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Perspectives économiques en Sierra Leone

Performances macroéconomiques

La croissance du PIB réel à environ 3,5 % en 2018 est plus basse que celle enregistrée en 2017 (5,8 %) du fait des faibles extractions de minerai de fer, inférieures aux prévisions, de la baisse des prix depuis 2014, et de la fermeture, en 2017, de la principale compagnie minière, Shandong Iron and Steel Company.

Le déficit budgétaire se creuse jusqu’à –7,7 % du PIB en 2018 contre –6,8 % en 2017, principalement en raison d’un manque de mobilisation des recettes et du dépassement de budget lié aux élections. La dette publique a largement augmenté, de 55,9 % du PIB en 2016 à 60,8 % en 2017. Pour remédier à cette situation, de nouvelles mesures ont été prises : l’adoption d’un compte unique du Trésor et la réduction des dérogations et exonérations de droits de douane.

La Banque centrale a proactivement mis en oeuvre une politique monétaire rigoureuse et limité son soutien au financement public. Cependant, les faiblesses quant au contrôle interne continuent de menacer l’accumulation de réserves de change et la stabilité macroéconomique. Depuis 2016, le taux de change s’est déprécié de plus de 30 % et en 2018, l’inflation reste élevée, à environ 13,9 %.

En 2018, le déficit de la balance courante se creuse à –16,9 % contre –13 % en 2017, en raison de la hausse des importations de biens de consommation et des faibles performances à l’exportation. Les exportations sont notamment constituées par des produits non transformés : l’or, les diamants, le minerai de fer, et les noix de cajou tandis que les importations comptent principalement le riz, le pétrole et les machines. La croissance du PIB réel devrait atteindre 5,6 % en 2019 et 5,8 % en 2020 tirée par la hausse des investissements agricoles et miniers privés, et ce, dans un contexte de réformes du climat des affaires.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Les perspectives de croissance s’accompagnent de déséquilibres macroéconomiques. Le déficit budgétaire, financé en partie par l’accumulation d’arriérés de paiement, devrait persister et constitue un risque important pour la croissance économique, du fait de la compression des liquidités et de l’augmentation du coût des projets d’investissement. Le gouvernement envisage l’adoption de politiques fiscale et monétaire plus prudentes et fait preuve d’une ferme volonté politique d’amélioration.

Le déficit est dû en partie à l’accroissement des investissements publics dans les infrastructures, telles que les routes et l’énergie, qui, à moyen et long terme, devrait stimuler l’activité économique.

Cependant, les déséquilibres macroéconomiques persistants pourraient menacer la croissance économique, notamment le déficit budgétaire et l’augmentation du déficit de la balance courante à –18,4 % en 2019 et –20,8 % en 2020, causés par la faible croissance des exportations agricoles et minières. Parmi les autres facteurs de risques figurent la dette publique, toujours à la hausse, et les chocs des prix des matières premières. D’une manière générale, le pays est extrêmement vulnérable aux chocs externes du fait de sa dépendance vis-à-vis des exportations de matières premières.

Le gouvernement a engagé plusieurs réformes. La loi sur l’exploitation minière doit améliorer le régime fiscal des sociétés minières, en permettre une meilleure supervision et en augmenter les recettes. Deux politiques, lancées en 2018, visent à assurer la durabilité financière dans le secteur de l’énergie, particulièrement dans la mise en oeuvre des objectifs suivants : l’accès universel à l’électricité et l’augmentation du bouquet énergétique. Enfin, la Feuille de route du pays pour la transformation agricole nationale (2018) a pour objectif d’accroître l’autosuffisance en riz du pays, le développement de l’élevage et la diversification des cultures, et pour ce faire a déterminé quatre axes stratégiques : l’amélioration de l’environnement politique, la promotion des femmes et des jeunes dans l’agriculture, la mise en place d’une mécanisation dirigée par le secteur privé, et la gestion durable de la biodiversité.