Dakar-Diamniadio : l’autoroute de l’espoir

Contexte

Dakar, la capitale sénégalaise, comme toutes les villes-capitales africaines, connaît les défis posés par l’urbanisation accélérée : transports, logements, mobilité, sécurité des biens et des personnes.

Dans la ville-capitale sénégalaise, les problématiques urbaines décuplent du fait de la concentration urbaine et de la géographique physique du terrain. En effet, alors qu’elle n’offre aucune possibilité d’extension sur sa partie sud-ouest parce qu’elle est une presqu’île, Dakar concentre 23% de la population totale du Sénégal, estimée à environ 15 millions de personnes.

D’un coût total de près de 388 millions d’euros, dont 65 millions apportés par la Banque africaine de développement (BAD), l’autoroute Dakar Diamniadio a été accueillie comme un immense soulagement par les Sénégalais vivant à Dakar et dans sa grande banlieue.

Après l’ouverture à la circulation de l’autoroute longue de 45 km en août 2013, le temps du trajet entre Dakar et sa grande banlieue est passé d’une heure 30 auparavant à seulement 30 mn aujourd’hui. Ce qui a permis à des milliers de Sénégalais d’habiter en grande banlieue tout en venant quotidiennement travailler à Dakar. D’autres Sénégalais en ont profité pour devenir propriétaires de leurs appartements dans le nouveau pôle urbain et économique constitué autour de Diamniadio.

Outre l’amélioration des conditions de vie des Sénégalais, l’autoroute a apporté une vraie valeur ajoutée à l’économie sénégalaise. D’une part, elle améliore la compétitivité du port de Dakar et, d’autre part, elle encourage le développement du tourisme en facilitant l’accès à la zone touristique de Mbour et Saly, située à une centaine de km au sud-est de Dakar.

L’autoroute à péage contribue par ailleurs au renforcement de l’intégration régionale à travers une meilleure circulation entre le Sénégal et les pays de la sous-région.

« Cette autoroute est un projet ambitieux qui rejoint plusieurs priorités stratégiques de la Banque africaine de développement, notamment l’amélioration des conditions de vie des populations et l’intégration régionale. Dakar-Diamniadio fait partie des infrastructures structurantes et transformatrices de l’économie sénégalaise. », a soutenu Serge Marie N’Guessan, Responsable pays de la Banque africaine de développement pour le Sénégal.

Objectifs

Objectif

Considéré comme un modèle du partenariat public public-privé, l’autoroute, qui a été concédée pour exploitation au groupe français Eiffage, vise à :

  • Désengorger la capitale sénégalaise qui étouffe sous le poids de la concentration urbaine. Il s’agit d’un enjeu d’autant plus important que 23% de Sénégalais vivent aujourd’hui dans la capitale de leur pays
  • Favoriser l’émergence et la consolidation du nouveau pôle urbain autour de Diamnadio 
  • Améliorer les conditions de vie des populations riveraines de l’autoroute à Pikine irrégulier Sud (PIS), à Tivaouane Peulh 
  • Contribuer à l’intégration régionale en permettant la mise en œuvre des règlements sous-régionaux en matière de facilitation des transports

Les impacts

L’ouverture de Dakar-Diamniadio à la circulation a eu de très nombreux impacts positifs sur la vie des populations riveraines, sur l’économie régionale et sur le développement du tourisme national. Entre autres, l’autoroute a ainsi permis :

  • La réduction du temps de trajet entre Dakar et sa banlieue de deux tiers. Cette fluidité du trafic routier permet à de nombreux parents de rentrer tôt à la maison pour s’occuper du suivi régulier des résultats scolaires de leurs enfants. La baisse du temps de trajet a également permis de meilleures conditions d’évacuations sanitaires des malades de la grande banlieue vers les centres spécialisés de Dakar 
  • La création de plusieurs centaines d’emplois pendant la construction de l’autoroute et après son ouverture. Une attention particulière a été portée au recrutement des femmes et à leur accès à des postes d’encadrement
  • Une réelle bouffée d’oxygène a été apportée à l’économie locale à travers la construction d’un marché public à Tivaouane peulh et la réhabilitation de 4 marchés à Pikine Irrégulier Sud
  • Les conditions de vie des populations ont été améliorées à travers la construction de 2 postes de santé à Tivaouane Peulh et 4 autres centres sanitaires à Pikine Irrégulier sud
  • Contribution au renforcement de l’éducation avec la construction d’au moins 2 écoles primaires de 30 classes, d’un collège de 24 classes à Tivaouane peulh. Le même effort a été consenti à Pikine Irrégulier Sud où une école pour 2000 élèves a été construite et 11 autres écoles réhabilitées
  • Le loisir des populations et leurs pratiques religieuses ont été pris en compte à travers la construction d’un stade omnisport à Pikine Irrégulier Sud, d’un terrain sportif multifonctionnel à Tivaouane peulh ainsi qu’un centre socio-culturel et deux mosquées dans cette même ville
  • Les terrains occupés ont été sécurisés à travers la délivrance des titres fonciers pour 100% des habitations du programme prioritaire.
  • Afin de permettre l’exécution du chantier, 1200 familles ont été indemnisées et 1700 autres familles ont été réinstallées sur des sites construits à cet effet. 860 hectares de quartiers ont par ailleurs été restructurés et 27 km de routes urbaines assainies

Bien plus qu’une simple infrastructure routière, l’autoroute Dakar-Diamniadio s’est transformée depuis son ouverture en août 2013 en source d’espérance pour de nombreux Sénégalais, particulièrement ceux qui vivent à Dakar et sa grande banlieue.

Après la mise en service, en décembre 2017, de l’aéroport international Blaise Diagne qu’elle dessert, l’autoroute est devenue la porte d’entrée du Sénégal pour le voyageur qui y débarque. Elle est également un levier du renforcement de l’économie nationale tant parce qu’elle améliore l’accessibilité du port de Dakar que parce qu’elle réduit le temps du trajet entre, d’une part, Dakar, l’aéroport Blaise Diagne et, d’autre part, les zones touristiques de Mbour et Saly.

Dakar-Diamniadio profite autant aux Sénégalais qu’aux pays de la sous-région. Elle traduit la volonté de la Banque africaine de développement d’accompagner la lutte contre la pauvreté et de favoriser la transformation de l’économie africaine à travers la mise en œuvre de ses cinq priorités stratégiques dites High 5.

Oumar Ka, Chef de service PC route chez Eiffage, exploitant de l’autoroute

« Nous suivons en temps réel des événements qui se passent sur l’autoroute et nous sommes capables de porter assistance aux usagers dans un délai maximum de 30 mn. Nous sommes capables d’intervenir à tout moment parce que nous avons l’œil sur l’autoroute 24h sur 24. Aussitôt informés d’un accident, nous déployons une patrouille pour éviter un sur-accident. S’il y a des blessés, ils sont pris en charge par les sapeurs-pompiers. Tout le travail s’effectue en parfaite harmonie avec les autres services tels que la gendarmerie nationale et les sapeurs-pompiers.»
- Oumar Ka, Chef de service PC route chez Eiffage, exploitant de l’autoroute

Boubacar Ba, promoteur immobilier à Diamniadio

« L’autoroute place Diamnadio à équidistance de Dakar et Thiès et à seulement dix mn de l’aéroport Blaise Diagne. Cette position stratégique valorise l’immobilier dans tout ce secteur. Moi, j’habite à Thiès et je viens travailler ici près de Diamnadio en moins de 35 mn. Les Sénégalais adhèrent à notre projet de construire près 100 immeubles sur 38 hectares. Nombreux sont nos compatriotes qui se manifestent pour se porter acquéreurs d’appartements vendus à partir de 15 millions de FCFA. Cela change tout : avant, un fonctionnaire pouvait achever sa carrière et aller à la retraite sans devenir propriétaire. »

Boubacar Ba, promoteur immobilier à Diamniadio 

Khadidiatou Sow Bousso, cheffe viabilité, sécurité à Eiffage-Sénégal

« En tant qu’ingénieure génie civil, je pilote, sans complexe, une équipe d’une cinquantaine d’hommes. J’ai dans mon portefeuille tout ce qui touche à la sécurité des usagers : balisage, assistance aux usagers. Sur la base de mon expérience, je peux assurer qu’il n’y pas de métier réservé exclusivement aux hommes. Une femme peut réussir partout pour peu qu’elle ait les compétences adéquates pour le poste. Il est possible d’avoir du mal à être accepté dans une position hiérarchique par certains hommes. En pareil cas, il suffit de faire preuve de tact et de compétences. J’exhorte mes sœurs sénégalaises à travailler, à aller vers le savoir, côtoyer les hommes et à aimer ce qu’elles font. »

Khadidiatou Sow Bousso, cheffe viabilité, sécurité à Eiffage-Sénégal, exploitant de l’Autoroute Dakar-Diamnadio 

Sy Babou, propriétaire et gérant du restaurant « Le Carré d’As »

« Depuis la mise en service de l’autoroute, les clients viennent de partout à mon restaurant. Je suis passé d’une première salle qui peut assurer 70 couverts à une deuxième salle d’à peu près la même capacité. J’envisage désormais de construire une troisième salle pour faire face à la demande entraînée par l’arrivée de l’autoroute. Chaque fois que nous ouvrons une nouvelle salle, nous recrutons le personnel qui va avec et nous nous assurons les services de nouveaux prestataires. »

Sy Babou, propriétaire et gérant du restaurant « Le Carré d’As » à Keur Massar, près de Dakar