuelles, le ministre des Finances, Arun Jaitley, ses collaborateurs et le personnel de la Banque pour les efforts exceptionnels qui ont été déployés. Je sais qu'il fait chaud ici, mais l’hospitalité qui nous a été réservée est plus forte que la chaleur. Je vous en remercie !

La réussite du Gujarat est incroyable. Le Gujarat a réalisé l’accès universel à l'électricité. Pas de délestage. Les zones rurales ont l’électricité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Quatre-vingt-dix pourcent des diamants bruts produits dans le monde sont taillés et polis ici. C'est l'industrialisation. L'économie du Gujarat est diversifiée, avec un secteur des services dynamique. Son agriculture est prospère. Elle crée des emplois et affiche un taux de chômage inférieur à 1%. Les centres médicaux du Gujarat comptent parmi les meilleurs au monde et de nombreux Africains viennent ici pour des soins médicaux. En raison de sa vaste façade maritime, le Gujarat joue un rôle clé dans l'intégration économique de l'Inde.

Le Gujarat a réalisé le Top 5. Il n’est donc pas surprenant que le ministre en chef Modi soit parti d’ici pour devenir le Premier ministre Modi. Donnons-lui les cinq doigts de la main sous la forme du Top 5!

Monsieur le Premier ministre Modi, vous êtes en très bonne compagnie, à en juger par le dynamisme des présidents qui sont ici aujourd’hui. Avec une passion hors du commun, le Président Macky Sall transforme le Sénégal, le Président Ouattara affiche sa résilience et impulse une croissance économique remarquable en Côte d'Ivoire. Quant au Président Talon, homme d'affaires de son état, il a déjà enclenché une vague de réformes économiques au Bénin. Lorsque les dirigeants se lèvent, on obtient des résultats !

Tout comme le Gujarat, l'Afrique est étincelante aujourd'hui, avec la plus grande centrale solaire concentrée au monde installée au Maroc et la plus grande centrale d’énergie éolienne d'Afrique, installée au Kenya. L'Afrique et l'Inde ont beaucoup à partager – et plus particulièrement le Gujarat – qui compte un très grand nombre de ses ressortissants en Afrique.

J'ai entendu dire que le peuple d'Ahmedabad a un sens inné «du commerce et des affaires». Le Premier ministre Modi, qui est originaire d'Ahmedabad, est particulièrement passionné par le commerce et les investissements. C'est dans votre ADN: le sommet Inde-Afrique, que vous avez organisé et qui a été couronné de succès, renforce la nécessité de donner une nouvelle impulsion au partenariat dans les domaines du commerce, de l'investissement, de l’éducation et de l’économie.

L'Afrique est en effet la destination idéale. Malgré la conjoncture difficile due à la récession économique mondiale, le continent continue d'afficher une croissance résiliente, qui passera de 2,2% en 2016 à 3,4% cette année. Ces moyennes ne permettent pas de mettre en évidence la performance exceptionnelle enregistrée par bon nombre de pays. Ainsi, en 2016, 12 pays ont affiché une croissance de plus de 5% tandis que 20 autres enregistraient une hausse de 3 à 5%. L’Afrique garde la tête hors de l’eau, en dépit de la récession mondiale. L'Afrique est résiliente. Mais nous devons avancer vite pour atteindre des taux de croissance plus élevés, qui permettront de réduire la pauvreté de manière significative et de soutenir plus rapidement la diversification des économies.

Avoir confiance en l’Afrique et miser sur son potentiel sont les principes qui sous-tendent notre action à la Banque africaine de développement. Le nouvel élan qui nous porte à agir pour l’Afrique vient de notre Top 5. Éclairer l'Afrique et l’alimenter en énergie; Nourrir l’Afrique; Industrialiser l'Afrique; Intégrer l'Afrique; et Améliorer la qualité de vie des populations africaines. Le Top 5 va accélérer le développement de l'Afrique. Je ne suis pas le seul à le dire. L'analyse indépendante et le rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) montrent que l'Afrique réalisera 90% des ODD et 90% de l'Agenda 2063 en concentrant ses efforts sur le Top 5. La distance qui sépare la vision de la réalité est l'action. Nous devons accélérer nos actions sur le Top 5. Nous ne pouvons pas continuer à remettre à plus tard l’avenir de l’Afrique.

C'est pourquoi la Banque accélère ses investissements en Afrique. En 2016, nos approbations ont atteint 10,5 milliards de dollars au total, un niveau record dans l’histoire de notre institution. Et nos décaissements se sont élevés à 6,5 milliards de dollars, un autre niveau record pour la Banque. La Banque produit des résultats pour l’Afrique et nous sommes prêts à faire beaucoup plus. Permettez-moi de présenter brièvement quelques actions que nous avons menées durant la seule année 2016.

3,3 millions d’Africains ont bénéficié de nouveaux raccordements au réseau électrique ;

3,7 millions d’Africains ont bénéficié d’un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement ;

5,7 millions d’Africains ont bénéficié des améliorations dans le secteur de l’agriculture ;

9,3 millions d’Africains ont bénéficié d’un meilleur accès à des services de santé ; et

7 millions d’Africains ont bénéficié d’un meilleur accès au transport.

Nous avons fait tout cela, tout en mettant en œuvre des réformes institutionnelles majeures visant à améliorer l'efficacité et l'efficacité institutionnelles. Nous avons déployé notre nouveau modèle de développement et de prestation de services et cinq bureaux régionaux de développement et de prestation de services ont été approuvés. Les directeurs généraux et les directeurs généraux adjoints de tous ces bureaux ont été nommés. Je me réjouis à l’idée que 80% des directeurs généraux adjoints sont des femmes. Nous avons approuvé l'ouverture de nouveaux bureaux nationaux au Bénin, au Niger et en Guinée. Le Président Talon, qui est ici avec nous aujourd'hui, sera donc l’un de nos nouveaux hôtes et nous lui sommes reconnaissants pour tout le soutien qu’il nous apporte.

Les Assemblées annuelles de cette année portent sur la deuxième de nos Cinq grandes priorités : Nourrir l’Afrique. Il n'y a pas meilleur endroit pour débattre de cette question qu’ici en Inde. La révolution verte a inversé la tendance en Inde, la faisant passer de la dépendance à l’égard de la largesse des autres à l’autosuffisance alimentaire, puis au statut de puissance mondiale dans le domaine de l’alimentation. Et il n'a fallu que trois ans pour inverser cette tendance. Ce n'était pas un miracle. C’était la volonté politique combinée à une ferme détermination de se développer avec dignité.

Pour se développer avec fierté, l'Afrique doit se nourrir elle-même. Les importations de produits alimentaires en Afrique s'élèvent à 35 milliards de dollars par an et devraient atteindre 110 milliards de dollars par an d'ici 2025. Une telle évolution a des répercussions négatives sur la stabilité macroéconomique et budgétaire. L'Afrique doit rapidement se lever et libérer tout le potentiel de son agriculture.

L'Afrique détient 65% des terres arables non cultivées dans le monde pour nourrir 9 milliards de personnes l’horizon 2050. Par conséquent, les actions que l'Afrique mène aujourd’hui dans le secteur de l'agriculture détermineront l'avenir de l’alimentation dans le monde. La solution consiste à transformer l'avantage comparatif naturel de l'Afrique dans le domaine de l’agriculture en un avantage concurrentiel. Nous devons accélérer l'accès aux semences de qualité, aux engrais, à l'irrigation, aux services mécanisés et au financement. L'agriculture doit être considérée comme une activité commerciale partout en Afrique.

L'Afrique doit industrialiser son secteur agricole pour libérer son potentiel de richesse. Pour y parvenir, elle doit mettre en place des zones industrielles de transformation des cultures vivrières et des zones agro-industrielles - avec des infrastructures physiques entièrement activées - pour attirer les entreprises agroalimentaires privées en zones rurales, créer un marché pour la demande de produits agricoles et réduire le taux élevé de pertes après récolte dans les chaînes d'approvisionnement. Ce faisant, nous transformerons les zones rurales marquées par la misère économique en nouvelles zones de prospérité économique.

Nous pourrons doter les pays africains de moyens d’action leur permettant d’ajouter beaucoup plus de valeur à leurs produits. Notre production massive de coton devra se traduire par la fabrication de textile et de vêtements. Après tout, le prix des vêtements ne baisse jamais, même lorsque le prix du coton chute. C'est la raison pour laquelle nous sommes ravis d’offrir une vitrine à l’industrie de la mode "Fashionomics" à l’occasion de ces Assemblées annuelles.

L’Afrique, qui produit 75 % du cacao mondial, ne perçoit que 2 % des 100 milliards de dollars de revenu annuel que génère le marché du chocolat. Alors que les agriculteurs africains baignent dans la sueur, d’autres savourent le sucre. Au moment où les cours du cacao tombent à leur plus bas niveau historique, les profits des chocolatiers mondiaux atteignent un niveau record. Il est grand temps de transformer le cacao africain, car nous devons amener l’Afrique à cesser d’être au bas des chaînes de valeur mondiales

Nous prenons des mesures à cet effet. C’est la raison pour laquelle la Banque africaine de développement a déployé son programme « Nourrir l’Afrique » au titre du Top 5, et s’est engagée à investir 24 milliards de dollars dans l’agriculture sur les dix années à venir. Il s’agit d’une augmentation de 400 % des prêts annuels en faveur de ce secteur. Nous investissons dans des entreprises telles que l’East Africa Trading Group, pour permettre à des millions d’exploitants agricoles d’accéder aux marchés. Nous avons mené l’initiative des « Technologies pour la transformation de l’agriculture en Afrique » (TAAT), une nouvelle plateforme de diffusion des technologies pour les mettre à la portée de millions d’agricultures sur le continent. Comme nous venons de l’entendre de Bill Gates, nous avons conjointement lancé l’Alliance des dirigeants africains pour la nutrition, pour aider à résoudre le problème de la malnutrition et du retard de croissance en Afrique.

Toutefois, ces efforts n’aboutiront que si l’Afrique améliore son accès à l’électricité. En effet, à mesure que le continent résoudra la question de l’accès à l’électricité, nous assisterons au décollage de l’agro-industrie en Afrique, qui stimulera les économies rurales, créera des emplois pour les jeunes et sortira des millions de personnes de la pauvreté.

Nous prenons également des mesures à cet effet. C’est pourquoi la Banque investira 12 milliards de dollars dans l’électricité au cours des cinq prochaines années et mobilisera 50 milliards de dollars auprès du secteur privé. Nous avons rapidement mis en place la Vice-présidence en charge de l’électricité, de l’énergie, du climat et de la croissance verte, et recruté un personnel de classe mondiale. En 2016, nous avons investi 1,7 milliard de dollars dans l’énergie et mobilisé un autre montant de 2,5 milliards de dollars. Notre projet de connexion électrique du dernier kilomètre au Kenya raccorde un million de personnes au réseau. Nous avons été le chef de file de la syndication d’un prêt de type A/B de 965 millions de dollars en faveur d’Eskom, compagnie d’électricité de l’Afrique du Sud, qui a été la plus grande transaction du genre dans l’histoire du continent. Nous avons fourni à l’Algérie un appui budgétaire d’un milliard de dollars pour la réforme du secteur de l’énergie. Nous avons en outre appuyé la réalisation de 22 000 kilomètres de lignes de transport électrique, l’année dernière.

La Banque héberge l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables, lancée en partenariat avec l’Union africaine, sur des engagements d’un montant de 10 milliards de dollars de la part des pays du G7 et de l’Union européenne. Nous nous réjouissons du lancement de l’Alliance solaire internationale par le Premier ministre Modi et fondons beaucoup d’espoir sur la création du Fonds Inde-Afrique pour le cofinancement de l’énergie, entre l’État indien et la Banque africaine de développement.

Le continent est sévèrement touché par le changement climatique. L’Afrique de l’Est et l’Afrique australe ont été frappées par des sécheresses, qui ont coûté la vie à bon nombre de personnes et fait planer un risque de famine sur plus de 20 millions de personnes. Il s’agit de la pire catastrophe humanitaire depuis 1945. Nous agissons dans ce domaine. Notre Conseil d’administration a récemment approuvé le cadre de notre campagne « Dites non à la famine », qui nous permettra d’apporter une réponse globale, par l’octroi d’une aide de 1,1 milliard de dollars à court, moyen et long terme au Soudan du Sud, à la Somalie, à l’Éthiopie, au Kenya et au Nigeria. Nous devons renforcer la résilience climatique en Afrique. Les promesses faites à l’Afrique sur l’adaptation climatique doivent être tenues. Elles ne doivent être ni abandonnées, ni oubliées. Nous avons besoin d’une adaptation au changement climatique et non d’une adaptation aux promesses faites.

Cela étant, il y a un autre changement en Afrique et un changement dans la manière dont nous organisons nos Assemblées annuelles. La jeunesse africaine, désormais notre cible la plus importante, est très bien représentée à cet évènement. Je demande aux jeunes de se lever pour que nous les saluons. Soyez les bienvenus ! La jeunesse constitue non seulement l’avenir de l’Afrique, mais également son présent. En conséquence, nous devons rendre son présent brillant et son avenir encore plus radieux.

Avec 434 millions de jeunes, un chiffre qui devrait atteindre 840 millions à l’horizon 2050, l’Afrique est la région la plus jeune du monde. En effet, 38 des 40 pays les plus jeunes seront des pays africains. L’âge moyen sur le continent sera de 25 ans. Si cet atout démographique est bien exploité et bien formé, le continent deviendra le pôle de talents de l’avenir.

Or, pour l’instant, la situation des jeunes est loin d’être brillante. Un tiers des jeunes est au chômage ou démoralisé, un autre tiers exerce des emplois précaires et seul un sixième dispose d’emplois salariés. Si nous parvenons à ramener le taux de chômage des jeunes au même niveau que celui des adultes, les économies africaines enregistreront une croissance de l’ordre de 10 à 20 %. Nous aurions ainsi réduit le million de migrants ayant quitté l’Afrique pour l’Europe, pour la seule année 2016, dont 160 000 vers l’Italie. Et nous aurions épargné les vies de plus de 5 000 jeunes dont l’avenir est désormais enseveli au fond de la mer méditerranée.

Le chômage des jeunes en Afrique est une réalité à laquelle nous sommes confrontés. Elle interpelle nos consciences et nous appelle à l’action. La jeunesse africaine n’a pas besoin de prospectus ; elle a besoin d’une aide pour stimuler sa créativité et libérer son esprit d’entreprise. Nous menons des actions dans ce domaine. C’est la raison pour laquelle la Banque a lancé le programme Emplois pour les jeunes en Afrique, afin d’aider le continent à créer 25 millions d’emplois pour les jeunes et à offrir des possibilités à 50 millions de jeunes sur une période de dix ans. Rendre l’agriculture attrayante aux yeux de la jeunesse est un des volets essentiels de notre plan d’action. Ainsi, nous avons investi près de 800 millions de dollars, en 2016, pour appuyer plus de 50 000 jeunes agriculteurs et agro-entrepreneurs dans 8 pays. Certains d’entre eux sont dans cette salle. Ils représentent l’avenir de l’agriculture africaine.

En tant que Banque de l’Afrique, notre rôle est de miser sur l’avenir de l’Afrique. Nous ferons confiance aux jeunes, appuierons leurs rêves, stimuleront leur créativité et libérerons leur esprit d’entreprise.

Nous ferons plus, au fur et à mesure de l’augmentation de nos ressources, car nous ne pouvons attendre pour donner espoir à des millions de jeunes du continent. Pour faire plus pour l’Afrique, ses économies, sa jeunesse et ses femmes, la Banque a besoin d’un volume de ressources bien plus conséquent. Sur cette toile de fonds, il sera essentiel d’entamer les discussions sur la recapitalisation de la Banque. Le ministre allemand du Développement et de la Coopération internationale, Gerd Mueller, a vu juste en affirmant que « la Banque africaine de développement est la voix de l’Afrique. Elle doit être dotée de plus de ressources pour faire plus pour l’Afrique ». Une Banque recapitalisée sera en mesure de déployer des ressources, pour faire face à l’évolution rapide des besoins d’un continent qui a si soif de développement. Sa recapitalisation lui permettra de progresser dans la réalisation du Top 5 et d’aider l’Afrique à atteindre 90 % de ses ODD. En ce sens, le Top 5 est le meilleur moyen de parvenir au développement de l’Afrique.

Toutefois, l’accélération du développement de l’Afrique passera également par l’accélération des investissements privés. À ceux d’entre vous qui avez un sens inné des affaires, je voudrais démontrer l’opportunité de vos investissements. Imaginez un continent qui aura, à l’horizon 2050, la même population que celles de l’Inde et de la Chine réunies. Imaginez un continent avec une classe moyenne grandissante et une urbanisation rapide, un continent qui aura la population la plus jeune au monde à l’horizon 2050. Imaginez un continent où les dépenses de consommation devraient atteindre 1 400 milliards de dollars dans les trois prochaines années, et les dépenses d’entreprise à entreprise 3 500 milliards de dollars dans les huit prochaines années. Imaginez un continent qui a réalisé, en 2016, 30 % des réformes commerciales et réglementaires menées dans le monde.

N’allez pas loin : ce continent c’est l’Afrique.

Nous menons des actions pour aider à mobiliser des investissements massifs en Afrique. J’ai le plaisir d’annoncer que la Banque africaine de développement lancera, plus tard dans l’année, le Forum de l’investissement en Afrique. Il s’agira d’un forum dédié aux transactions et entièrement axé sur la conclusion d’affaires et l’accélération des investissements en Afrique, par des fonds de pension, des fonds souverains, des compagnies d’assurance et d’autres investisseurs institutionnels.

Ainsi, les énormes possibilités d’investissement en Afrique s’offrent à vous, de l’agriculture et de l’agro-industrie aux services financiers, en passant par l’énergie et l’infrastructure – et la Banque africaine de développement et ses partenaires seront là pour vous aider à investir.

Avançons vers une Afrique plus forte. Accélérons ensemble le développement de l’Afrique. L’avenir plus rayonnant de l’Afrique se fera avec ceux qui osent. Certes, des défis nous attendent, mais nous les relèverons. Comme l’a dit John Legend dans sa chanson «If you are out there » : l’avenir c’était hier et nous sommes déjà en retard. Alors, levons les 5 doigts de la main pour l’Afrique sous la forme du Top 5 et apportons notre ferme soutien à la Banque africaine de développement pour lui permettre d’accomplir sa mission !

Je vous souhaite des Assemblées annuelles fructueuses et conviviales.

Je vous remercie ! Dhanyavaad !


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