«La participation des femmes dans le secteur agricole doit être encouragée », souligne un groupe d’experts

05/09/2017
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Woman smiling with her crop

Les innovations et avancées technologiques actuelles dans le domaine de l’agriculture doivent toucher tous les aspects de la vie des femmes pour qu’elles aient l’impact escompté sur les sociétés africaines.

Tel était le sujet de discussion mardi 5 septembre lors de la 7e édition du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF), à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Lors d’une session portant sur « Les Femmes dans l’agriculture », des décideurs politique, des affaires et de la société civile ont examiné la question des femmes dans le domaine de l’agriculture et étudié comment améliorer l’accès des jeunes femmes dans le secteur.

Fatimata Dia Sow, Commissaire chargée des affaires sociales et de l’égalité des sexes à la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a fait remarquer que les femmes africaines continuaient de se voir refuser l’accès aux terres en raison de lois nationales et de cultures locales qui entravent leur accès à la propriété et leur capacité à mettre en œuvre des projets innovants visant à transformer l’agriculture.

« Les pratiques obsolètes demeurent un obstacle à la transformation de l’agriculture sur le continent et empêchent les femmes de posséder des terres et de décider de leur utilisation », a-t-elle déclaré.

« Un changement doit s’opérer afin de pouvoir répondre à la demande alimentaire d’urgence en Afrique. Les femmes doivent pouvoir accéder aux outils de productivité et posséder des terres. Il est du devoir des gouvernements et de la société civile de faire en sorte que cela se concrétise. »

La majorité des femmes de l’Afrique rurale sont en outre enfermées dans une agriculture traditionnelle. Elles assument pourtant la lourde charge de nourrir et de prendre soin de leurs familles, selon Tako Ndiaye, agent principal de l’égalité des sexes au Bureau régional de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

« Les femmes africaines qui travaillent dans le secteur de l’agriculture représentent 52 % de la population totale et sont responsables. Elles passent 40 milliards d’heures à chercher de l’eau et représentent plus de la moitié de la main-d’œuvre agricole des exploitations agricoles de l’Afrique subsaharienne », a-t-elle déclaré.

« Cela démontre que, si la participation des femmes est encouragée au-delà du niveau actuel, elles seront en mesure d’améliorer le secteur agricole du continent et de contribuer de manière significative à l’économie de leur pays. »

Selon la Banque africaine de développement (BAD), les femmes dans l’ensemble du continent ont besoin d’un accès accru aux financements et aux services financiers, puisqu’elles font face à des contraintes plus sévères que leurs homologues masculins.

Lors d’une session antérieure, Vanessa Moungar, directrice chargée du genre, des femmes et de la société civile à la Banque africaine de développement (BAD), a souligné la nécessité de permettre aux femmes du secteur de l’agriculture, de surmonter un manque général de compétences en gestion et de capacités d’absorption nécessaires à une utilisation rentable des ressources financières et productives disponibles.

« Favoriser une utilisation accrue des technologies et des engrais par les femmes est désormais une priorité absolue pour réduire l’écart entre les sexes en matière de productivité agricole, particulièrement en Afrique subsaharienne », a-t-elle dit.

« La Banque est déterminée à développer les compétences techniques et entrepreneuriales des femmes qui permettront d’assurer la sécurité alimentaire du continent, en particulier dans le contexte du commerce agricole dynamique et des effets imprévisibles à long terme du changement climatique. »

Les femmes produisent entre 60 à 80 % des aliments du continent selon la FAO.

La Banque africaine de développement a élaboré des programmes spécifiques destinés à aider les femmes dans le domaine de l’agriculture au fil des ans.

Ainsi, en avril 2017, le Fonds international de développement agricole (FIDA) a sollicité l’appui financier de la Banque africaine de développement afin de mettre en œuvre le Programme de croissance rurale de la région Nord (NRGP) au Ghana, pour un coût s’élevant à 92,79 millions de dollars EU.

Le programme était conçu pour autonomiser les femmes et favoriser une réduction équitable et durable de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire des ménages ruraux dans le nord du Ghana.