Présentant son rapport sur l’égalité des genres lors de la CEA 2016, le PNUD pose l’autonomisation des femmes comme condition clé de la transformation du secteur agricole en Afrique

07/12/2016
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D’après une constatation clé du Rapport sur le développement humain en Afrique 2016 - Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes, publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), les inégalités hommes-femmes coûtent quelque 95 milliards de dollars chaque année à l’Afrique subsaharienne et entravent les efforts du continent en vue du développement humain et d’une croissance inclusive.

Ce rapport, dont le lancement mondial avait eu lieu le 28 août 2016 à Nairobi, au Kenya, en marge de la 6ème Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique
(TICAD IV), a été présenté le lundi 5 décembre 2016 lors d’une manifestation spéciale tenue au cours de la première journée de la Conférence économique africaine 2016 à Abuja, au Nigéria.

La cérémonie de lancement a été précédée d’une table ronde animée par M. Ayodele Odusola, Économiste en chef du PNUD Afrique. Y participaient M. Abdoulaye Mar Dieye, Administrateur assistant du PNUD et Directeur régional pour l’Afrique ; M. Edward Kallon,  nouveau Coordonnateur résident et Représentant résident du PNUD au Nigéria ; Mme Angela Lusigi, Conseillère stratégique du PNUD Afrique ; M. Tunde Lawal, Directeur au ministère nigérian du Budget et de la Planification nationale ; Mme Adhi Fatungai, Directrice adjointe d’ONU Femmes ; et Mme Barbara Barungi, Économiste en chef à la Banque africaine de développement.

Les constatations du rapport, qui fait de l’égalité des genres un facteur central du développement économique et social, revêtent une grande pertinence pour les travaux en cours de la CEA 2016, qui est dédiée au thème Nourrir l’Afrique : Vers une agro-industrialisation pour une croissance inclusive.

Selon le RDH Afrique, la transformation agricole du continent nécessitera des réformes de nature à garantir un accès égal et durable à des terres et à protéger les droits des femmes marginalisées en Afrique.

Il précise aussi que les femmes d’Afrique occupent 66 pour cent des emplois dans le secteur informel non agricole et consacrent 40 milliards d’heures par année à la collecte d’eau, mais ne gagnent que 70 cents pour chaque dollar gagné par les hommes.

Évoquant la nécessité urgente de vraiment impliquer les femmes d’Afrique et d’assurer leur autonomisation, M. Abdoulaye Mar Dieye a déclaré : « Le continent continuera à se priver d’avantages économiques et développementaux tant qu’il ne tirera pas parti du potentiel des femmes ».

Parlant des efforts du Nigéria pour faire progresser l’égalité hommes-femmes, M. Edward Kallon a ajouté : « Pour faire avancer le développement des femmes, il faut non seulement que les femmes participent aux activités productrices, mais aussi qu’elles soient équitablement rémunérées de leur travail ».

Mme Angela Lusigi, un des principaux auteurs la réalisation du rapport, en a présenté les recommandations. Celles-ci appellent notamment à des réformes juridiques, à des politiques et programmes en faveur de l’autonomisation économique des femmes, et à la promotion de l’accès à la propriété et à la gestion d’actifs et de ressources.

« Il est urgent d’impliquer davantage de femmes dans les prises de décisions à tous les niveaux si l’on veut que le continent réalise tout son potentiel », a-t-elle déclaré.

Le rapport préconise plusieurs autres mesures, telles que le renforcement des alliances entre gouvernements, secteur privé, société civile et partenaires du développement ; la création d’une Banque africaine d’investissement pour les femmes ; et l’ouverture de guichets d’investissement pour les femmes auprès de banques de développement nationales et régionales.

Pour lire un résumé du RDH : http://bit.ly/2gzZxBL