Science, technologie et innovation en Afrique : Renforcer la collaboration régionale sur les réseaux spécialisés dans les STI, l'éducation et la recherche

16/02/2018
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La recherche scientifique et la technologie sont appelées à jouer dans les années à venir un rôle considérable dans la dynamique de développement et d’industrialisation. Elles sont d’importance stratégique pour l’industrialisation de l’Afrique, qu’elles peuvent aider à passer directement à la quatrième révolution industrielle.

Le renforcement de la collaboration régionale sur les réseaux relatifs à la science, la technologie et l’innovation (STI), à l’éducation et à la recherche était le thème d’une table ronde, dimanche 11 février 2018, dans le cadre du troisième Forum africain pour la science, la technologie et l’innovation, qui se déroulait au Caire, en Égypte, du 10 au 12 févier 2018.

L’Afrique possède plusieurs centres de recherche renommés et de structures régionales spécialisées, financés par un certain nombre de pays. Ces centres d’excellence sont conçus pour apporter des solutions scientifiques et innovantes aux défis du développement en Afrique.

Cependant, pour parvenir à des résultats tangibles, la recherche scientifique exige de disposer des ressources financières adéquates et d’infrastructures.

De l’avis de Kasirim Nwuke, responsable des nouvelles technologies et de l’innovation à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, pour parvenir à s’intégrer, les pays doivent commencer par évaluer les conditions de compétitivité qui règnent dans les États membres et aborder les aspects politiques qui devraient y être menées.

Il est capital pour les centres de recherche du continent de rester connectés entre eux et de continuer à avoir accès aux résultats de recherche obtenus dans les différentes régions, a argué quant à lui Boubakar Barry, le directeur général du Réseau ouest et centre africain de recherche en éducation. Les TIC en offrent l’opportunité.

Le professeur Nelson Torto, directeur général de l’Académie africaine des sciences, a souligné le rôle de mobilisation qu’exerce son institution à travers le continent, outre les prix qu’elle attribue à des réalisations scientifiques. Fondée par un groupe d’éminents scientifiques d’Afrique, elle est financée par un certain nombre de pays ainsi que par des subventions reçues de différents organismes internationaux. L’Académie compte 400 membres, dont un tiers de femmes.

La Banque mondiale soutient ces efforts par le biais d’un centre d’excellence créé dans le cadre d’une initiative régionale. « Le centre vise à répondre aux demandes du marché du travail, et à fournir des solutions à caractère scientifique aux problèmes de développement », a expliqué Javier Botero Alvarez, spécialiste principal de l’éducation à la Division des pratiques globales en matière d’éducation à la Banque mondiale. Cet objectif sera atteint en renforçant les capacités d’universités, sélectionnées dans plusieurs pays après avoir été mises en compétition. Le centre couvre dix secteurs prioritaires et seize pays. L’initiative devrait avoir un impact positif sur l’industrie, améliorer l’atout que représentent les compétences en STIM et renforcer les systèmes nationaux FPET.

D’autre part, le Rapport sur le renforcement des capacités de l’Afrique, un document phare de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique, indique que plus de 70 % des pays africains pensent que la science, la technologie et l’innovation sont d’une importance fondamentale pour leur développement, quel qu’il soit. Cependant, aucun n’investit le 1 % de PIB convenu pour financer la recherche scientifique. Malheureusement, les efforts actuels dans ce domaine sont en ordre dispersé et les centres de recherche travaillent en vase clos. Sans coordination, harmonisation de la plate-forme technique, sans une cartographie des capacités et un échange de connaissances et d’expérience, il sera difficile pour l’Afrique d’atteindre les objectifs en matière de développement des capacités. L’Agenda de développement 2063 de l’Union africaine a établi une feuille de route qui repose sur des politiques, le développement des compétences et de la recherche.

Si les pays africains ne consacrent pas plus de ressources et ne collaborent pas entre eux en ces domaines, l’industrialisation de l’Afrique ne pourra se faire. Thomas Munthali, directeur des connaissances et de l’apprentissage à la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique, a clôturé la session par ces mots, exprimant le souhait que le prochain forum voie l’accomplissement de résultats significatifs.


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