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Perspectives économiques à Sao Tomé-et-Principe

Performances macroéconomiques

La croissance du PIB réel a été estimée à 4,1 % en 2018, contre 3,9 % en 2017, grâce à la hausse des investissements étrangers directs soutenant le secteur de la construction dans les projets de développement.

Le solde budgétaire affiche un excédent de 0,3 % du PIB en 2018, après un déficit de 2,6 % en 2017, en raison de la hausse des recettes et de la baisse des dépenses totales, en particulier des dépenses d’investissement. La dette publique (dont 42,1 % constituaient la dette extérieure) représentait environ 51,7 % du PIB en 2018. Sao Tomé-et-Principe a été classé comme pays en surendettement en 2018 en raison d’arriérés extérieurs. Pour promouvoir la croissance du crédit privé, la banque centrale a ramené le taux d’intérêt de référence à 9 % en 2017 et a fixé la réserve minimale requise à 18 %. En conséquence, le crédit privé a augmenté de 2,2 % en 2018 par rapport à 2017 pour atteindre 139,4 millions de dobras. L’inflation était de 6,8 % en 2018, contre 5,7 % en 2017.

La dépendance excessive aux importations destinées à la consommation privée est source de déséquilibres. Mais le déficit de la balance des transactions courantes a été ramené de 8,2 % du PIB en 2017 à 6,7 % en 2018. Les fèves de cacao et la noix de coco représentaient 90,8 % du total des exportations du pays en 2018, l’Union européenne étant le principal marché. Les Pays-Bas en représentent à eux seuls 45,3 % en 2018. L’Angola est le principal partenaire commercial de Sao Tomé-et-Principe en Afrique, représentant environ 4 % des exportations et 91,6 % des importations en juin 2018.

La croissance du PIB réel devrait atteindre 4,6 % en 2019 et 5,0 % en 2020, grâce aux solides résultats enregistrés dans les secteurs de la construction, des services et de l’agriculture. L’augmentation des investissements publics, soutenue principalement par des ressources extérieures, stimulera la croissance. Selon les perspectives à moyen terme, l’inflation atteindra 5,5 % en 2019 et 4,5 % en 2020. Le déficit de la balance courante devrait se stabiliser autour de 7 % en 2019 et 2020.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Les risques à la baisse comprennent un ralentissement économique en Europe. Le taux élevé de prêts non productifs de Sao Tomé-et-Principe (25 % du total des prêts en 2018) pourrait encore affaiblir le secteur bancaire et freiner l’expansion du crédit. L’augmentation de 4,8 % des salaires et traitements accordée en 2018 a réduit l’espace budgétaire et pourrait aggraver la vulnérabilité de la dette. En tant qu’État archipel, Sao Tomé-et-Principe est vulnérable au changement climatique. Renforcer la résilience au climat nécessitera des ressources supplémentaires et le soutien des donateurs. Le coût élevé de l’énergie, principalement fossile, s’oppose au développement privé. Les projets du gouvernement d’investir dans les énergies renouvelables pourraient atténuer cette contrainte.

Sao Tomé-et-Principe est membre de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) et de la Communauté des pays de langue portugaise, et fait partie de la configuration de l’Afrique centrale dans les négociations d’un Accord de partenariat économique avec l’Union européenne. Il vise à devenir membre de l’Organisation mondiale du commerce et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Malgré ces adhésions, Sao Tomé-et-Principe lutte pour bénéficier d’une intégration économique régionale efficace en raison de son éloignement géographique du continent africain et des marchés mondiaux. La variété limitée de biens échangeables et les coûts de transport élevés limitent sa compétitivité. S’agissant de l’indice d’intégration régionale en Afrique de 2016, Sao Tomé-et-Principe figure parmi les pays les plus performants en matière de libre circulation des personnes au sein des pays de la CEEAC, conséquence probable de la suppression des exigences de visa pour certains ressortissants africains.