La BAD dégage 28,9 milliards de francs CFA en soutien à la gouvernance économique et à la croissance en Côte d’Ivoire

18/07/2017
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Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD)  a approuvé  un prêt du Fonds africain de développement (FAD) de 36,232 millions d’Unités de compte (UC), soit 28,9 milliards de Francs CFA en faveur de la Côte d’Ivoire afin de permettre au pays de financer son Programme d’appui à la gouvernance économique et à la croissance (PAGEC).

Le  programme vise à renforcer l’efficacité et la transparence dans la gestion des finances publiques et à consolider la tendance positive des indicateurs de fragilité,  tout en maintenant une croissance forte, soutenue et inclusive. Les deux composantes opérationnelles du programme sont: (i) l’appui à l’efficacité et à la transparence de la gestion des finances publiques et (ii) l’appui à la diversification des sources de croissance.

Au cours des cinq dernières années, la Côte d’Ivoire a réalisé des performances économiques remarquables marquées par un taux de croissance annuel moyen de plus de 9 %. En outre, des progrès importants ont été enregistrés dans l’amélioration de l’environnement des affaires, comme l’illustre, au demeurant, la progression constante du rang du pays dans le classement « Doing Business »  de la Banque mondiale.

Cependant, des défis majeurs doivent  être relevés pour permettre au pays d’atteindre ses objectifs de développement économiques et sociaux. Il s’agit, notamment, de parvenir à une répartition plus équitable des sources de la croissance afin de réduire sensiblement l’incidence de la pauvreté qui reste encore très élevée dans le pays, de renforcer la gouvernance du secteur de l’énergie et du café-cacao, de développer des chaînes de valeur pour améliorer le niveau de transformation des produits locaux, d’assainir le secteur bancaire public et de réformer le foncier rural.

Ainsi, les principaux résultats attendus du Programme sont : (i) la protection des dépenses en faveur des couches les plus vulnérables (Education ; santé notamment ) par la fixation d’un niveau d’exécution de réalisation dans la loi des finances révisée 2017 ; (ii) la mise en place d’un système électronique de passation des marchés publics dans quatre ministères-pilotes; (iii) l’adoption et la mise en œuvre d’un plan d’apurement des arriérés dus par l’administration centrale à la Compagnie ivoirienne d’électricité (CEI); (iv) la mise en place de la démarche Qualité au sein de la Direction des marchés publics (DMP) et (v) la réduction des délais pour la création d’entreprises qui passeront de 4 jours actuellement à 3 jours en 2018. Il s’agit aussi (vi) de la baisse des pertes techniques et commerciales dans la distribution de l’énergie électrique qui passera de 22% en 2016 à moins de 20% en 2019; (vii) du renforcement du cadre réglementaire du foncier rural qui se traduira par une augmentation de plus de 50% de la délivrance des certificats fonciers et (viii) de l’amélioration de la gouvernance du secteur cacao afin de garantir un revenu stable aux producteurs.

«Le double choc fiscal (baisse des recettes budgétaires et hausse de la demande sociale)  pourrait compromettre la soutenabilité des gains économiques et sociaux des cinq dernières années, une situation susceptible d’être une source de menace pour la stabilité macroéconomique, voire pour la stabilité générale du pays. Ce programme constitue la réponse de la Banque pour soutenir les efforts du gouvernement, visant à sauvegarder la dynamique de croissance de ces dernières années », a déclaré Abdoulaye Coulibaly, directeur par intérim du Département de la gouvernance et des réformes économiques et financières.

Les principaux bailleurs qui soutiennent les réformes des finances publiques déploient une coordination et une coopération efficaces de l’aide en matière de gouvernance économique et financière au sein du Groupe « gestion des finances publiques ». Le PAGEC s’appuie également sur un programme coordonné de mesures de réformes des partenaires techniques et financiers. Les domaines d’intervention du PAGEC sont en parfaite  adéquation  avec ceux soutenus par les autres bailleurs de fonds comme la Banque mondiale et l’Union européenne (UE) qui apportent des appuis budgétaires. Ainsi, certaines mesures préalables sont décidées d’un commun accord.