Allocution de Akinwumi Ayodeji Adesina, Président du Groupe de la Banque africaine de développement, à l’intention des chefs de missions diplomatiques et des organisations internationales accréditées en Côte d’Ivoire, Abidjan, 16 février

16/02/2017
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Excellences, mesdames et messieurs,

Je vous remercie d’avoir bien voulu honorer de votre présence notre rencontre annuelle. Je voudrais tout d’abord vous souhaiter à tous, ainsi qu’à vos familles une bonne et heureuse année 2017.

Nous sommes toujours heureux d’accueillir la communauté diplomatique et les institutions internationales à ce déjeuner annuel avec la Banque africaine de développement.

C’est toujours un moment de partage qui nous permet de vous informer des progrès que nous avons accomplis et de nos perspectives sur le développement de l’Afrique. C’est toujours une excellente occasion pour recueillir de précieuses réactions de vous tous : nos interlocuteurs les plus importants, nos partenaires les plus fiables et nos amis les plus proches.

Permettez-moi, pour commencer, d’adresser mes félicitations au Président Ouattara, à son Gouvernement et au Peuple de notre pays hôte, la Côte d’Ivoire, qui vient d’achever une autre année de progrès politiques et économiques en 2016, avec une nouvelle Constitution et un nouveau gouvernement. La Banque soutient fermement le Président Ouattara et apprécie son dynamisme qui a permis la formidable reprise économique de la Côte d'Ivoire qui affiche en ce moment, l’un des taux de croissance les plus élevés au monde. Nous devons tous continuer à soutenir ce pays pour bâtir une économie plus forte et plus résiliente.

Pour nous, en tant que Banque dont le Siège est en Côte d’Ivoire, charité bien ordonnée commence par soi-même. Pour bon nombre d’entre vous qui vivez à Abidjan, les déplacements étaient par le passé un souci majeur. La Banque a fourni l’appui au gouvernement pour la construction du Pont Henry Konan Bédié. Aujourd’hui, les déplacements sont beaucoup plus aisés. Et nous faisons beaucoup plus encore. Pas plus tard qu’en décembre dernier, la Banque a approuvé un montant de 264 millions d’USD pour la construction du quatrième pont. Nous avons également approuvé un financement en faveur du gouvernement pour la fourniture de l’électricité à plus de 250 communautés. Voilà quelques-unes des actions que nous menons pour soutenir la croissance et le développement accélérés de notre pays d’accueil, la Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire est un partenaire spécial dans notre parcours commun vers une Afrique qui peut se tenir debout, prendre la parole, discuter et négocier en toute confiance sur les marchés et les salles de réunion à travers le monde.

Permettez-moi de vous faire le point sur l’évolution de la situation à la Banque.

Nous sommes plus solides que jamais auparavant. Nous avons amélioré l’efficience institutionnelle, l’efficacité et la mise en œuvre.

Le Groupe de la Banque a également mis en œuvre son modèle de développement et de prestation de services – un programme de transformation de grande envergure pour nous rapprocher de nos clients et des projets sur le terrain, rationaliser les processus opérationnels et améliorer la performance financière. Autant d’actions qui s’enracinent dans une culture du résultat et de la responsabilité.

Tous les nouveaux membres de la haute direction, y compris tous les vice-présidents ont été engagés et sont opérationnels. Je me suis engagé l’année dernière à augmenter le nombre de femmes au sein de la haute direction : 60 % des personnes nommées à ce niveau sont des femmes. C’est un record dans l’histoire des nominations à la Banque.

Une nouvelle culture de la performance s’installe peu à peu dans l’ADN de la Banque. Tous les membres du personnel signent des contrats de performance assortis d’indicateurs de performance clairs, liés à la mise en œuvre et avec un impact sur les récompenses. Dans le cadre de ce cercle vertueux, nous continuerons d’amplifier et d’améliorer nos prestations et nos résultats pour nos pays membres.

En 2016, malgré une période de transition très chargée, la Banque a réalisé des niveaux record de prêts et de décaissements. Nos approbations ont atteint 10,7 milliards d’USD (7,98 milliards unités de compte), soit le volume le plus élevé jamais réalisé par la Banque. Quant à nos décaissements, ils ont atteint 6,4 milliards d’USD (4,7 milliards unités de compte), ce qui représente également le volume le plus élevé de l’histoire de la Banque.

À la fin de 2016, le volume du portefeuille actif de la Banque a augmenté de plus de 23 %, atteignant un nouveau record de 44 milliards de dollars. Dans le même temps, la proportion de projets à risque a diminué de 22 %.

Malgré un environnement économique mondial difficile, nous avons réussi à conserver notre note « AAA ». Cela signifie que nous pouvons emprunter davantage à des taux d’intérêt bas et profiter de ces avantages pour soutenir un développement accru de nos pays membres – notamment en les aidant à faire face aux effets de la baisse des prix des produits de base.

Excellences, mesdames et messieurs,

L’Afrique est dynamique et en mouvement. Certes, une pause a été observée au cours d’une décennie de croissance en 2016 – mais des facteurs de croissance positifs profondément enracinés demeurent évidents aujourd’hui.

Il ressort des prévisions économiques que la croissance va s’améliorer à 3,2 % en 2017.

Il va sans dire, et j’en suis parfaitement conscient, que ces projections dépendent de bon nombre de facteurs. Le ralentissement en Chine et dans d’autres économies émergentes pourrait affecter les exportateurs nets de produits de base. Une hausse plus importante des taux d’intérêt mondiaux pourrait priver l’Afrique de flux de capitaux et accroître le coût de la dette extérieure.

Une politique nouvelle et agressive axée sur « l’Amérique d’abord » pourrait nuire aux ambitions de l’Afrique dans le domaine des exportations. Le Brexit et les turbulences économiques en Europe pourraient affecter les marchés africains et les flux financiers. Des groupes insurrectionnels actifs dans certaines parties du continent sont prêts à tout détruire.….

Je pourrais poursuivre longtemps cette énumération. Mais mon optimisme pour l’avenir ne repose pas sur une hypothèse aveugle, selon laquelle tout se passera bien quoi qu’il advienne. Et mon rôle n’est pas non plus de susciter des craintes quant aux conséquences d’une situation problématique éventuelle.

Je suis fier d’être l’«Optimiste en Chef de l’Afrique», parce que mon optimisme est ancré dans l’intime conviction que l’Afrique, notre continent, envisage l’avenir avec force, détermination et confiance.

Ce qui nous intéresse, ce sont les solutions, et non les problèmes.

Permettez-moi de vous décrire brièvement certaines évolutions qui incitent à l’optimisme.

La consommation des ménages reste forte, avec une croissance moyenne de 3,9 % ces cinq dernières années, une tendance qui devrait se poursuivre à l’avenir. Les projets d’infrastructure publics ont augmenté de 3 % du PIB en 2016, et devraient se maintenir à un niveau comparable dans les toutes prochaines années.

L’environnement des affaires s’améliore et aide à l’expansion des marchés régionaux qui, désormais, représentent près de 15 % du volume total des échanges en Afrique.

La plupart des États africains sont plus résilients et reposent sur une assise plus large qu’auparavant. Les pays affichant de bons résultats investissent également, de manière massive, dans l’infrastructure pour appuyer l’industrialisation.

Certes, des progrès notables ont été observés dans l’environnement des affaires en Afrique, mais d’autres réformes sont nécessaires pour améliorer l’accès à l’investissement des jeunes pousses et alléger le fardeau des réglementations restrictives.

« Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie » est la première et la plus grande priorité du Top 5 de la Banque. En effet, l’énergie peut tout permettre, et l’absence d’énergie tout empêcher. Sortir les populations de l’obscurité fait naître l’espoir, la sécurité et des opportunités économiques, tout en renforçant la résilience.

Je voudrais vous donner un exemple concret de l’impact de nos activités dans ce domaine. Seule la moitié de la population a accès à l’électricité au Kenya. Et l’électricité coûte plus chère au Kenya que dans les autres pays du continent. La diversification des sources d’énergie électrique est, par conséquent, une priorité pour ce pays.

Le Kenya a développé le projet de centrale géothermique de Menengai que la Banque a financé à hauteur de 503 millions de dollars. Avec une capacité de production de 400 MW, la centrale fournira une électricité fiable, propre et abordable à des milliers de ménages et de structures industrielles.

Selon Madame Anita Kariuki, une citoyenne de 52 ans qui habite dans la zone du projet, l’arrivée de l’électricité va changer la vie de toutes les femmes de son village.

Elle s’est exprimée en ces termes : « l’électricité nous facilitera la vie. Il nous sera plus facile de faire la cuisine et bien des choses à la maison. Il nous sera plus facile d’exécuter les tâches ménagères. Les enfants ne seront plus obligés de se coucher tard. Et je pourrai préparer le petit déjeuner et les faire partir à l’école à temps. »

La force de ces mots est qu’il s’agit de choses ordinaires et banales que bon nombre d’entre nous considèrent comme acquises. Je souhaite que ces mots, pour simples qu’ils soient, nous donnent à tous le désir réel de poursuivre la réalisation du Top 5.

Le Nouveau pacte pour l’énergie en Afrique de la Banque et le Partenariat porteur de transformation pour l’énergie qui l’accompagne visent à atteindre l’accès universel à l’énergie en Afrique d’ici 2025 en produisant 160 gigawatts de nouvelles capacités énergétiques.

Nous investirons 12 milliards d’USD dans le domaine énergétique au cours des cinq prochaines années et mobiliserons 50 autres milliards auprès de sources privées et publiques durant la même période.

C’est pour toutes ces raisons et bien d’autres que la Banque a fait de l’électricité et de la production d’électricité la pierre angulaire de sa stratégie du Top 5 : Nous devons éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie.

L’agriculture est le véritable pilier des pays africains : elle produit la majorité des denrées alimentaires consommées, représente plus de 60 % des emplois occupés par des Africains et contribue à hauteur de 16,2 % au PIB global de l’Afrique.

Pourtant, la productivité et les rendements agricoles de l’Afrique sont parmi les plus faibles au monde. Il existe encore d’énormes possibilités de croissance inexploitées. Le continent abrite 65 % des terres arables non cultivées du monde et d’énormes réserves d’eau.

L’Afrique subsaharienne possède également 10 % des réserves mondiales de pétrole, 40 % des réserves d’or et 80 % - 90 % des réserves de chrome et de platine. Et il ne s’agit là que des réserves connues – le continent, dans son ensemble, est l’un des plus grands bassins de ressources inexplorées au monde.

Pour saisir ces opportunités de croissance dans l’agriculture, il faudra éliminer de nombreux obstacles, exactement comme on déblaie un champ avant de le cultiver.

Parmi les obstacles à franchir figurent le faible taux d’adoption des intrants modernes, les conditions météorologiques irrégulières, la faible mécanisation, le manque d’accès au crédit et au financement, l’insuffisance des connaissances agronomiques et l’inadéquation des régimes fonciers et des droits de propriété.

Quelle est la situation sur le terrain ? La fertilité de nombreuses vallées de la côte du Sénégal est mise en péril par la progression de la salinité due à la baisse des précipitations, induite par le changement climatique.

On estime qu’environ 800 000 hectares de terres et des milliers d’agriculteurs sont touchés par la salinisation au Sénégal. Le Gouvernement sénégalais, sur financement de la Banque, a mis en place le Projet d’appui à la petite irrigation locale (PAPIL) pour réduire la pauvreté et renforcer la sécurité alimentaire grâce à la promotion des infrastructures de maîtrise d’eau et des mesures d’adaptation aux effets du changement climatique.

Les résultats ont été spectaculaires. Le projet aura permis la construction de 58 ouvrages anti sel, la récupération de 7 000 hectares de terres salinisées et la protection de 11 500 hectares de terres contre l’intrusion d’eau salée. En termes de renforcement des capacités, 11 000 agriculteurs ont été formés.

L’un d’entre eux, Samoura Kénioto, de Kédougou, a déclaré : « Je n’ai jamais récolté autant de riz que cette année, sur un quart d’hectare, grâce à PAPIL. Je récolte 1 500 kg de riz paddy. Cela est totalement nouveau pour moi et m’assure la sécurité alimentaire ».

Selon les estimations de la Banque, la transformation de l’agriculture africaine coûtera approximativement 315 milliards d’USD sur 10 ans. Mais, elle créera de nouveaux marchés qui représentent annuellement environ 85 milliards d’USD de recettes supplémentaires à l’horizon 2025.

L’Afrique doit, pour sa part, se concentrer sur la création de la valeur ajoutée sur le continent. Il faut un changement de paradigme, de l’exportation de produits agricoles bruts à une stratégie plus productive et génératrice de richesses, à savoir la création et la consolidation de la valeur tout au long des chaînes de production agricole.

Nous pouvons ainsi économiser des milliards de dollars chaque année (au moins 35 milliards d’USD, puis des montants encore plus élevés chaque année), au lieu de les dépenser dans l’importation de denrées alimentaires que nous devrions produire et transformer nous-mêmes.

À la faveur de sa stratégie « Nourrir l’Afrique », la Banque africaine de développement investira 24 milliards d’USD au cours de la prochaine décennie pour stimuler la transformation agricole de l’Afrique. Ce montant représente une hausse de 400 % du financement du secteur agricole par la Banque.

La Banque amplifiera ses interventions dans l’agro-industrie grâce à la création de programmes de mécanisation et la mise en place de zones et corridors de transformation de produits agricoles ; la coordination et le financement des projets d’infrastructure aux niveaux national et régional ; et l’appui à la mise en place de systèmes de récépissés d’entrepôt.

En Afrique, le secteur privé joue aujourd’hui le rôle de moteur de la croissance, dynamise la création de richesses et génère les emplois. C’est l’un des grands inducteurs de la transformation à venir.

Certes, les infrastructures constituent un grand défi en Afrique, mais elles représentent une opportunité encore plus grande. Elles sont au cœur de la priorité « Industrialiser l’Afrique » du Top 5, et comptent pour 41,9 % des projets de la Banque.

Nous ambitionnons d’accroître de manière significative le commerce intra-africain, dont le taux se situe actuellement à 15 %, en investissant massivement dans les infrastructures régionales de qualité – notamment les réseaux ferroviaires, les autoroutes transnationales, les interconnexions électriques, l’information et les communications, les transports aérien et maritime.

Les routes constituent le principal mode de transport en Afrique et assurent l’acheminement d’au moins 80 % des biens et 90 % de passagers en Afrique. La plupart des routes étant non bitumées ou en mauvais état, nous avons du mal à relier les personnes aux pôles commerciaux et à assurer le transport des marchandises à l’intérieur des pays à des tarifs concurrentiels.

L’Afrique doit continuer de construire des routes pour faciliter la circulation des personnes et des biens et combler le déficit d’infrastructures de transport, qui est estimé à 24,5 milliards d’USD. Il est également crucial de veiller à ce que les corridors africains de commerce jouent leur véritable rôle de catalyseurs économiques. Ils ne peuvent plus se contenter d’être des joyaux isolés.

Les trois éléments d’un corridor performant sont : la connectivité, la compétitivité et la communauté. Cette approche inclusive, grâce à laquelle la construction de routes fait corps avec le développement économique, offre de brillantes perspectives non seulement aux populations vivant le long des corridors, mais également au secteur privé.

Au Mali, l’autoroute Kankan-Kourémalé-Bamako est l’illustration parfaite de cette approche. Grâce au financement de la Banque africaine de développement, la nouvelle route, et son impact économique secondaire découlant de la construction de ponts piétonniers, de barrières et de l’éclairage ont révolutionné la vie quotidienne de milliers de Maliens, y compris les citadins de la capitale Bamako.

L’autoroute a déjà permis l’accroissement du trafic, la réduction des accidents et, grâce aux lumières électriques qui y sont installées, l’augmentation du chiffre d’affaires des commerçants.

Djenebou Diakité, qui gère un étal de légumes, n’a plus peur de rester au marché tard le soir, maintenant que son étal n’est plus plongé dans l’obscurité. Ses voisins partagent le même sentiment et continuent de vendre souvent jusqu’après minuit, là où naguère ils rentraient à la maison au crépuscule.

Les investissements intra-africains prennent de l’ampleur et offrent aux investisseurs régionaux des possibilités de développer leurs activités et de contribuer à l’intégration de l’Afrique - quatrième priorité du Top 5 de la Banque.

La Banque travaille déjà de concert avec les gouvernements pour harmoniser les politiques de facilitation du commerce, créer des cadres d’investissement régionaux et lever les obstacles non tarifaires pour favoriser la croissance économique et approfondir l’intégration régionale.

La Banque se propose maintenant de se porter à l’avant-garde de ce processus en lançant un Indice d’investissements intra-africains, en collaboration avec des partenaires extérieurs, en générant des produits du savoir, en identifiant des secteurs prioritaires offrant des possibilités d’investissement à haut rendement au secteur privé.

Nous lancerons également le Forum d’investissement en Afrique plus tard cette année. Centré sur l’Afrique et axé sur les opérations, ce forum sera un cadre de rencontre pour l’accélération des investissements, à l’image du Forum de Davos, pour orienter les bons investisseurs vers les bons projets.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

La Banque africaine de développement est, par-dessus tout, une banque qui offre des solutions. Chaque fois que nous examinons un problème, nous y voyons une opportunité pour l’Afrique et les Africains, et la Banque s’attachera toujours à rechercher des solutions.

La cinquième priorité du Top 5 est une synthèse des quatre autres et une confirmation du caractère intégral et collectif de ces objectifs pris globalement. Le Top 5 de la Banque améliorera la qualité de vie des Africains parce qu’il exploite les extraordinaires possibilités de production d’énergie, de production alimentaire, d’industrialisation et d’intégration en Afrique.

Je sais que nous pouvons obtenir des résultats en tirant parti de ces opportunités grâce aux initiatives et programmes de notre Top 5, que nous déployons à travers le continent.

Le PNUD a confirmé très récemment que, d’après son analyse de l’alignement du Top 5 sur les Objectifs de développement durable des Nations Unies et l’Agenda 2063, le Top 5 permettra à l’Afrique de réaliser 90 % de ces objectifs. C’est tout simplement stupéfiant et c’est une raison de plus pour soutenir le Top 5 !

L’Afrique ne peut pas se développer en misant simplement sur la bonne volonté des autres. Elle devra s’en sortir elle-même et se développer à ses propres conditions. Cette faculté, le Top 5 la lui apportera.

L’Afrique a besoin du Top 5 et nous avons besoin de partenaires pour le mettre en œuvre. Je souhaiterais que chacun des ambassadeurs et chacune des personnes ici présents aujourd’hui deviennent Ambassadeurs du Top 5

Je vous remercie tous d’avoir répondu à notre invitation.