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Perspectives économiques en Tanzanie

Performances macroéconomiques et perspectives

La croissance du PIB réel est estimée à 6,8 % en 2019, en légère baisse par rapport au taux de 7 % en 2018. Les perspectives de croissance de la Tanzanie se fondent sur une consommation privée robuste, des dépenses publiques substantielles, une forte croissance des investissements et la reprise des exportations. Le tourisme, le secteur minier, les services, la construction, l’agriculture et l’industrie manufacturière sont parmi les secteurs notables. La croissance devrait être globalement stable, avec un taux de 6,4 % en 2020 et de 6,6 % en 2021, si tant est que les conditions météorologiques se montrent favorables, et que le gouvernement mette en place une gestion budgétaire prudente, qu’il remédie aux faiblesses du secteur financier et qu’il mette en œuvre des réformes visant à améliorer l’environnement des affaires.

L’inflation est tombée à 3,3 % en 2019, contre 3,6 % en 2018, grâce à une amélioration de l’approvisionnement en produits alimentaires. Le shilling tanzanien est resté relativement stable en 2019, s’échangeant en moyenne à 2 290 pour un dollar, contre 2 263 en 2018. Le déficit budgétaire, financé principalement par la dette extérieure concessionnelle, s’est élevé à 2,0 % du PIB en 2019, contre 1,3 % en 2018, et devrait se stabiliser à 1,9 % en 2020 et 2,2 % en 2021. La dette publique extérieure, dont 63 % est concessionnelle, repré- sentait 70,4 % de la dette publique totale en 2019. Le déficit du compte courant s’est légèrement creusé à 3,4 % du PIB en 2019, contre 3,3 % en 2018.

Facteurs favorables et défavorables

Le maintien de la stabilité politique, la situation géographique stratégique de la Tanzanie, son économie diversifiée, sa richesse en ressources naturelles, ainsi que le solide bilan de gouvernance économique du pays laissent anticiper des perspectives à moyen terme positives avec des avancées vers la réalisation des objectifs de développement à long terme. Les notes de gestion des finances publiques sont toujours restées supérieures à 4 (sur 6) depuis 2013, selon l’Évaluation politique et institutionnelle du pays.

L’ambitieux programme de développement du gouvernement actuel se concentre sur la création d’un meilleur environnement économique grâce à une infrastructure améliorée, l’accès au financement et des progrès en éducation. Le gouvernement tanzanien cherche à tirer parti des atouts et opportunités auparavant sous-exploités. Le gouvernement donne la priorité aux efforts visant à améliorer l’administration publique et à gérer les ressources publiques pour de meilleurs résultats en matière sociale. Tous ces efforts sont destinés à restaurer la confiance du public dans l’État au moment où celui-ci met en œuvre la Vision nationale Tanzanie 2025.

Le pays affiche les premiers signes d’une transformation structurelle lente, mais régulière dans des secteurs clés, avec par exemple le transfert continu de la main-d’œuvre de l’agriculture vers les services, et même vers l’industrie. Les emplois agricoles représentaient 71,4 % du total des emplois en 2008, mais seulement 66,3 % en 2018, tandis que l’emploi industriel est passé de 5,7 % à 7,1 % sur la même période. Les emplois dans les services, eux, ont connu une augmentation de 22,9 % à 26,6 % dans le même temps.

Les principaux défis à moyen et à long terme sont, entre autres, une faible croissance de la productivité totale des facteurs, un déficit d’infrastructure substantiel, un taux de pauvreté considérable et une inadéquation de l’offre et de la demande de compétences sur le marché du travail. La productivité des facteurs est généralement faible, en particulier dans l’agriculture, où sa croissance n’a été que de 0,4 % en moyenne entre 2015 et 2017. La Tanzanie n’a pas accès aux financements de développement nécessaires pour combler l’énorme déficit d’infrastructure qui découle de l’importante superficie du pays.

La pauvreté, les inégalités et le chômage des jeunes persistent malgré la croissance énergique de ces dernières années. La pauvreté a diminué entre 2012 et 2018, mais au rythme plus lent de 6,4 %, en comparaison du rythme de 18,0 % observé entre 2007 et 2012. Le chômage des jeunes est passé de 5,7 % en 2012 à 7,3 % en 2016. de plus, les inscriptions dans l’enseignement secondaire pour les jeunes de 15 à 24 ans ont baissé de 30,0 % à 24,7 %, ce qui compromet l’offre de compétences sur le marché du travail.

La politique gouvernementale visant à améliorer le climat des affaires et des investissements est encore en cours d’élaboration, en particulier en matière de politique et d’administration fiscales, d’accès à des financements abordables et de processus gouvernementaux. Le Global Competitiveness Report pour 2019 a souligné certaines améliorations clés dans l’adoption des TIC, la stabilité macroéconomique, le système financier et le dynamisme des entreprises.