La science, la technologie et les politiques d’innovation gagnent à être inclusives, les femmes et les filles en constituent les composantes majeures

• Au moins 70 projets éducatifs pour l’Afrique ont été approuvés par la Banque africaine de développement de 2005 à 2017 pour un total d’environ 2 milliards de dollars américains
• Objectif : créer un capital humain hautement qualifié

09/02/2018
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La science, la technologie et les politiques d’innovation gagnent à être inclusives, les femmes et les filles en constituent les composantes majeures

À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, la Banque africaine de développement exhorte les pays d’Afrique à rendre inclusives la science, la technologie et les politiques d’innovation et à s’assurer que les femmes et les filles en constituent les composantes majeures.

Célébrée chaque année le 11 février, la Journée internationale des femmes et des filles de science a été mise en place par l’Assemblée générale des Nations Unies pour encourager les femmes et les filles à accéder et à participer intégralement au travail scientifique, et ce de façon équitable. Cette journée est l’occasion de rappeler que les femmes et les filles jouent un rôle essentiel dans les milieux scientifiques, technologiques et que leur participation devrait y être renforcée.

« L’Afrique ne peut pas parler d’innovation sans investir dans son capital humain. Le soutien et l’accompagnement personnel sont essentiels pour accroître la participation des jeunes et des femmes dans les sciences et les technologies », a déclaré Oley Dibba-Wadda, directrice du Capital humain, de la jeunesse et du développement des compétences à la Banque africaine de développement. « Les décideurs doivent donner la priorité à l’inclusion des jeunes et des femmes dans les activités scientifiques et technologiques. Les entrepreneurs et les innovateurs africains doivent également être pourvus des qualifications adéquates pour réussir sur un marché du travail en constante évolution », a-t-elle ajouté.

À travers ses nombreuses interventions dans ce domaine, la Banque africaine de développement montre la voie à suivre afin que les femmes et les filles soient épaulées pour changer le cours des choses dans les milieux scientifiques et de l’innovation.

Des bourses pour les étudiants africains

Grâce au Fonds nigérian pour la coopération technique (NTFC, sigle en anglais), la Banque offre par exemple des bourses aux étudiants africains pour qu’ils développent et renforcent leurs capacités dans les activités scientifiques et technologiques à l’Université africaine des sciences et de la technologie d’Abuja, la capitale du pays.

L’une des bénéficiaires de ce programme de bourses, Sandra Musu Jusu, originaire de Sierra Leone, suscite de plus en plus d’attention au niveau international grâce à ses recherches sur un traitement alternatif au cancer du sein, une maladie répandue chez les femmes africaines. Sandra Musu Jusu affirme : « Je suis heureuse que la bourse m’ait été attribuée au moment où elle l’a été, car elle m’a permis de rester concentrée sur mon objectif de devenir chercheuse. Le sujet de mon master en sciences porte sur une forme de cancer du sein particulièrement agressive et courante chez femmes africaines. »

Selon María-José Moreno, responsable des questions de genre à la Banque africaine de développement, « la Banque, avec ses interventions pour soutenir la science, la technologie et l’innovation en Afrique, a défini les indicateurs permettant de réduire les disparités hommes-femmes chez les étudiants ainsi que chez les enseignants. Une société a besoin du talent de l’ensemble de ses citoyens, hommes et femmes, et ne peut s’épanouir quand la moitié de la population ne développe pas son potentiel ».

La Banque adopte une approche pluridimensionnelle pour promouvoir l’éducation des filles, notamment dans le domaine de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM). Entre 2005 et 2017, elle a approuvé au moins 70 projets éducatifs à destination de l’Afrique, ce qui représente un total d’environ 2 milliards de dollars américains.

L’aide de 52 millions de dollars de la Banque à l’enseignement technique professionnel, à la formation et à l’éducation des enseignants en Tanzanie a permis de réduire les déséquilibres hommes-femmes dans les programmes liés à la science et à la technologie, où la participation des femmes n’était que de 11 à 19 %. Un total de 10 800 étudiants a bénéficié de ce programme, dont 50 % étaient des femmes.

Dans le cadre de son aide au Réseau africain d’institutions scientifiques et techniques (ANSTI), la Banque a permis à 510 étudiants de programmes de maîtrise et de doctorat, dont 48,9 % de femmes, de recevoir leur diplôme. Le programme comprenait 48 bourses à des étudiants, dont des jeunes femmes.

Créer un capital humain hautement qualifié

L’objectif du programme de la Banque était de contribuer à la création d’un capital humain hautement qualifié, notamment dans le domaine des sciences et de la technologie, dans l’intérêt du progrès technologique sur le continent africain.

Ufuoma Bright Ighore, qui figure parmi les diplômées, et son professeur ont reçu le premier prix lors du second concours international Bernard P. Zeigler pour la modélisation et la simulation Discrete Event System Specification (DEVS) qui s’est tenu à Boston, dans le Massachusetts.

Au Rwanda, l’appui de la Banque à la science, à la technologie et au développement des compétences a aussi contribué à la promotion des filles dans la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STEM), et assuré un transfert de compétences grâce à des programmes de bourses, à des stages professionnels et des partenariats de transfert de connaissances.

En Afrique du Sud, la Banque contribue à la création d’un environnement pour l’emploi durable et la croissance inclusive dans le secteur des minerais naturels et dans l’industrie minière sud-africaine à partir de la science, de la technologie et de l’innovation, avec pour objectif que 50 % des personnes bénéficiant de ce programme soient des femmes.

Mpho Phalwane, qui fait ses études pour un diplôme d’études approfondies en développement minier durable, fait partie des étudiants de ce programme et effectue des recherches sur la remise en état des mines d’amiante désaffectées en Afrique du Sud. Elle évoque son expérience : « Je crois que l’exploitation minière est un bon moyen de favoriser le développement en Afrique et je suis enthousiaste à l’idée du rôle que nous jouons pour veiller à ce qu’il soit de type durable. Comme Mary Ann Evans [qui écrivait sous le nom de George Eliot] le disait, La tâche importante qui consiste à aller de l’avant ne doit pas attendre d’être accomplie par des hommes parfaits. Dans cet état d’esprit, nous ne devons pas avoir peur de poursuivre nos efforts. »

Dans le cadre de ses programmes de promotion de la science, de la technologie et de l’innovation, la Banque coorganise au Caire, en Égypte, le troisième Forum africain de la science, de la technologie et de l’innovation du 10 au 12 février. Ce forum, qui aura pour thème Miser sur la science, la technologie et l’information pour doper la compétitivité du secteur privé et la transformation économique en Afrique, comprendra également une session parallèle sur Les femmes dans les sciences : Remédier aux disparités hommes-femmes dans le domaine de la science, de la technologie et de l’innovation.

« Créer des sociétés davantage équitables et inclusives exige que les femmes et les hommes soient mieux répartis à travers les différentes professions, y compris celles de la science, de la technologie et de l’innovation. Cela favorisera le progrès social, la cohésion et rendra les sociétés et les économies plus résilientes », a déclaré Vanessa Moungar, directrice du département de l’Egalité du genre, des femmes et de la société civile au sein de la Banque africaine de développement.


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