Débloquer les flux de capitaux pour investir dans le secteur forestier en Afrique : nouveau rapport de la BAD

04/09/2017
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Group photo of the speakers from the AFICAFIC speakers

La Banque africaine de développement (BAD) et le Programme d'investissement forestier (FIP par sigle en anglais) des Fonds d'investissement climatiques (FIC) ont publié, en juillet 2017, un rapport sur les moyens de débloquer les flux de capitaux pour favoriser le développement du secteur forestier en Afrique.

Ce rapport s'appuie sur les résultats de la première Conférence africaine d'investissement forestier (AFIC pas sigle en anglais), que la Banque avait organisée en juin 2017 à Accra, au Ghana, et qui avait présenté les avantages à investir dans le secteur forestier au Ghana, et plus largement en Afrique de l’Ouest.

À cause de la déforestation, les terres d’Afrique pâtissent de la plus forte dégradation au monde, ce qui affecte gravement le développement économique du continent et compromet sa résilience aux changements climatiques.

S’agissant du Ghana, le secteur de la foresterie est historiquement et encore aujourd’hui essentiel au pays, puisqu’il fournit les moyens de subsistance d'une partie importante de la population. Mais les ressources forestières du pays se sont appauvries à un rythme alarmant au cours des dernières décennies. Aussi la gestion durable des forêts est-elle capitale pour freiner cette tendance et maintenir le Ghana sur la voie d’une croissance verte. S’il requiert des financements à long terme, le secteur n’attire que très peu d’investissements privés, notamment parce qu’il est perçu comme un secteur à haut risque et en raison de la nature du marché financier. « Cette Conférence n'aurait pas pu arriver à un moment plus opportun », avait ainsi déclaré John Allotey, chef adjoint de la Commission de la foresterie du Ghana dans son allocution de bienvenue lors de l’AFIC. Indiquant que la Commission fêtait la Semaine de la foresterie et la Journée 2017 de l’écologisation du Ghana il avait mis mettant l'accent sur l’importance de la plantation d'arbres pour préserver les moyens de subsistance des communautés.

Sous l’égide de Darius Sarshar, expert indépendant de renommée internationale en matière d'investissements forestiers et agricoles durables, l’événement avait réuni un large éventail de conférenciers avec une expertise réelle en matière d'investissements forestiers en Afrique  – sociétés spécialisées dans l’investissement forestier, conseillers forestiers à la renommée mondiale, représentants des organisations de la société civile et du milieu universitaire.

Projet de partenariat public-privé pionnier dans ce secteur, le prêt récemment annoncé de 24 millions de dollars EU de la BAD et du PIF/FIC à la Société de gestion des plantations forestières (Form Ghana), avait fait l’objet d’un exposé détaillé au cours de la conférence.

 « Le rôle du Fonds d’investissement forestier a été essentiel pour rendre le projet bancable », a déclaré Richard Fusi, chargé principal des investissements à la BAD. « Nous espérons que ce projet deviendra un modèle duplicable et aidera à attirer les financements du secteur privé dans ce secteur particulier, et que, grâce à ce projet, le Ghana ouvrira la voie pour davantage d’investissements dans la gestion durable des forêts dans les pays africains. »

Selon Paul Hol, directeur exécutif de Form International, « ce projet et la collaboration entre la BAD et Form Ghana Ltd peuvent être une étape très importante dans l'expansion de projets de reboisement et de restauration de paysage à grande échelle en Afrique ».

Les débats avaient également porté sur la façon dont de nouveaux modèles de financement mixte peuvent être conçus pour financer une industrie de plantation en Afrique de calibre mondial. Ils ont mis en exergue l'énorme potentiel du marché forestier en Afrique, les facteurs qui déterminent la qualité du bois et l'importance de l'accréditation pour accroître la valeur des produits le long de la chaîne de valeur. Les réglementations forestières, les questions de politique et de gouvernance du secteur ont également été discutées.

Juho Penttilä, du groupe Indufor, une société conseil spécialisée dans le domaine forestier, a souligné que « les plantations forestières et les industries de transformation associées sont des vecteurs importants pour améliorer la qualité de vie, créer de l’emploi et réduire la pauvreté » et que « les environnements d’exploitation évoluent rapidement dans plusieurs pays africains avec une gouvernance et des partenariats public-privé qui s’améliorent de plus en plus ».

Le deuxième jour de la conférence avait mis l’accent sur les moyens de mobiliser des capitaux : contraintes financières de ce type d'investissements, importance de structurer le secteur et de fournir aux investisseurs des terres sécurisées, nécessité de créer un environnement propice aux entreprises. Dans son exposé, Gareth Phillips, chargé en chef du changement climatique et responsable de la croissance verte à la BAD, a identifié et mis en exergue les sources potentielles de financement international pour les projets forestiers et la difficulté, pour le secteur forestier, à être vu comme un secteur attractif pour les investissements.

Alors comment débloquer des capitaux sur mesure pour financer la création de plantations en Afrique ? Tel était le thème de la conférence plénière sur laquelle s’était achevée la conférence. Trois mécanismes possibles pour de tels financements mixtes avaient été identifiés, exposés dans le rapport final : la dette à long terme et le financement direct aux sociétés existantes ; des programmes de subventions ciblant les petits producteurs ; nouvelle dette privée pour forêts inexploitées ou facilité de financement par prise de participation.

Membre de l'Association internationale des étudiants en foresterie (IFSA), Sansa Sarah Korang  a salué la qualité et l’importance de la conférence à laquelle elle est venue assister : « J'ai côtoyé de grands investisseurs, défenseurs de l’environnement et professionnels de la foresterie. En tant qu'étudiante dans ce domaine, participer à cette conférence est important de et j'espère qu'il y en aura d’autres », a-t-elle ajouté.

Dans le cadre du programme de l'AFIC, les participants intéressés ont effectué une visite sur les lieux de la plantation de Form Ghana Ltd., le lendemain de la Conférence. Ils ont pu observer de près les plantations forestières pleinement opérationnelles de Form Ghana, dont la récolte du premier teck certifié FSCTM du Ghana.

La conférence était également parrainé par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Lire le rapport Débloquer les flux de capitaux pour le développement du secteur forestier en Afrique (en anglais)

Pour en savoir plus sur la conférence AFIC : http://newforestsforafrica.org/conference-june-2017/


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