Ces jeunes Africains qui rêvent de devenir Mandela, Nasser, Adesina, Wangari Maathai ou Houphouët-Boigny

12/01/2018
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Réunis le 9 novembre 2017 au siège de la Banque africaine de développement à Abidjan, pour s’essayer au leadership sur un mode ludique, plusieurs dizaines de jeunes ont participé à un nouveau jeu de société made in Africa, créé par Olubanke King Akerele, diplomate et ex-ministre du Libéria.

L’occasion de leur céder la parole et de les laisser exprimer leur vision du leadership et de l’avenir de l’Afrique, mais aussi de leur demander leur avis sur la place de la jeunesse en Afrique.

Yacoub Mohamed Bamba, étudiant, en Lettre modernes, à l’université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan

« En tant que jeune Africain, il m’arrive de me questionner sur mon avenir : que vais-je faire après mes études ? Que vais-je devenir finalement ? Réfléchir au leadership est d’autant plus intéressant pour un jeune que cela aide à se préparer à assumer ses responsabilités futures. Nous sommes l’avenir de ce continent. Il faut donc ne pas décevoir l’espoir que l’on place en nous. Je retiens de cette session que le leadership, c’est aussi partir de rien pour réussir ».

Valerou Adelin Falle, Club UNESCO, regroupement de bénévoles engagés dans la promotion des idéaux de l’agence onusienne

« Les jeunes Africains doivent prendre leur destin en main. Tout l’enjeu est de montrer que nous, les jeunes, avons le potentiel pour devenir les leaders de demain, les bâtisseurs de notre continent. Nos parents ont travaillé pour que nous en soyons à ce stade de développement. A notre tour, nous devons travailler pour laisser une Afrique forte et prospère en héritage à nos enfants. Mais pour y arriver, l’Afrique doit faire confiance à ses jeunes, l’Afrique ne doit pas douter de sa jeunesse. Selon moi, si l’Afrique connait aujourd’hui des crises, c’est en partie parce qu’elle a laissé de côté sa jeunesse dans la conduite des affaires publiques ».

Clémentine Agroh, étudiante, en Lettres modernes, à l’université Félix Houphouët-Boigny

« J’ai suivi cette session sur le développement du leadership émergent de l’Afrique avec beaucoup d’intérêt. C’est un exercice qui permet de mieux préparer la jeunesse africaine à ses responsabilités. Si nos pays veulent préparer efficacement la relève, c’est dès aujourd’hui qu’ils doivent commencer à initier la jeunesse au leadership. Je retiens de nos débats qu’on peut être leader ailleurs qu’en politique ».

Abibatou Sako, étudiante, en Communication, à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan

« La présentation de ce jeu « Développer le leadership émergent de l’Afrique » est une excellente chose. C’est l’occasion de nous préparer à nos responsabilités futures. Ce type d’exercice nous redonne confiance. Le leadership n’est pas que politique, nous l’avons bien compris, et surtout, qu’en matière de leaders, il y a d’autres modèles que les personnalités politiques. On a pu à travers nos débats identifier les défis d’aujourd’hui, les solutions à envisager pour les relever. En tant que jeunes, nous rêvons d’une Afrique débarrassée de la mortalité infantile, d’une Afrique abonnée aux élections démocratiques et qui vit dans la prospérité économique. Pour y arriver, il est indispensable que les jeunes accèdent davantage à des responsabilités. C’est un procès d’intention que de juger que les jeunes sont immatures et qu’il ne faut donc pas leur confier de responsabilité ». 

Ruth Mariette Amani, étudiante, en Droit, à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan

« Un tel jeu sur le leadership développe chez les jeunes la capacité de prendre des initiatives. Si on ne donne pas aujourd’hui des responsabilités aux jeunes, comment leur demander demain d’assumer pleinement la relève ? Les jeunes représentent 77 % de la population africaine, il faut leur donner des responsabilités équivalentes ! Il faut surtout responsabiliser les jeunes dès maintenant, si on veut garantir une meilleure Afrique demain ». 

Moustapha Daniel Siriki, étudiant, en Sciences du langage, à l’université Félix Houphouët-Boigny

« Mes modèles sont tous ceux qui ont pris part à l’abolition de l’esclavage et à la libération de l’Afrique du joug colonial. Ce sont des Félix Houphouët-Boigny, Nelson Mandela, Gamal Abdel Nasser, Patrice Lumumba. Je veux moi aussi devenir un modèle pour les générations à venir. La jeunesse africaine est un formidable atout que le continent n’exploite pas à sa juste valeur. La plus grande erreur, c’est de continuer à penser que les jeunes ne sont pas aptes à exercer des responsabilités publiques. Si nos aînés nous disent que nous, les jeunes, avons-nous aussi une valeur ajoutée, l’Afrique ira de l’avant. Pour ma part, j’envisage l’avenir avec optimisme, en dépit des nombreux défis et des crises que le continent doit affronter. Prenons l’exemple de la Côte d’Ivoire : on parle aujourd’hui de construire un métro à Abidjan. C’était inimaginable, il y a seulement quelques années. Ces progrès sont pour moi la preuve nous avançons, même si cela prend du temps ». 


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