Énergie solaire au Maroc : 25 millions de dollars du Fonds pour les technologies propres pour le projet de Noor-Midelt

03/07/2017
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En juin 2017, le Maroc a obtenu un prêt de 25 millions de dollars EU du Fonds pour les technologies propres (CTF par sigle anglais), un fonds qui relève lui-même des Fonds d'investissement climatiques (FIC), dont la Banque africaine de développement (BAD) est l’une des agences d’exécution. Ce prêt est destiné à financer la première phase du projet de production d'énergie solaire Noor-Midelt, grâce à une solution hybride innovante qui combine la technologie thermo-solaire à concentration et le photovoltaïque.

Cette phase I du projet d'énergie solaire concentrée, situé à Midelt, au pied du mont Ayachi, entre Moyen et Haut Atlas, bénéficie du soutien de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale, qui, à elles deux, lui ont alloué 50 millions de dollars EU à travers le CTF.

Le projet porte sur deux centrales thermo-solaire à concentration, d’une capacité de 150-190 MW  chacune et d’un minimum de 5 heures de stockage thermique. La capacité installée prévue de la composante photovoltaïque pourrait atteindre 150-210 MW environ, portant ainsi la capacité totale de chaque centrale à 300-400 MW. Aussi, la capacité installée de cette première phase du projet totalisera 600 à 800 MW.

Autre innovation : le projet est le fruit d’un partenariat public-privé entre l'Agence marocaine pour l'énergie durable (MASEN) et des promoteurs du secteur privé, sur le modèle contractuel du BOOT (Build, Own, Operate and Transfer, soit « construction-possession-exploitation-transfert »). Les soumissionnaires sélectionnés devront constituer une société ad hoc qui sera chargée de la construction et de l’exploitation des deux centrales et de la vente de l'électricité produite à MASEN, en vertu d'un accord d'achat d'électricité d’une durée de 25 ans (Power purchase agreement, PPA). Les centrales seront concédées à des soumissionnaires différents. L’appui financier du CTF et de la BAD est essentiel en ce qu’il réduit le coût du projet et le coût de l'électricité.

« En 2015, le monde a connu un changement important en matière d’investissements dans la technologie thermo-solaire à concentration dans les pays développés et en développement, en particulier au Maroc », a déclaré Anthony Nyong, directeur du changement climatique et de la croissance verte à la BAD. « Le programme transformationnel de complexe solaire à concentration NOOR du Maroc dans le cadre du CTF, dont nous sommes une agence d'exécution, a été un élément essentiel de ce changement. Ce nouveau projet, qui sera basé sur la structure opérationnelle et financière de NOOR, augmentera le développement de l'énergie solaire et contribuera à diversifier le mix énergétique du pays et à renforcer sa sécurité énergétique. Nous sommes convaincus que le projet peut servir de modèle à d'autres pays de la région et au-delà », a-t-il ajouté.

Le projet contribuera de manière significative à atteindre les objectifs que s’est assignés le Maroc en matière de contributions prévues déterminées au niveau national (CDPN) dans le cadre de l'Accord de Paris, déterminé à atteindre 52 % de la puissance installée en énergies renouvelables (dont 20 % d'énergie solaire) à l’horizon 2030.

« Le thermo-solaire à concentration était jusqu’ici la technologie dominante en matière d’énergies renouvelables car elle garantit un approvisionnement en électricité pendant les heures de pointe, explique Leandro Azevedo, coordinateur des FIC et spécialiste du changement climatique à la BAD. Mais en ajoutant une composante photovoltaïque, la fiabilité de la centrale électrique en sera encore meilleure. »  Et de préciser : « Combiner ces deux technologies va permettre au Maroc d'optimiser la distribution de l’électricité produite pendant la journée, mais aussi pendant la nuit grâce au stockage thermique ».

Cette phase 1 du projet Noor-Midelt devrait permettre d’éviter 1,2 million de tonnes équivalent CO2 par an en émissions de gaz à effet de serre, soit un total de 36 millions de tonnes équivalent CO2 sur les 25 ans que durera ledit projet.

Le Fonds pour les technologies propres (Clean Technology Fund) a pour but d'aider les pays en développement et émergents à catalyser les investissements publics et privés requis pour y déployer à grande échelle des technologies économes en carbone.

Le projet Noor-Midelt s’inscrit dans le projet beaucoup plus vaste de réseau multi-sites de centrales solaires multi-technologies NOOR, le plus vaste projet d’Afrique en ce domaine, qui bénéficie d’un fort appui de la Banque.

À propos des Fonds d'investissement climatiques (FIC)

Créés en 2008 et dotés d’une enveloppe de 8,3 milliards de dollars EU, les FIC sont le plus important instrument au monde à procédure accélérée de financement de la lutte contre le changement climatique. Ils accordent aux pays en développement des subventions, des prêts préférentiels, des instruments d’atténuation des risques et des prises de participation qui attirent des financements substantiels du secteur privé, des banques multilatérales de développement (BMD) et d’autres sources. Cinq BMD, à savoir la Banque africaine de développement (BAD), la Banque asiatique de développement (BAsD), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque interaméricaine de développement (BID) ainsi que le Groupe de la Banque mondiale (BM), interviennent en tant qu’agences d’exécution des projets et des programmes financés par les FIC.