Niger : renforcer ses capacités de résilience face aux changements climatiques

14/12/2016
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Au cœur de l’Afrique de l’Ouest, le Niger endure de longues de périodes de sécheresse. Depuis 1980, plus de 350 millions de dollars EU ont été investis dans des programmes opérationnels, notamment de gestion durable des terres.

Face aux effets des changements climatiques et défis à relever dus à des périodes de sécheresses intenses, le gouvernement nigérien a décidé de frapper fort. Objectif ? Aider sa population à lutter contre les conséquences des variations de climat et assurer un développement et une croissance inclusive.

Le Niger et sa lutte contre les effets du changement climatique prévalence de la sécheresse notamment – étaient le sujet d’une table ronde, le 15 novembre 2016, présidée par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement Barmou Salifou, et organisée en marge de la COP22 à Marrakech. Un film a été projeté pour l’occasion, intitulé : « le Niger se mobilise pour la résilience de ses populations », qui présente la dégradation de l’écosystème et les réponses apportées par les autorités en place.

« La nouvelle stratégie que le pays vient d’adopter est basée sur trois axes, l’écologique, l’alimentaire, et l’industriel, le but étant d’augmenter les récoltes. La maitrise de l’eau représente 44 % de tous les financements de projets de grande envergure. Le deuxième axe concerne la réduction des pertes agricoles. Enfin, le troisième axe concerne le renforcement de la résilience et le rassemblement d’une mobilisation sociale et une impulsion forte pour sauver les écosystèmes » a détaillé Yahaya Nazoumou, expert en changements climatiques au ministère de l’Économie et des Finances du Niger.

Pour renforcer la résilience de ses populations au changement climatique, le Niger opte pour l’adaptation, primordiale, à travers des actions à forts co-bénéfices qui renforcent la résilience des écosystèmes et des populations et réduisent les émissions de GES.

« Nous avons axé nos efforts sur l’adaptation et l’atténuation au niveau des villages, toutes les actions sont centrées sur les communes », a précisé Mafalda Duarte, chargée de programme pour les Fonds d’investissement climatiques (FIC), qui a mentionné un partenariat conclu avec l’Institut du Sahel. Et de poursuivre : « Nous avons travaillé sur le genre et les jeunes. En cinq ans, nous avons fait beaucoup de progrès […] En tout, nous avons 4 milliards de francs CFA pour réaliser tous ces projets ». Le montage institutionnel de la question climatique est important. Nous avons un protocole pour une étude sur le secteur de l’élevage pour augmenter sa résilience. […] Nous avons des résultats sur le terrain, avec un financement de 8,3 milliards de dollars et nous sommes mobilisés pour obtenir 5 milliards de dollars de plus. »

Gareth Phillips, coordinateur du programme pilote pour la résilience climatique (PPCR par sigle en anglais) des FIC à la Banque africaine de développement (BAD) a expliqué que « la BAD canalise les financements du PPCR vers deux projets au Niger avec un cofinancement sur ses propres ressources. » Les deux projets visent à renforcer la résilience de la population au changement climatique grâce, notamment, à l’amélioration des méthodes hydrométéorologiques et à la mobilisation des ressources hydriques pour stimuler la production alimentaire. Autre objectif visé : assurer également la résilience des chaînes d'approvisionnement agricoles.

« La BAD a fourni un appui technique au Niger pendant la phase de conception et de développement de ces projets, qui proposent des mesures qui pourraient être appliquées dans d'autres régions du continent, a précisé Gareth Phillips. Par ailleurs, les meilleures pratiques permettront à la banque de concevoir des opérations futures en matière de résilience au climat dans d'autres secteurs. La BAD et les FIC continueront à soutenir l’expérience nigérienne et, avec le support des FIC, la BAD développera un mécanisme relatif aux avantages de l’adaptation (Adaptation Benefits Mechanism), qui pourra fournir une nouvelle source de financement pour les projets d’adaptation climatique ».

« La Banque mondiale accompagne le pays pour la mise en place de techniques et pour inclure la résilience dans toutes ses politiques et ses programmes », a indiqué le directeur chargé de l’environnement et des ressources naturelles pour la région Afrique à la Banque mondiale, Benoit Bosquet. Avant d’ajouter : « Le Programme pour le pastoralisme et l’irrigation au Sahel et au Niger en fait partie. Nous travaillons également pour l’irrigation du lac Tchad, et l’énergie solaire hors réseau en plus de cela la Banque mondiale a émis un nouveau diagnostic systématique ou toutes les statistiques sont classées. Ces données combinées vont donner lieur au futur programme stratégique avec la Banque Mondiale et les FIC ».

Les actions d’atténuation des effets du changement climatique au Niger ont permis d’améliorer le taux d’accès à l’électricité, avec l’objectif d’atteindre 60 % en 2030 (contre 10 % en 2010), grâce à l’électrification rurale et à la promotion des énergies renouvelables. A terme, l’efficacité énergétique s’en verra améliorée, et la centrale hydroélectrique de Kandadji va être développée pour fournir 130 MW, outre un projet de centrale solaire de 100 MW.

Tous ces projets requièrent des besoins en financements de 8,7 milliards de dollars entre 2020 et 2030 – 13 % de financements inconditionnels (fonds propres, aide publique) et 87 % conditionnés par l’accès aux nouvelles sources de financements. Le Fonds vert pour le climat semble tout indiqué, avec son budget de 1,6 milliard de dollars EU dévolu aux mesures d’adaptation et de 7,1 milliards de dollars aux actions d’atténuation, outre 1,3 milliard alloué à des opérations multiples. Le Niger souhaite mobiliser 87 % de ses besoins en financements à travers les Fonds d’investissement climatiques et la coopération multilatérale.