« La Banque africaine de développement est la réponse au développement de l’Afrique », selon les gouverneurs d’Afrique de l’Ouest

25/02/2019
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« La Banque africaine de développement est la réponse au développement de l’Afrique », selon les gouverneurs d’Afrique de l’Ouest

Les gouverneurs de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Ouest ont tenu, à Abidjan, une réunion consultative avec le Président Akinwumi Adesina et les principaux responsables de la Banque. Il s’agissait pour les gouverneurs, de prendre connaissance du bilan opérationnel de l’institution dans leur région.

Les gouverneurs ont noté le nombre impressionnant de projets transformateurs engagés entre 2010 et 2017  (370 au total) pour un montant évalué à 11,3 milliards de dollars,  avec un impact réel sur les conditions de vie des populations.  Il s’agit de la deuxième édition de ces réunions régionales des gouverneurs, initiées par la Banque africaine de développement, qui  ont permis un échange de points de vue.

« Notre but ultime est de veiller à ce que les gouverneurs soient bien plus proches de la Banque et à ce que vous soyez associés intégralement à la vision et à l’orientation étendues de l’institution, en particulier celles concernant les défis et les besoins de vos régions respectives », a déclaré Adesina. « Aujourd’hui, je suis rempli d’espoir. Il y a lieu d’espérer en effet, parce que l’Afrique est en train de changer. Et aussi parce que partout sur le continent, en dépit des difficultés, vous pouvez constater une volonté croissante de changer les choses », a-t-il ajouté.

Les gouverneurs, pour la plupart ministres des Finances ou de la Planification dans leurs pays respectifs, ont appelé à des mesures permettant de combler les disparités entre les genres, de s’attaquer aux changements climatiques et d’accorder une attention accrue au développement dans les États fragiles.

En reconnaissant la Banque comme le bras économique de l’Union africaine, les gouverneurs lui ont demandé  de s’impliquer dans les questions internationales pour influencer les négociations relatives aux investissements étrangers et aider à leur concrétisation. Ils ont également mis l’accent sur le renforcement des capacités institutionnelles, la nutrition, la collecte de données ainsi que l’intégration régionale et la connectivité numérique.

Le ministre des Finances de la Sierra Leone, Jacob Jusu Saffa, a souligné la nécessité « de mobiliser des fonds nationaux et d’utiliser plus efficacement nos fonds de pension ». Des commentaires appuyés par son homologue du Nigéria, Mahmoud Isa-Dutse.

De son côté, le ministre de l’Agriculture du Liberia, Mogana Flomo, a relevé  « l’importance extrême des infrastructures. Nous espérons que la Banque continuera à soutenir et à ajouter de la valeur à notre seule plate-forme de données publiques commune ».

Les gouverneurs pour la Côte d’Ivoire, Nialé Kaba et la Guinée, Kanny Diallo, ont, quant à eux, souhaité un soutien accru de la Banque en faveur du renforcement des capacités institutionnelles.

Les perspectives économiques régionales, présentées par le vice-président et économiste en chef de la Banque, Célestin Monga, « demeurent favorables » : le PIB devrait progresser de 4 % cette année et de  4,1 % en 2019, et près d’un pays africain sur deux (45%) connaîtra une croissance supérieure à 5 %. Les interventions et prêts de la Banque en 2018 ont ensuite été présentés par des cadres supérieurs de la Banque, parmi lesquels, Marie-Laure Akin-Olugbade, Directrice générale du Bureau régional de développement et de prestation de services de l’Afrique de l’Ouest ; Stella Kilonzo, Directrice principale du Forum africain pour l’investissement ; Timothy Turner, Chef du Bureau des risques du Groupe et Swazi B. Tshabalala, vice-présidente chargée des finances.

L’an dernier, la Banque africaine de développement a approuvé 65 projets dans 15 pays d’Afrique de l’Ouest, pour une valeur totale de 2,8 milliards de dollars. Exemple de développement historique, le pont « Sénégambie », financé uniquement par la Banque, a été inauguré le 21 janvier dernier. Le mois denrier, le train express régional (premier train à grande vitesse en Afrique de l’Ouest) a également été inauguré à Dakar. Autres financements accordés par la Banque, la construction d’un aéroport international  au Ghana ainsi qu’une enveloppe de 600 millions de dollars en faveur du Ghana Cocoa Board (Conseil national du cacao du Ghana) pour améliorer sa productivité et construire des entrepôts. Dans le domaine de l’énergie, l’initiative « Énergie du désert », d’une capacité de 10 MW de zone solaire à travers le Sahel, doit fournir de l’électricité à 250 millions de personnes, dont 90 millions par le biais de systèmes solaires hors réseau. Le projet a déjà commencé au Burkina Faso, avec le projet solaire de Yeleen.

« Les besoins de l’Afrique demeurent très importants. Beaucoup reste à faire », a insisté Adesina, avant de rappeler que le Conseil d’administration de la Banque l’avait autorisé à engager des discussions avec ses actionnaires en vue d’une augmentation générale de ses capitaux propres. Plusieurs gouverneurs ont d’ailleurs exprimé leur soutien à cette augmentation de capital. Selon le ministre des Finances du Ghana, Kenneth Ofori Atta, «l’Afrique a confiance en la Banque ».

«Réfléchissons au degré de développement que nous souhaitons pour l’Afrique et à ce que nous sommes disposés à payer pour cela. Ce n’est pas tant la question de savoir ce que nous pouvons nous permettre, mais plutôt ce que l’Afrique mérite. Le sous-développement est plus coûteux », a conclu Adesina.


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