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« Les 13 milliards de dollars investis par la Banque africaine de développement en Afrique australe donnent de solides résultats. » Akinwumi Adesina, au Sommet de la SADC

19-aoû-2019

Le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a déclaré, à l’ouverture du 39ème Sommet ordinaire de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), que les 13 milliards de dollars américains investis par la Banque en Afrique australe depuis 2012 produisaient de solides résultats.

« L’Afrique ne doit pas manquer d’ambition », a-t-il lancé aux chefs d’État et de gouvernement des 16 pays membres de la SADC et aux plus de 1 000 délégués réunis à Dar es Salaam, en Tanzanie, autour du thème suivant : « Un environnement favorable pour un développement industriel inclusif et durable, une augmentation des échanges interrégionaux et la création d’emplois ».

À l’occasion de ce Sommet, le président de la Tanzanie, John Magufuli, a officiellement remplacé son homologue namibien, Hage Geingob, à la tête de l’organisme d’intégration économique régional.

« Nos pays ne sont pas pauvres. Ils disposent de toutes les ressources dont ils ont besoin pour être riches en termes de population, d’animaux sauvages, d’espèces végétales, d’écosystèmes marins, de minéraux et d’hydrocarbures », a insisté John Magufuli lors de ses remerciements.

La Banque africaine de développement a investi massivement dans des projets clés, dont celui d’ESKOM à hauteur de 5 milliards de dollars américains, qui est essentiel pour l’approvisionnement électrique de l’Afrique du Sud et de la SADC. La Banque a également apporté un soutien de 114 millions de dollars à l’île Maurice pour l’aménagement de la centrale thermique de Saint-Louis, qui fournit 36% des besoins énergétiques de la population.

« Pour chaque dollar versé par la région, cette dernière a reçu environ 19 dollars d’investissements, un ratio de levier impressionnant de 1 à 19 », a précisé Akinwumi Adesina, ajoutant que la valorisation du potentiel du projet hydroélectrique d’Inga en République démocratique du Congo était une priorité. Ce projet de plus de 44 000 MW a la capacité d’alimenter l’ensemble de la région, et même au-delà. « C’est pour cela que la Banque africaine de développement appuie fortement la réalisation de la phase 3 d’INGA », a-t-il poursuivi.

Inauguré récemment, le port de Walvis Bay en Namibie, dont les travaux d’agrandissement ont été soutenus à hauteur de 300 millions de dollars par la Banque,

verra sa capacité de manutention de conteneurs de 20 pieds passer de 300 000 à 750 000 unités, ce qui fournira un meilleur accès portuaire à la Zambie, au Botswana et au Zimbabwe.

Autres projets transformateurs financés par la Banque, la construction du pont de Kazungula qui reliera la Zambie au Botswana et améliorera l’accès au Malawi et à la RDC, mais également le corridor de Nacala, financé à hauteur de 500 millions de dollars. Ce corridor est un maillon essentiel de l’intégration régionale de la SADC, bénéficiant au commerce régional (+25% prévus) et aux coûts de transport en baisse attendue de 15 à 25%.

Par ailleurs, la Banque africaine de développement soutient la création d’un Fonds de développement régional de la SADC, doté de 1,2 milliard de dollars, afin de mobiliser les ressources nationales pour investir dans des infrastructures régionales et dans l’industrialisation. En mai dernier, la Banque a débloqué deux millions de dollars pour la mise en œuvre de ce fonds, notamment pour des projets agricoles et miniers et la production de médicaments.

En 2018, la Banque a financé la diffusion de technologies de lutte contre le légionnaire d’automne, un ver qui menace la sécurité alimentaire de la région. Quelque 1,5 million d’agriculteurs en ont bénéficié.

Dans son discours, le président de la Banque africaine de développement a salué le soutien appuyé des chefs d’État en faveur d’une augmentation générale du capital de la Banque, permettant ainsi de renforcer le développement de l’Afrique.

« L’avenir s’annonce meilleur pour les pays membres de la région : chemins de fer régionaux, chaînes de valeur stimulant la compétitivité, zones agro-industrielles spéciales transformant l’agriculture et créant des millions d’emplois, pools de production d’électricité régionaux pour résoudre le défi énergétique », a conclu Akinwumi Adesina.

La SADC compte 16 États membres : l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, la République démocratique du Congo, les Comores, le Lesotho, le Malawi, Madagascar, Maurice, le Mozambique, la Namibie, les Seychelles, Eswatini, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.

Emeka Anuforo, Communication and External Relations Department, e.anuforo@afdb.org

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