Lutte contre le changement climatique : montant record de 35,2 milliards de dollars de financements par les BMD en 2017

Une augmentation de près de 30 % par rapport à l’année précédente est un signe d’encouragement pour les programmes destinés à aider les pays en développement à réduire leurs émissions et à lutter contre les risques liés au climat – lire ici le rapport conjoint.

13/06/2018
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Lutte contre le changement climatique : montant record de 35,2 milliards de dollars de financements par les BMD en 2017

Le financement de la lutte contre le changement climatique par les six plus importantes banques multilatérales de développement (BMD) dans le monde a atteint son plus haut niveau en sept ans, avec 35,2 milliards de dollars en 2017 – en hausse de 28 % par rapport à l’année précédente.

Lire le rapport conjoint des BMD

Les financements en infographies

Le dernier rapport conjoint des BMD sur le financement de la lutte contre le changement climatique indique que, en 2017, 27,9 milliards de dollars – soit 79 % du total pour cette année –, ont été consacrés à des projets d’atténuation des effets du changement climatique visant à réduire les émissions nocives et à ralentir le réchauffement planétaire.

Les 21 % restants du financement, soit 7,4 milliards de dollars, destinés aux pays émergents et en développement, ont été investis dans des projets d’adaptation aux effets du changement climatique, qui aident les économies à faire face aux effets du changement climatique, comme des précipitations élevées inhabituelles, des sécheresses de plus en plus graves et des phénomènes météorologiques extrêmes.

En 2016, le financement de la lutte contre le changement climatique par les BMD s’était élevé à 27,4 milliards de dollars.

Les derniers chiffres relatifs au financement de la lutte contre le changement climatique par les BMD sont présentés de façon détaillée dans l’édition 2017 du Rapport conjoint sur la lutte contre le financement climatique des banques de développement multilatérales ; il rassemble des données provenant de la Banque africaine de développement, de la Banque asiatique de développement, de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, de la Banque européenne d’investissement, du Groupe de la Banque interaméricaine de développement et du Groupe de la Banque mondiale (Banque mondiale, SFI et MIGA). Ces banques représentent la grande majorité des institutions de financement multilatéral du développement. En octobre 2017, la Banque islamique de développement s’est jointe aux groupes de suivi du financement de la lutte contre le changement climatique des BMD, et la part de ses montants portant sur le financement de la lutte contre le changement climatique figurera dans les futurs rapports conjoints à compter de 2018.

Des fonds pour la lutte contre le changement climatique tels que les Fonds d’investissement pour le climat (CIF), le Fonds fiduciaire du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le Fonds mondial pour la promotion de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables (GEEREF), le fonds de l’Union européenne Action pour le climat, le Fonds vert pour le climat (GCF) et diverses autres instances ont également joué un rôle important dans l’amélioration du financement de la lutte contre le changement climatique par les BMD. Outre les 35,2 milliards de dollars EU de financement multilatéral pour le développement, les mêmes projets d’adaptation et d’atténuation ont mobilisé l’an dernier 51,7 milliards de dollars EU supplémentaires provenant d’autres sources de financement publiques et privées.

Sur le montant total de 2017, 81 % des sommes ont été allouées sous forme de prêts. Parmi les autres types d’instruments financiers figurent les prêts fondés sur les politiques, les subventions, les garanties, les fonds propres et les lignes de crédit.

L’Amérique latine, l’Afrique subsaharienne, l’Asie de l’Est et le Pacifique ont été les trois principales régions en développement à bénéficier de ces fonds. Le rapport présente une ventilation par pays du financement de la lutte contre le changement climatique.

Cette forte hausse répond à l’urgence toujours plus grande que présentent les enjeux du changement climatique. Les appels lancés pour encourager le financement de la lutte contre le changement climatique se sont trouvés au centre de rencontres telles que le One Planet Summit qui s’est déroulé en décembre 2017 à Paris, deux ans après l’adoption de l’historique Accord de Paris. Les banques multilatérales ont commencé à publier les montants de leurs investissements dans la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement et les économies émergentes en 2011 ; en 2015, les BMD et l’International Development Finance Club ont adopté des principes communs permettant d’effectuer un suivi du financement de l’adaptation aux effets du changement climatique et de leur atténuation. 

Le financement de la lutte contre le changement climatique répond aux besoins en flux financiers propres aux activités d’atténuation des effets du changement climatique et d’adaptation à ces effets. Ces activités contribuent à rendre les flux financiers des BMD compatibles avec les progrès réalisés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de développement résilient au changement climatique, conformément à l’Accord de Paris. Les BMD se consacrent actuellement à la mise en place d’approches plus précises dans l’établissement de rapports sur leurs activités et la manière dont elles doivent s’aligner sur les objectifs de l’Accord de Paris.

Anthony Nyong, directeur chargé de la lutte contre le changement climatique et de la croissance verte à la Banque africaine de développement, a déclaré : « L’augmentation du volume total des financements pour la lutte contre le changement climatique des BMD versés aux pays en développement est encourageante. Le financement de la lutte contre le changement climatique de la Banque africaine de développement est passé de 9 % en 2016 à 28 % en 2017 et il devrait respecter l’engagement de le faire passer à 40 % d’ici 2020. Cependant, l’Afrique continue de ne recevoir que 3 % de la finance climatique mondiale, ce qui ne correspond pas au niveau d’ambition mis en avant dans les CDN de nombreux pays africains. Une sensibilisation et une action au niveau mondial sont nécessaires pour arriver à disposer des financements et des technologies requis en matière de lutte contre le changement climatique, qui sont essentiels à la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris ».


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