Mali : 25 millions de dollars de la BAD pour une centrale solaire à Ségou qui va transformer le marché de l'énergie en Afrique de l'Ouest

07/03/2017
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En mars 2017, le Conseil d'administration de la Banque africaine de développement (BAD) a donné son feu vert à un prêt concessionnel prioritaire de 25 millions de dollars EU en faveur du Mali, pour financer le projet de centrale solaire photovoltaïque (PV) de Ségou, toute première centrale électrique photovoltaïque à grande échelle.

Ledit projet, l'un des premiers en Afrique subsaharienne, englobe la conception, la construction et la mise en service d'une centrale électrique d’une capacité de 33 MW. Ce projet de transformation entraînera une augmentation directe de la capacité installée du pays issue d'une ressource renouvelable et produira 52,7 GWh par an (10 % environ de la capacité actuelle) sur 25 ans, pour une production à vie de 1 316,75 GWh.

Le projet sera financé par le Programme de valorisation à grande échelle des énergies renouvelables dans les pays à faible revenu (SREP) des Fonds d'investissement climatiques (FIC), ainsi que par la BAD (8,4 millions de dollars EU) et la Société financière internationale (8,4 millions de dollars EU). Le Mali va ainsi pouvoir résolument engager son secteur de l’énergie sur une voie qui tienne compte du changement climatique, tout en assurant une fourniture durable des services énergétiques de base à ses citoyens. Le projet créera également un modèle économique en matière d’investissements privés duplicable sur les marchés du solaire photovoltaïque en Afrique de l'Ouest.

Le projet sera mis en œuvre par une société ad hoc, 100% privée, dans le cadre d'un contrat de concession d’une durée de 25 ans avec le gouvernement du Mali de type construction, contrôle, exploitation et transfert, et d'un contrat d'achat d'électricité de 25 ans avec la compagnie nationale Énergie du Mali.

« Introduire le solaire photovoltaïque à grande échelle comme source d'énergie va permettre au Mali d'exploiter son abondant potentiel d'énergie solaire, de diversifier son mix énergétique et d'accroître l'accès de ses citoyens à une énergie plus propre », a déclaré Anthony Nyong, directeur chargé du changement climatique et de la croissance verte à la BAD. « Le modèle économique spécifique du projet peut potentiellement changer la donne dans l’énergie pour le Mali, voire pour toute l'Afrique de l'Ouest. Le projet démontre le rôle significatif que les financements climatiques concessionnels peuvent jouer dans l'atténuation des risques spécifiques aux projets et dans la suppression des obstacles qui empêchent l’implication du secteur privé dans les projets d'énergies renouvelables. Cette structure permet non seulement au gouvernement malien d'allouer des ressources précieuses à d'autres secteurs de l'économie, mais elle facilite aussi les investissements du secteur privé. Elle a, en définitive, ouvert la porte à l'industrie pour commencer à prospérer en Afrique de l'Ouest. »

Si l’énergie solaire photovoltaïque est une technologie qui peut être déployée de manière flexible, évolutive et rapide, les entreprises pionnières buttent sur de sérieux obstacles à l’entrée sur le marché. Ces obstacles englobent les coûts de transaction élevés, une capacité limitée à mobiliser des financements, un manque de capacités et des défis liés à la courbe d'apprentissage, aux autorisations et aux obligations réglementaire, un réseau de transmission faible et/ou un maillage défaillant, ainsi que les risques relatifs à l’acheteur ou au pays. L’appui à la préparation du projet, l’aide concessionnelle et l'expertise technique sont des exemples des prérequis encore nécessaires pour démontrer la viabilité de projets d’énergie solaire photovoltaïque.

« Le SREP est spécialement conçu pour aider les pays à faible revenu, comme le Mali, à trouver le moyen de lever les barrières à l'engagement du secteur privé dans les énergies renouvelables », a souligné Leandro Azevedo, expert principal en finance climatique à la BAD. Et d’ajouter : « Le SREP aide les pays à faible revenu comme le Mali à concrétiser des projets d’énergie solaire photovoltaïque viables, qui répondent à un cadre réglementaire solide et offrent des coûts de production d’électricité moindres, et qui contribueront, à terme, à réduire la dépendance aux coûteuses importations de combustibles fossiles et aux subventions à la production d'électricité ».

À propos des Fonds d’investissement climatiques (FIC)

Créés en 2008 et dotés d’une enveloppe de 8 milliards de dollars EU, les FIC sont le plus important instrument à procédure accélérée de financement de la lutte contre le changement climatique au monde. Ils accordent aux pays en développement des dons, prêts concessionnels, instruments d’atténuation des risques et des prises de participation qui attirent des financements substantiels du secteur privé, des banques multilatérales de développement (BMD) et d’autres sources. Cinq BMD  – la Banque africaine de développement (BAD), la Banque asiatique de développement (BAsD), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque interaméricaine de développement (BID) et le Groupe de la Banque mondiale (BM) – participent à la mise en œuvre des projets et programmes financés par les FIC.