Adaptation dans le secteur agricole au Malawi : aider les communautés locales à parer aux conditions météorologiques extrêmes

Project beneficiary, Ms. Nankhonde, hands over two goats to a secondary beneficiary.

Contexte

Le Malawi, comme de nombreux pays d’Afrique australe, connait des variations météorologiques de plus en plus extrêmes, entraînant – entre autres conséquences – un rendement des cultures faible, voire leur destruction du fait de la sécheresse ou des inondations. Certaines régions du pays font face à une modification de la pluviométrie et à une hausse des températures, qui raccourcissent la saison agricole. Les pluies, qui tombent de novembre à mai, varient d’une région à l’autre du pays – de moins de 600 mm dans le sud à plus de 1 800 mm dans les hautes terres. A cause des sécheresses et inondations fréquentes, il y a moins de ressources et de connaissances, ce qui rend la population plus vulnérable aux catastrophes. En raison de la recrudescence du paludisme et du choléra causée par le changement climatique, les petits exploitants agricoles passent plus de temps à soigner les maladies et moins à cultiver leurs champs.

Adaptation dans le secteur agricole au Malawi : aider les communautés locales à parer aux conditions météorologiques extrêmes

Aperçu du projet :

Pays : Malawi
Secteur : Agriculture
Financements de la  BAD ou associés : don de 3 millions de dollars EU du Fonds pour l'environnement mondial

Résultats :  

  • Au mois de mars 2015, les principales réalisations portaient sur l’élevage de bétail, la pisciculture, la plantation d’arbres fruitiers et l’amélioration de l’irrigation :
  • 681 383 arbres transplantés
  • 139 ha de cultures irrigués
  • 13 étangs de pisciculture créés et aménagés
  • 710 ha de terres et de zones humides protégés
  • 989 chèvres distribuées à un premier groupe de bénéficiaires en 2014
  • Plantation et entretien d’arbres fruitiers enseignés à 315 agriculteurs
  • 615 agriculteurs formés aux méthodes et pratiques de multiplication de divers types d’arbres fruitiers – bananiers, papayers, orangers et manguiers notamment – en 2014
  • 200 ha ensemencés avec des cultures résistant à la sécheresse
  • 291 agriculteurs sensibilisés à des variétés de plants à maturation précoce
  • 2,5 ha de zones tampons protégés.

Objectifs

Objectif

Depuis 2012, en partenariat avec le Fonds pour l’environnement mondial, la BAD s’efforce de renforcer la résilience aux variations météorologiques actuelles et aux futurs changements climatiques, en élaborant et mettant en œuvre des stratégies d’adaptation ainsi que des mesures destinées à accroître la production agricole et à améliorer les moyens de subsistance en faveur de plus de 300 000 habitants en milieu rural dans les trois régions ciblées au départ – Karonga, Dedza et Chikwawa. La Banque œuvre également à renforcer les capacités des agences nationales et régionales, afin d’encourager l’adaptation au changement climatique à l’échelle local.

Faits marquants

  • Ce projet est le tout premier à développer l’adaptation au changement climatique dans le secteur agricole au Malawi.

Les impacts

Grâce aux activités d’irrigation menées dans le cadre du programme appelé CARLA, la productivité agricole est passée de 1 tonne par hectare à 3,5 tonnes par hectare en moyenne. Les surplus générés grâce aux cultures irriguées ont permis d’améliorer la stabilité alimentaire, et la production et les revenus ainsi engendrés en plus aideront les membres de la communauté à être mieux préparés pour faire face aux pertes éventuelles de récoltes dues au changement climatique. 

Leçons apprises

Les dispositions institutionnelles sont de la plus grande importance. Le projet a souffert au départ de son rattachement direct à une institution qui ne disposait pas des connaissances ni des capacités adéquates dans le domaine de l’agriculture. Ces effets auraient pu être atténués au moyen d’une coordination plus étroite avec les agences disposant de l’expertise appropriée dans les domaines de l’agriculture comme du changement climatique.

Il faut mettre en place une unité de gestion du projet. Au cours du projet, une unité de gestion dédiée indépendante s’est révélée bien plus efficace que son homologue gouvernementale, vu que celle-ci ne disposait pas des ressources humaines ni des compétences requises pour assurer le décaissement des fonds en temps voulu. Mettre en place les structures administratives adéquates peut donc permettre de gagner énormément de temps lors de la mise en œuvre d’un projet.

Veiller à sa pérennité. L’aide au développement est limitée, or les partenaires sont souvent convaincus que l’appui au projet demeurera sine die – un sentiment qu’il est difficile de faire disparaitre. Afin d’éviter une trop grande dépendance des bénéficiaires, les projets doivent mettre l’accent sur le caractère temporaire de l’aide, quand bien même si les difficultés iraient croissant. Les projets doivent inciter les bénéficiaires à s’approprier et développer de nouvelles compétences et des programmes de formation, afin de devenir pleinement autonomes. Pour ce faire, les programmes de formation doivent être innovants, interactifs et élaborés de manière à encourager l’autonomie et la proactivité des agences nationales et régionales en lien avec l’agriculture et le changement climatique.

Recourir à des stratégies intégrées pour optimiser les bénéfices en termes d’adaptation. Le personnel affecté au projet ne doit pas mettre en œuvre les activités de manière indépendante, même si celles-ci sont fructueuses. Au contraire, mieux intégrer les activités permet de  maximiser les bénéfices en termes d’adaptation. Il faut donc réfléchir plus avant aux types  d’activités, à l’échelle individuelle et collective, susceptibles d’optimiser les risques et les bénéfices.

Élargir le dialogue entre les secteurs. Instaurer un dialogue plus large entre secteurs est une mesure d’atténuation qui pourrait permettre de réduire les risques associés à la mise en œuvre d’un projet dont la probabilité était peut-être jusque-ici peu élevée, mais augmente en raison du changement climatique. Par exemple, dans le cas de l’aménagement d’étangs de pisciculture, il faut accorder davantage d’attention au choix des espèces de poissons, compte-tenu du risque d’inondations, ou encore prendre en compte la manière dont les étangs, du fait de phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, affecteront la diffusion du paludisme au sein des communautés locales.

Le temps presse. S’agissant des efforts d’adaptation, la fenêtre d’opportunité est réduite. Par exemple, si les arbres plantés en bordure d’une rivière pour limiter l’érosion en période d’inondation n’ont pas le temps de s’enraciner suffisamment profondément avant le prochain épisode météorologique sévère, l’initiative sera vouée à l’échec.

As you are aware, this area of Karonga District has continued to suffer from severe drought conditions this season. Thanks to CARLA, which has allowed me to plant my own orchard, I don’t expect to feel the impact as much. I can sell bananas and paw paws to generate income to cover basic household needs. As a way of showing my appreciation to the project, I have so far established part of my garden as a nursery for providing seed materials to other interested farmers in the area for free. So far I have issued banana suckers to 15 farmers as planting materials for their own orchards. After providing the fruit trees, I follow up with training in their gardens using skills that officers from CARLA taught me. I have little doubt that within the next few years, most farmers in this area will have fruit trees in their homesteads.

- Mr. Abraham Simkonda, CARLA Lead Farmer, Karonga District

Our family has been vulnerable to climate change variability, as we had no quick way of generating alternative income so as to adapt to the harsh realities of weather patterns. In our area, every year we experience droughts and floods which resulted in our family having food only three months in the year. We did not even have the financial capacity to buy maize, which is a staple in our meals, resulting in some family members seeking temporary labor; a reduction in the number of daily meals; and some even resorting to begging. This has often impacted our integrity and standing in the community and shamed us. Since the beginning of the CARLA project, we have received two goats and have already given the offspring to other members of the community – there are now seven goats in our community in Khola. By the end of the project, we expect to own at least 20 goats, which we will be able to sell in the case of an emergency and during rough times.

Anonymous beneficiary in Moses, Chikwawa District

Ms. Nonkhonde received two female goats from the project’s livestock committee; the goats have had three rounds of offspring. At the end of the program, Ms. Nankhonde had five goats and had given two to other beneficiaries: “I am so happy that I have received five goats, which I never dreamt of having, thanks to the CARLA project. With my goats, hunger will soon be a thing of the past – they will reproduce and give me more goats. I urge my friends who have received the goats to take good care of them so that they may also benefit from the project’s activities.”

Ms. Eti Nankhonde, inhabitant, Karonga District.