Discours prononcé par M. Akinwumi A. Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement, à l’occasion de la réunion de la revue à mi-parcours du Fonds africain de développement (FAD-14)

Kigali (Rwanda), 25 octobre 2018

25/10/2018
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Mesdames et Messieurs, Bonjour,

  Tubifurije ikaze mu Rwanda ! Bienvenue au Rwanda ! Et bienvenue à la Revue à mi-parcours de la 14e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-14).

  Permettez-moi tout d’abord de souhaiter chaleureusement la bienvenue à nos plénipotentiaires du FAD, qui ont parcouru de longues distances pour être parmi nous ici, ainsi qu’aux ministres et à leurs représentants des pays FAD, et à nos administrateurs, conseillers, membres de la direction et du personnel de la Banque. Je voudrais également remercier tout particulièrement notre coordonnateur du FAD, Kyle Peters, qui a bien voulu nous soutenir et nous guider au moment où nous nous lançons dans cette revue à mi-parcours et où nous nous préparons déjà au FAD-15.

  Je sais que vous avez fait beaucoup de chemin hier pour découvrir le travail du FAD sur le terrain et dans les communautés. Le fait d’avoir vu le résultat de vos investissements vous donnera, je l’espère, l'énergie renouvelée dont vous avez besoin pour les deux jours de réunion qui nous attendent.

  J’aimerais remercier nos hôtes, le Rwanda, et en particulier le président Paul Kagame et son gouvernement, pour leur généreuse hospitalité et leur soutien, et pour avoir accepté d'accueillir cette réunion dans la magnifique ville de Kigali.

  Le Rwanda est l'un des joyaux de l'Afrique. C’est un pays où nous aimons investir et où les ressources investies par le FAD font une grande différence dans la vie des gens.

  Il y a quelques jours à peine, notre Conseil d'administration approuvait un prêt de 266 millions de dollars pour appuyer le programme du Rwanda visant à améliorer l’accès à l’électricité et la fiabilité du réseau, et contribuer ainsi à transformer le pays en une économie axée sur les exportations. C’est l’investissement le plus important jamais réalisé par le Groupe de la Banque au Rwanda.

  Si ces investissements sont possibles, c’est grâce aux pays donateurs. Les plénipotentiaires du FAD, nos conseils d'administration et leurs conseillers jouent un rôle majeur en nous aidant à obtenir des résultats en matière de développement pour l'ensemble des 38 pays du FAD. Merci pour ce soutien exceptionnel.

  En novembre 2015, nous nous réunissions tous à Luxembourg pour examiner les engagements du FAD-14. C’est comme si c’était hier. J’avais pris mes fonctions de président quelques semaines plus tôt. C'était ma première réunion de reconstitution des ressources du FAD.

  Les temps étaient durs. L'économie mondiale avait ralenti, aggravant les incertitudes sur les flux financiers. Depuis, les difficultés budgétaires intérieures ont persisté et la crise migratoire en Europe est venue s’ajouter aux défis internes croissants auxquels les pays donateurs sont confrontés. Mais malgré cela, vous avez réussi à extraire l'eau de la roche et à assurer la 14e reconstitution des ressources du FAD. Nous vous sommes reconnaissants pour vos contributions, votre soutien et votre confiance.

  Si nous nous réunissons aujourd’hui, à mi-parcours, c’est pour faire le point sur le chemin parcouru et nous demander, sans complaisance, comment le poursuivre jusqu’au bout et dans les meilleures conditions possibles, pour atteindre les objectifs convenus.

  Comme dans tout voyage, nous avons eu des moments faciles et des passages plus difficiles, mais grâce à l'engagement ferme de la direction et du personnel, ainsi qu’à la supervision et aux orientations des conseils d'administration, nous avons bien progressé.

  Rappelons que le FAD-14 a démarré tardivement, en juin 2017. Mais nous avons utilisé les ressources à bon escient, en toute responsabilité et en toute transparence.

  Permettez-moi de citer quelques chiffres pour 2017. Plus d'un demi-million de personnes supplémentaires ont accès à l'électricité. Nous avons aidé à créer 2 730 km de lignes électriques. L'alimentation de la population n'est pas en reste : près de 8 millions de personnes ont désormais accès à des technologies agricoles améliorées. Et environ 1,4 million d'emplois ont été créés, dont la moitié pour les femmes. 13 millions de personnes ont bénéficié de l’amélioration des transports, tandis que 7,8 millions ont un meilleur accès à l'eau et à l'assainissement.

  Les retombées de nos interventions sur le développement ne se traduisent pas simplement en chiffres : ce sont des opportunités qui se créent, des ambitions qui se concrétisent, un bonheur qui se réalise pour ceux qui en ont le plus grand besoin. Vous l’avez vu hier lors de votre visite sur le terrain.

  Le déploiement des ressources du FAD s’accompagne ainsi de bon nombre de récits d’espoir.

  Nous sommes en bonne voie d'utiliser pleinement les ressources du FAD-14 d'ici à la fin 2019, qui marquera la fin du cycle de reconstitution des ressources. Mes collègues vous l’expliqueront plus tard : nous réalisons des progrès importants dans la mise en œuvre des engagements du FAD-14 et des objectifs stratégiques fixés.

  Un domaine qui nous donne satisfaction est celui du changement climatique. Nous avons intensifié notre aide aux pays confrontés à des sécheresses grâce à une innovation introduite dans les fonds du FAD, qui consiste à payer les primes d'assurance des pays fragiles touchés par des conditions climatiques extrêmes. L'investissement de la Banque dans la lutte contre le changement climatique est passé de 9 % en 2015 à 28 % en 2017 ; il devrait atteindre 32 % d'ici la fin de l'année. Les énergies renouvelables ont fait l'objet d'une attention particulière de la Banque, en particulier dans des pays FAD comme le Kenya, le Mali, le Burkina Faso, le Tchad, le Rwanda, Madagascar et la Guinée – pour n'en citer que quelques-uns.

La production d’énergie à partir de sources renouvelables et à l’aide de financements de la Banque, est passée de 14 % en 2015 à 100 % en 2017. Nous sommes sur la bonne voie.

  La fragilité est au cœur de l’action du FAD. Nous sommes présents là où d’autres auraient du mal à intervenir. La Banque a considérablement renforcé sa présence dans les États fragiles, avec des bureaux dans 11 États fragiles, l’objectif étant d’accompagner les activités sur le terrain et de renforcer les capacités humaines et institutionnelles. La Facilité de rehaussement de crédit en faveur du secteur privé (PSF), l’une des innovations du FAD, nous a permis de fournir davantage de prêts aux États fragiles. Les approbations d'opérations non souveraines en faveur des États fragiles représentaient 66 % de l’ensemble des approbations en 2017, contre 30 % en 2014.

  Par ailleurs, nous avons également mobilisé des fonds supplémentaires grâce aux ressources du FAD. À titre d’exemple, notre soutien à l'interconnexion de la Dorsale nord (Nigeria-Niger-Burkina Faso-Bénin) a permis de mobiliser cinq fois plus de ressources que ce que nous avons investi au titre du FAD. Dans le secteur de l'agriculture, nous avons mobilisé plus de 330 millions d'UC pour financer les opérations.

  Vous constaterez, avec enthousiasme, que nous faisons des progrès notables dans l'intégration de la dimension du genre dans nos opérations. Plus de 35 % des opérations du secteur public ont été sériés cette année pour l’intégration de la dimension du genre à l'aide de notre système de marqueurs de genre. Nous avons recruté neuf spécialistes des questions de genre qui travaillent maintenant dans nos bureaux régionaux. Bien évidemment, nous poursuivrons nos efforts en vue de la nomination de plus de femmes aux postes de direction, en nous appuyant sur les acquis récents.

  Nous faisons de grandes avancées dans certains domaines passionnants qui vont changer la donne pour les pays FAD. Notre programme Jobs for Youth in Africa (“Des emplois pour les jeunes en Afrique”), dont l'objectif est la création de 25 millions d'emplois en Afrique, est en bonne voie. L'année dernière, nous avons consacré 340 millions de dollars à des projets Enable Youth destinés à aider les entrepreneurs du secteur agricole dans huit pays.

  J’ai été ravi de recevoir la semaine dernière une lettre du ministre du Développement international des Pays-Bas mettant à disposition 17 millions de dollars à titre de contribution au fonds fiduciaire consacré à la jeunesse. Nous avons également reçu un soutien généreux de la part de la Norvège et du Danemark en faveur de ce fonds, et l’Italie a confirmé son soutien. Nous sommes reconnaissants pour le soutien et nous travaillerons avec tous pour l’obtention de résultats à fort impact. L'initiative AFAWA monte en puissance.

  Depuis le démarrage du FAD-14, nous avons mené beaucoup d’actions visant à repositionner et à renforcer nos capacités institutionnelles. Nous avons intensifié les recrutements et avons fait des recrutements de qualité. Pour l’année en cours seulement, depuis le mois de janvier, nous avons procédé à plus de 556 nominations – un record.

  Je me réjouis de la qualité des personnes qui composent la haute direction et la direction la Banque. Le poste de vice-président des Finances a été pourvu. Mme Swazi Tshabalala, notre nouvelle vice-présidente a, à son actif, une vaste expérience dans le domaine des finances. C’est la première fois qu’elle participe à une réunion du FAD avec nous. Veuillez lui faire un accueil chaleureux. Permettez-moi de saisir cette occasion pour remercier tout particulièrement Hassatou N’Sele, qui occupait cette fonction par intérim et qui a accompli un travail remarquable.

  Nous avons également nommé le vice-président des Ressources humaines et des services institutionnels. Mateus Magala, le nouveau vice-président est également parmi nous. Nous avons aussi pourvu des postes clés au sein de la direction. J'ai annoncé ce week-end la nomination de notre nouveau directeur de l'Intégrité et de la lutte contre la corruption, Alan Becarese, un des leaders mondiaux de la lutte contre la corruption.

  C’est avec plaisir que j’ai nommé notre nouvelle directrice des Ressources humaines, Fauke Harnischfeger, qui nous rejoint avec une expérience internationale et de solides performances en matière de gestion des ressources humaines. Fauke est également parmi nous aujourd'hui et elle succédera à David Ssegawa, qui quitte la Banque à la fin du mois de novembre. Permettez-moi de saisir cette occasion pour remercier David du bon travail qu’il a accompli à la Banque.

  Je ne me fais aucune illusion sur le fait que nos discussions sur le FAD et l’AGC sont, à juste titre, intrinsèquement liées. En définitive, l’enjeu, c’est notre état de préparation et notre capacité d’exécution. Je suis confiant dans la capacité de la Banque à tenir tous les engagements qu’elle a pris au titre de l’AGC et du FAD. Nous l'avons fait par le passé et nous le ferons à l'avenir.

  Les réformes institutionnelles portent leurs fruits, entraînant une amélioration significative de nos indicateurs d'efficacité opérationnelle et d'optimisation des ressources. La santé financière de la Banque est au beau fixe, tous les ratios de revenu étant à la hausse depuis trois ans, tandis que toutes les projections annoncent une croissance et des performances financières encore plus fortes. En 2017, le Groupe de la Banque a procédé à la plus importante affectation aux réserves de son histoire, renforçant ainsi l’assise financière de l’institution.

  Les progrès que nous réalisons sont reconnus à l’extérieur et à l’échelle mondiale. En termes de transparence, la Banque a été classée 4e sur 45 organisations de développement dans le rapport sur l’Indice de transparence de l’aide, publié par “Publish What You Fund”.

  La Banque africaine de développement est aussi de plus en plus perçue comme un employeur de choix. En début d’année, elle a été classée 4e dans l’enquête sur les entreprises de choix pour les travailleurs en Afrique. C’est une amélioration notable au regard de la 82e position qu’elle occupait en 2015.

  L’évaluation comparative réalisée en 2017 par le Réseau d’évaluation de la performance des organisations multilatérales (MOPAN) a classé la Banque africaine de développement au premier rang, avec la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement. La conclusion encourageante du rapport du MOPAN est que la Banque africaine de développement – votre Banque – est à la hauteur de sa mission.

  Mais il n’y a pas lieu de se reposer sur ses lauriers. Nous ne sommes pas parfaits, nous avons encore des défis à relever. Mais une chose est sûre : nous ne cesserons de nous améliorer.

  Comme vous l’avez vu dans vos rapports, nous avançons efficacement dans la mise en œuvre de notre modèle de développement et de prestation de services (DBDM). Cette œuvre n’est certainement pas achevée et nous continuerons d’y apporter des améliorations.

  Nous tiendrons également compte des recommandations qui découleront de l’évaluation prévue du DBDM par IDEV. Mais permettez-moi de dire qu’avec des bureaux dans 41 pays, nous sommes à présent beaucoup plus proches de nos clients. Les responsables pays, les directeurs généraux et les directeurs généraux adjoints ont été nommés et sont tous pleinement opérationnels. À la faveur de la nouvelle matrice de délégation de pouvoirs, nous déléguons davantage de décisions opérationnelles aux pays. 

  Dans le souci de renforcer les capacités sur le terrain pour améliorer l’efficacité des opérations dans l’ensemble de la Banque et tirer pleinement parti du DBDM, j’ai demandé au nouveau vice-président chargé des Ressources humaines et des services institutionnels de doter ces bureaux du nombre de membres de personnel opérationnels requis. Ils seront accompagnés par d’autres membres du personnel chargés des questions fiduciaires et juridiques, des sauvegardes environnementales et sociales, ainsi que par des experts en matière d’égalité homme/femme.

  Ces mesures renforceront davantage notre capacité à améliorer le dialogue en matière de politiques, à constituer des réserves de projet plus robustes et à améliorer globalement la supervision des projets et l’assurance qualité sur le terrain.

  Nous tirons également des enseignements de ce processus – et nous devons le faire. Un apprentissage efficace nous aide à nous améliorer et à remédier à nos faiblesses.

  J’ai pris plaisir à lire et à examiner d’un œil critique les rapports d’IDEV sur les évaluations des opérations à l’appui des réformes et sur la qualité à l’entrée, la qualité de la supervision et les opérations de sortie de projets.

  Je tiens à remercier l’équipe d’IDEV pour son excellent travail. Nous en discuterons avec CODE et l’ensemble du Conseil d’administration dans le cadre de nos réunions ordinaires.

  Mais au regard de ce qui nous réunit ici, je tiens à vous assurer qu’en tant que président, je prends au sérieux les enseignements tirés des évaluations et veillerai à ce que des mesures appropriées soient prises pour rectifier le tir. 

  Nous nous améliorons en tenant compte des enseignements tirés. Lorsque j’ai pris fonction comme président, je me souviens que le principal problème était que la Banque procédait à des approbations mais les décaissements ne suivaient pas toujours. Il a fallu passer de la culture des approbations à une culture des décaissements en vue de l’exécution de projets pour obtenir les résultats escomptés en matière de développement.

  Nous avons obtenu de très bons résultats à cet égard, comme en témoigne l’augmentation historique des décaissements de la Banque, qui ont atteint un record en 2017. Il ne fait aucun doute que la Directive présidentielle de 2015 sur l’annulation des projets a été utile à cet effet, car le délai entre l’approbation et le premier décaissement a considérablement diminué.

  Nous passons à présent à un autre niveau de difficulté : promouvoir une culture de la qualité à l’entrée. Je tiens à vous assurer, chers plénipotentiaires et membres de notre Conseil d’administration, que tout comme nous l’avons fait pour les décaissements, nous relèverons ce nouveau défi. Bien évidemment, ce sera plus difficile, mais c’est d’une importance capitale.

  Avec l’apport du Conseil d’administration, le personnel de la Banque examinera en profondeur les plans d’action proposés par la Direction. Autant dire que nous affecterons des ressources à l’amélioration de la qualité à l’entrée et à la supervision des projets, ainsi qu’au financement de la constitution de réserves de projet de qualité, en augmentant les ressources dédiées à la préparation des projets. 

Nous renforcerons davantage les capacités du personnel des opérations, qui sera installé pour l’essentiel dans les bureaux nationaux et régionaux. Nous entendons accroître le nombre de chefs de projet en vue d’une plus grande efficacité et veiller à ce qu’ils bénéficient du soutien voulu, la qualité étant assurée par un programme de certification des chefs de projet couvrant l’ensemble de la Banque.

Nous ajusterons nos KPI de manière à faire de l’assurance qualité une des principales mesures de la performance du personnel des opérations. Nous assurerons aussi bien la quantité que la qualité. Nous avons besoin des deux. Ils ne s’excluent pas mutuellement.

Nous faisons également tout ce qui est en notre pouvoir pour mobiliser davantage de ressources intérieures et privées pour les pays africains, y compris les pays FAD. La Banque fait montre d’innovation. Notre instrument Room to Run de titrisation synthétique du portefeuille est devenu un exemple mondial pour les banques multilatérales de développement. Cette semaine encore, notre portefeuille d’assurance a permis de couvrir 2,5 milliards de dollars d’investissements du secteur privé.

Faire plus avec moins comporte des limites. Pour véritablement faire plus, il vous faut plus. Mais nous devons faire plus, intelligemment. Cela appelle une innovation continue. Et c’est exactement ce que fait la Banque - et l’objet de nos discussions avec vous au sujet du FAD.

Nous devons nous poser la question de savoir si nous disposons du bon instrument, et nous interroger sur ce qui est réalisé avec cet instrument et ce qui doit changer dans l’instrument pour garantir la réalisation de nos objectifs collectifs. Ces questions sont loin d’être faciles. Mais en nous y attaquant, nous pourrons réfléchir au chemin parcouru, au chemin qu’il reste à parcourir et aux voies et moyens d’arriver à bon port.

Le FAD est un instrument hautement pertinent pour accompagner les pays africains à faible revenu, en particulier ceux en situation de fragilité.

Mais les besoins des pays évoluent très rapidement. Compte tenu de la forte croissance démographique et de l’urbanisation rapide, les infrastructures qui nous semblaient adéquates hier sont déjà dépassées par de nouvelles demandes. Le chômage des jeunes alimente la crise migratoire, à l’intérieur et hors du continent, avec l’Europe comme point de chute.

Les pays FAD ont besoin de plus de ressources. Et ce qui a fonctionné hier ne fonctionnera pas nécessairement aujourd’hui ni dans l’avenir. Nous devons donc réfléchir avec créativité à la manière de rendre le FAD plus pertinent dans un environnement où les besoins de développement connaissent une mutation rapide. Le président d’un des pays FAD me confiait que « les ressources du FAD sont à présent trop faibles pour nous permettre de relever de nouveaux défis. Nous avons besoin de beaucoup plus de ressources et nous sommes prêts à payer davantage pour les obtenir ».

Nous devons tirer un meilleur parti des capitaux propres du Fonds, assurer la prévisibilité des financements pour les pays ainsi que sa viabilité financière globale.

Je tiens à remercier les plénipotentiaires du FAD pour les discussions en cours sur la commercialisation de l’instrument. Nous attendons avec intérêt vos orientations et votre soutien continu à cet égard.

Dans ce cadre, nous devons trouver un équilibre entre le besoin de ressources supplémentaires et les niveaux de concessionnalité. Au moment où les concours sous forme de don s’amenuisent dans les pays donateurs et où les pays africains se ruent sur le marché euro-obligataire, nous devons nous atteler à mettre en place un cadre de financement modifié, permettant au FAD de mobiliser les fonds des donateurs sur le marché des capitaux et d’accroître les ressources, de manière à avoir plus d’impact en matière de développement, tout en garantissant la durabilité et la prévisibilité des ressources pour le Fonds comme pour les pays bénéficiaires. Et, bien entendu, nous ne devons pas perdre de vue l’enjeu de la soutenabilité de la dette.

Dans environ deux semaines, la Banque organise à Johannesburg, en Afrique du Sud, le premier Forum sur l’investissement en Afrique. Ce forum historique vise à convaincre les investisseurs institutionnels mondiaux d’investir dans des projets bien préparés et bancables, à mettre en commun les ressources des BMD et des IFD africaines afin de réduire les risques, à accélérer la clôture financière des transactions et à améliorer le climat général des affaires et de l’investissement en vue de favoriser des investissements durables en capital à travers l’Afrique.

À mi-parcours du FAD-14, je suis encouragé par les résultats obtenus – et j’espère que vous l’êtes également. Nous avançons sur la voie convenue. Nous mobilisons plus de ressources. Et nous les utilisons de façon optimale. Nous nous attaquons résolument aux principaux enjeux de gouvernance et aux questions transversales d’importance pour le FAD, comme le genre, le changement climatique, la fragilité et l’emploi.

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Nous avons retroussé nos manches. Nous devons évidemment renforcer la capacité des pays FAD à préparer les projets. Il va falloir étoffer le mécanisme de financement de la préparation des projets, qui est presque épuisé. En fin de compte, des projets bien préparés produisent un plus grand impact sur le développement.

La nouvelle Zone de libre-échange continentale (ZLEC) nécessite plus de ressources sur l’enveloppe des opérations régionales du FAD pour la mise en place des infrastructures et autres biens publics régionaux essentiels à la croissance et au développement durables.

Nous n’ignorons pas les défis qui se posent, mais nous sommes déterminés. Nous tirons des enseignements utiles des évaluations et les intégrons progressivement dans nos processus, et nous nous adaptons de manière proactive afin de répondre aux défis actuels et à venir.

Cette revue à mi-parcours est l’occasion unique de recueillir vos idées et vos orientations, en votre qualité de donateurs du FAD, quant à la manière d’améliorer davantage nos actions, de faire face aux nouveaux défis des pays FAD et d’amplifier l’appui dont ils ont tant besoin.

Je me réjouis à la perspective des discussions que nous allons avoir au cours des deux prochains jours. Ensemble, renforçons intelligemment le FAD pour répondre aux besoins croissants des pays. C’est ainsi que le FAD sera un « multiplicateur d’espoir » pour les pays et les communautés les plus démunis du continent.

Je vous remercie.


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