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Perspectives économiques en République Démocratique du Congo

Performances macroéconomiques et perspectives

La croissance du PIB réel est estimée à 4,3 % pour 2019, en recul par rapport à 2018 (5,8 %) en raison du ralentissement des activités dans le secteur extractif, qui demeure le secteur moteur de l’économie, malgré le repli des cours de certaines matières premières (cuivre et cobalt). L’agriculture est freinée par sa faible productivité, tandis que le déficit énergétique limite les efforts d’industrialisation du pays. La croissance a été soutenue par la demande intérieure, en particulier par l’investissement privé et la consommation publique.

Grâce à une bonne coordination des politiques monétaire et budgétaire, le taux d’inflation, qui était 29,3 % en 2018, est tombé à 4,5 % en 2019.

Malgré une forte rationalisation des dépenses publiques, le déficit budgétaire représentait 0,4 % du PIB en 2019, induit par la mise en oeuvre du programme présidentiel d’urgence (l’excédent budgétaire était de 0,4 % en 2018). Le taux de pression fiscale a été de 10,2 % en moyenne sur la période 2016–2019 (la norme au niveau continental est un taux minimal de 20 %). Le déficit du compte courant est estimé à 2,6 % du PIB en 2019, financé essentiellement par les investissements directs étrangers. La faiblesse des réserves de changes (l’équivalent de 3,7 semaines d’importations en 2019) constitue un défi pour la stabilité extérieure. Le risque de surendettement est jugé modéré.

La pauvreté est persistante (77,1 % de la population vit avec moins de 1,90 USD par jour), et les inégalités et le sous-emploi (86 % des actifs selon l’enquête 1.2.3 de 2012) sont élevés. Les jeunes ont un accès limité à l’emploi et à l’insertion socioprofessionnelle.

Facteurs favorables et défavorables

L’adoption prévue du Plan stratégique de développement couvrant la période 2019–2023 donnera plus de visibilité sur les priorités nationales. Le faible endettement du pays (13,7 % du PIB au titre de la dette extérieure et 6,5 % pour la dette intérieure en 2018) constitue une opportunité pour la mobilisation de nouveaux financements extérieurs concessionnels.

Par ailleurs, la normalisation de la situation politique et la nouvelle volonté de réforme et de lutte contre la corruption instaurent un climat de confiance, propice à de nouveaux investissements privés dans les secteurs porteurs de l’économie. Le taux d’inflation devrait rester autour de 5 % en 2020 et 2021.

La négociation d’un programme économique et financier à moyen terme soutenu par le FMI ouvrirait de nouvelles perspectives pour le financement de l’économie, Les perspectives indiquent une décélération de la croissance en 2020 (3,9 %) et 2021 (3,5 %), imputable à la baisse de la production minière. La balance courante pourrait se détériorer davantage en 2020 (–3,7 % du PIB) et 2021 (–4,4 % du PIB) et le solde budgétaire rester déficitaire (0,2 % du PIB en 2020 et 0,3 % en 2021) en partie à la suite du financement de la politique de gratuité de l’enseignement.

La forte dépendance de l’économie aux produits miniers l’expose aux fluctuations des cours mondiaux. La forte dollarisation de l’économie limite l’efficience de la politique monétaire. La faiblesse structurelle des recettes internes limite le financement adéquat des programmes prioritaires. Le déficit infrastructurel dans la plupart des secteurs constitue une contrainte majeure au développement des activités économiques.

La RDC est classée au 184e rang sur 190 pays dans le rapport « Doing Business » 2019 de la Banque mondiale. La persistance de l’épidémie de maladie à virus Ebola dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, favorisée par l’insécurité, menace la poursuite des activités économiques dans ces zones.

Source: African Economic Outlook (AEO) 2020