CI - PROJET D’AMENAGEMENT ET DE FACILITATION DE TRANSPORT SUR LE CORRIDOR BAMAKO-ZANTIEBOUGOU


Aperçu

  • Référence: P-Z1-DB0-152
  • Date d’approbation: 27/06/2018
  • Date de début: 23/05/2017
  • Date d'évaluation: 03/06/2015
  • Statut: En coursOnGo
  • Agence d'implémentation: MINISTERE DES INFRASTRUCTURES ECONOMIQUES
  • Emplacement: Worodougou & Bagoué/CI - Sikasso/Mali

Description

1 Le présent projet porte sur l'aménagement de sections de route situées sur le corridor Bamako-San Pedro entre le Mali et la Côte d'Ivoire (une section de 140 kms au Mali et une section de 135 kms en Côte d'Ivoire), qui constitue un axe alternatif de désenclavement des pays de l'hinterland voisin. Son exploitation est inscrite dans les stratégies de développement des dessertes des deux pays, dans un contexte d'accroissement des trafics passant par le Port de San Pedro et de mise en œuvre de projets massifs visant à faire de cette plate-forme un véritable port de transit, non seulement pour le Mali et le Burkina, mais aussi pour la partie septentrionale de la Guinée voisine. Ces routes sont inscrites aux programmes prioritaires de l'Union Economique et Monétaire Ouest africaine (UEMOA) et de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

11.2 La continuité du trafic sur le corridor Bamako-Zantiebougou-Boundiali-San Pedro est toutefois, handicapée par le mauvais état des routes en terre entre Zantiébougou et la frontière ivoirienne (140 km) au Mali et entre Boundiali et Kani (135 km) en Côte d'Ivoire. En effet, le niveau de service actuel sur ces sections est médiocre (6 heures entre Kani et Boundiali en Côte d'Ivoire pour 135 km et le même temps entre Zantiebougou et la frontière ivoirienne au Mali pour 140 km). Le parcours sur ces sections est long et périlleux, induisant des coûts de transports élevés et donc peu compétitifs et exerçant un effet dissuasif sur les déplacements de personnes et de biens.

11.3 Le projet s'intègre, également, dans le plan de développement du Port de San Pedro qui se positionne comme un port de transit compétitif pour la desserte du Centre-ouest, du Sud-Ouest et du Nord-Ouest de la Côte d'Ivoire et pour son hinterland se prolongeant vers le pays limitrophes sans littoral (Mali, Burkina). Les routes du projet trouvent, en outre, une articulation avec le corridor alternatif Bamako-Bougouni-Manankoro-Odienné-San Pedro dont l'aménagement ultérieur aura un effet intégrateur amplifié par l'interconnexion vers la Guinée forestière et l'Est Libérien.

11.4 La zone d'influence du projet couvre les régions du Worodougou et de la Bagoué en Côte d'Ivoire et de Sikasso au Mali où l'incidence de la pauvreté atteint des seuils critiques. Ces régions recèlent cependant de vastes superficies agricoles non exploitées à cause principalement du mauvais état des infrastructures de transport. Les régions traversées par les routes du projet ont subi les effets des crises politico-militaires qui ont affecté le capital d'infrastructures existant. Les routes du projet font, en outre, la jonction entre la zone côtière et le Sahel reconnu comme l'épicentre de la problématique sahélienne et un cas d'école compte tenu du nombre de ses facteurs de fragilité (enclavement, aléas climatique, montée de l'intégrisme etc.). Le projet contribuera, dans ce contexte, à la consolidation des dividendes de la paix et à l'optimisation du potentiel de développement de la zone.

11.5 Les mesures de facilitation du transport intégrées au projet visent à faire du corridor Bamako-San Pedro, un axe routier affranchi de toutes barrières non tarifaires et ce, par un recours volontariste aux technologies de l'information et de la communication. Celles-ci comprennent, entre autres, la construction du poste de contrôle unique frontalier, l'interconnexion des systèmes informatiques douaniers, la mise en place d'un guichet unique portuaire au port de San Pedro et d'un système de suivi électronique des marchandises et véhicules le long de ce couloir. Les résultats attendus de l'exécution de ce projet seront appréciés en rapport avec:

(i) l'amélioration du niveau de service sur le corridor et l'accroissement du trafic et des échanges commerciaux entre les deux pays;

(ii) la réduction des coûts du transport et logistiques; et

(iii) l'amélioration des conditions de vie des populations riveraines et de leur accès aux services sociaux de base (eau potable, écoles, centre de santé, etc.).

11.6 Le projet comprend également des mesures sociales connexes visant l'amélioration des conditions de vie des populations riveraines, et en particulier, leur accès aux services sociaux de base. Le projet bénéficiera directement ou indirectement, à tous les usagers du corridor et, principalement, à ceux impliqués dans les activités de production agricole et d'importation d'intrants et de produits de consommation courante. L'agriculture dans la Zone d'Influence du Projet (ZIP) constitue la première source de revenus pour les populations vivant dans ladite zone. Cette activité agricole concerne essentiellement les cultures vivrières mais également les cultures de rente telle que la noix de cajou. La zone d'influence directe du projet touche une population d'environ un million d'habitants, la zone élargie avoisinant cinq millions d'habitants, répartis de façon quasi-équitable de part et d'autre de la frontière.

11.7 Le projet s'articule autour des cinq composantes ci-après: (1) Travaux Routiers; (2) Aménagements Connexes; (3) Facilitation du Transport; (4) Etudes et Appui Institutionnel au Secteur du Transport; (5) Gestion du Projet


Objectifs

L'objectif général du projet est de contribuer à la promotion l'intégration sous-régionale au sein de l'UEMOA et à l'accroissement des échanges entre le Mali et la Côte d'Ivoire. L'objectif spécifique du projet est d'améliorer:

(i) le niveau de service de la chaine logistique de transport sur l'axe routier Bamako-San Pedro passant par Zantiebougou au Mali et Boundiali en Côte d'Ivoire,

(ii) accroitre les échanges entre les deux pays et

(iii) les conditions de vie dans la zone du projet.


Justificatif

Les routes du projet sont inscrites aux programmes de développement des 2 pays:

(i) le Plan National de Développement (PND 2012-2015) pour la CI et;

(ii) le CSCRP 2012-2017 pour le Mali. Le projet s'intègre en outre dans le Programme d'Actions Communautaires des Infrastructures et du Transport Routier (PACITR) de l'UEMOA et est conforme à la Stratégie décennale 2013-2022 de la Banque qui donne la priorité à l'infrastructure. Les routes du projet sont, par ailleurs inscrites dans la Stratégie d'Intégration Régionale de la Banque pour l'Afrique de l'Ouest ainsi que dans les Documents de Stratégie de la Banque, respectivement, pour la CI (2013-2017) et le Mali (2012-2016).

9.2 Des trois pays sans littoral d'Afrique de l'Ouest, le Mali est le seul à présenter, au plan géographique, deux portes d'accès océane directes débouchant, respectivement, sur les ports d'Abidjan et de San-Pedro, à savoir:

(i) l'axe Bamako-Bougouni-Zantiébougou-Sikasso-Zég oua-Ferkéssédougou-Bouaké-Abidjan (1.208 km), classé CU21 à partir de Zantiébougou dans le réseau routier de l'UEMOA et l'axe Bamako-Zantiébougou-Kolondiéba-Kadiana-Tengrela-Boundiali - Séguéla-Daloa-San Pedro (1.073 km), classé CU6 à partir de Zantiébougou, également, sur le même réseau. Après le port de Conakry en Guinée, le port de San Pedro est ainsi le plus proche de Bamako.

9.3 Les tronçons Zantiébougou-Frontière CI (140 km) au Mali et Tengrela-Frontière Mali (35 km) en CI, objet du présent projet, constituent les seuls tronçons restant en terre sur le corridor Bamako-San-Pédro. Leur aménagement et bitumage permettra de combler ces maillons manquants et d'offrir une voie alternative pérenne et moins longue de désenclavement du Mali vers la CI. Le projet trouve une articulation avec celui de la route Boudiali-Tengrela-Frontière du Mali en territoire ivoirien, financé par:

(i) la BOAD et la BIDC entre Boudiali et Tengrela; et

(ii) la BID, entre Tengrela et la frontière du Mali.

9.4 Au Mali, sur financement de l'UE, un document de politique nationale des transports et infrastructures de transport assorti d'une stratégie sectorielle et d'un programme pluriannuel d'actions et d'investissements a fait l'objet d'une validation au cours d'un atelier d'experts tenu en 2012. En attendant l'adoption formelle de ces documents par le Gouvernement, un Plan de Relance Durable (2013-2014) a été approuvé dans la situation de crise politique vécue par le pays, dont l'objectif affiché est de surmonter le handicap du désenclavement grâce à des infrastructures appropriées, des services de transport efficaces, fiables et sûrs qui assurent un approvisionnement du pays à moindre coût, afin de répondre aux besoins des populations de façon pérenne, sur le plan social, économique et environnemental et, en conséquence, impulser le développement et la lutte contre la pauvreté.

9.5 En CI, le PND visé plus haut répond à l'urgence imposée suite à la crise politique qui a secoué le pays, de sauvegarder le patrimoine routier existant pour y garantir un niveau minimum de service. Le positionnement, par ailleurs, de la desserte par le port de San Pedro comme principale porte océane des pays de l'hinterland que sont le Mali, le Burkina Faso, et limitrophes que sont le Libéria et la Guinée est affirmé et transcrit, comme tel, dans le schéma directeur de cette plate-forme à l'horizon 2035 et dont le lancement a eu lieu en mai 2014. Le Gouvernement s'est engagé ainsi à soutenir les projets structurants du port de San Pedro et de son arrière-pays à hauteur de six mille (6000) milliards de FCFA. La CI ne dispose pas encore, ni d'un document de politique nationale, ni d'une stratégie et plan d'actions régissant le pilotage du secteur. Le présent projet vise à combler cette lacune en finançant une étude relative à la politique et à la stratégie d'intervention dans le sous-secteur des transports routiers.

9.6 Au plan régional, les routes communautaires Cu21 et Cu6, ont été identifiées comme des axes majeurs dont l'amélioration de la compétitivité permettra de promouvoir le commerce et les échanges entre le Mali et la Côte d'Ivoire. Ces axes sont en effet classés dans le réseau de l'UEMOA parmi les routes prioritaires inscrites au (PACITR) de l'UEMOA et du Programme Régional de Facilitation des Transports et du Transit Routier Inter-Etats (PRFTTRIE) de la CEDEAO dont la période de mise en œuvre s'étend de 2005 à 2015.

9.7 Le niveau de service actuel des tronçons Zantiébougou-Frontière CI (140 km) au Mali et Tengrela-Frontière Mali (35 km) en CI sur le corridor Bamako-San Pedro est médiocre et se caractérise par un temps de parcours très long et périlleux, ce qui se traduit par des coûts de transports élevés et donc peu compétitifs. Par ailleurs, le coût environnemental et social est élevé en raison des nombreux accidents enregistrés quotidiennement sur cette route et les nuisances environnementales causées dans les régions traversées. Il s'ensuit que les régions Nord-Ouest de la Côte d'Ivoire et Sud du Mali sont enclavées, ce qui compromet les échanges commerciaux et décourage la production agricole de ces régions à fort potentiel.

9.8 D'une manière générale, la persistance des nombreux contrôles accompagnés de perceptions illicites ainsi que le recours à des procédures complexes et redondants pour le traitement des opérations de transit routier inter-Etats et l'absence d'infrastructures frontalières appropriées, entament la compétitivité des corridors. Le présent projet vise à contribuer à la levée de certains des obstacles ci-dessus évoqués, en soutenant le Programme d'action Communautaire des Infrastructures et des transports Routiers (PACITR) de l'UEMOA et le programme de facilitation des transports de la CEDEAO.

9.9 En conformité avec la Stratégie décennale 2013-2022 de la Banque, La composante " aménagements connexes et mesure en faveur des femmes " du projet prévoit des actions devant contribuer au renforcement de la résilience de la population dans la ZIP, sous la forme d'infrastructures et équipements divers.


Bénéfices

Le projet bénéficiera directement ou indirectement, à tous les usagers du corridor et, principalement, à ceux impliqués dans les activités de production agricole et d'importation d'intrants et de produits de consommation courante. L'agriculture dans la Zone d'Influence du Projet (ZIP) constitue la première source de revenus pour les populations vivant dans ladite zone. Cette activité agricole concerne essentiellement les cultures vivrières mais également les cultures de rente telle que la noix de cajou. La zone d'influence directe du projet touche une population d'environ un million d'habitants, la zone élargie avoisinant cinq millions d'habitants, répartis de façon quasi-équitable de part et d'autre de la frontière. ..


Contacts clés

ILBOUDO Jean-Noel - RDGW3


Coûts

Source Montant
BADEUR 38.946.251
FADEUR 23.237.620
GovernementEUR 170.409
Co-financierEUR 10.828.731
DeltaEUR 56.119.297
TotalEUR 129.302.309
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