Partenariat Afrique-Inde : écrire de nouveaux chapitres sous les auspices de la Banque africaine de développement

22/05/2017
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Entamées de longue date, les relations de partenariat entre l’Afrique et l’Inde sont au beau fixe. Mais le temps est venu d’en écrire de nouveaux chapitres, sous les auspices de la Banque africaine de développement (BAD). D’autant que l’Afrique peut s’inspirer de l’expertise dont l’Inde s’est dotée dans le secteur de l’agriculture, qui est le thème des Assemblées annuelles 2017 de la BAD – « Transformer l'agriculture pour créer de la richesse en Afrique » –, qui se tiennent du 22 au 26 mai à Ahmedabad, dans l’Etat du Gujarat, au nord-ouest de l’Inde.

Au premier jour de cet événement phare de la Banque, la session inaugurale des conférences (il y avait neuf sessions au programme sur le partenariat qui unit l’Afrique et l’Inde, s’est déroulée le lundi 22 mai 2017 à Ahmedabad en Inde, en marge des 52e Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement.

Le ministre indien des Finances, Arun Jaitley, qui présidait la séance (la première d’une série de neuf) , a commencé par saluer l’excellence des relations qu’entretiennent son pays et le continent africain. Avant de souligner que le moment est venu de définir de nouvelles façons de développer ce partenariat.

« L’Afrique est au cœur de notre stratégie de développement depuis de longues années. Nous sommes toujours sur la bonne voie, mais il faut que nous puissions ouvrir un nouveau chapitre de ce partenariat, a souligné Arun Jaitley. Nous voulons l’axer sur le volontariat, nous n’imposons rien. Il faudrait désormais que le partenariat soit élargi à d’autres acteurs du développement, notamment le secteur privé. Nous avons toutes les deux, l’Afrique comme l’Inde, une population jeune. Il faut créer des emplois ».

Pour Charles Boamah, vice-président principal de la BAD, ce message tombe à pic : « l’Afrique est devenue une région privilégiée pour les investissements. À la BAD, nous avons instauré cinq grandes priorités, le Top 5 : éclairer l’Afrique et lui fournir de l’électricité ; nourrir l’Afrique ; intégrer l’Afrique ; industrialiser l’Afrique ; et améliorer la qualité de vie des Africains. Elles servent de ligne directrice aux pays africains pour les inciter à s’engager dans une transformation durable ».

L’enjeu, a expliqué Charles Boamah, est important. Mener à bien le Top 5 requiert de mobiliser 160 à 200 millions de dollars EU chaque année, a-t-il précisé. Et l’Inde, qui occupe le cinquième rang des investisseurs sur le continent africain, avec 59 milliards de dollars EU par an, est un partenaire sur lequel le vice-président de la BAD s’est dit convaincu de pouvoir compter.

Également présent, le vice-président de la Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan, a invité le secteur privé indien à accélérer et diversifier ses investissements en Afrique, le moyen selon lui de consolider les relations comme l’Inde a dit le souhaiter. « Il faut encourager les joint-ventures entre les entreprises africaines et indiennes, afin que les premières s’inspirent des secondes pour se développer. Il faut aussi investir dans d’autres secteurs, développer des programme de bourses. » Et de plaider : « Il faut passer à l’action maintenant ! »

À Ahmedabad, plus de 3 000 délégués, parmi lesquels des chefs d'État et de gouvernement, des ministres des Finances et responsables de banques centrales, sont venus assister aux Assemblées annuelles 2017 de la BAD, aux côtés des représentants des institutions multilatérales de financement du développement, d’agences de développement, du secteur privé, d’organisations non gouvernementales, de la société civile et des médias. 


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