La BAD finance la petite irrigation locale au Sénégal

Digue piste de Médina Djikoye
Digue piste de Médina Djikoye
Parcelle de riz à Koumpentoum
Parcelle de riz à Koumpentoum
Approche développement local dans la région de Kédougou
Approche développement local dans la région de Kédougou
Salle de classe à Koumpentoum financée par le biais du Fond de développement local
Salle de classe à Koumpentoum financée par le biais du Fond de développement local
Seuil aval de Keur Aliou Gueye
Seuil aval de Keur Aliou Gueye
Ouvrage de retenue de Dialacoto
Ouvrage de retenue de Dialacoto
Digue piste de Vélingara Pakane
Digue piste de Vélingara Pakane
Digue piste de Vélingara Pakane
Digue piste de Vélingara Pakane
Accueil d’une mission BAD sr la digue piste de Sémankol
Accueil d’une mission BAD sr la digue piste de Sémankol
Digue piste de Médina Namo
Digue piste de Médina Namo
Petit périmètre irrigué bananier de Sankagne
Petit périmètre irrigué bananier de Sankagne
Travaux de finition de l’ouvrage de retenue de Saré Moussa
Travaux de finition de l’ouvrage de retenue de Saré Moussa
Accueil d’une mission BAD par le Comité de gestion de la vallée de Sémankoly
Accueil d’une mission BAD par le Comité de gestion de la vallée de Sémankoly
Digue de protection sur l’île de Djirnda
Digue de protection sur l’île de Djirnda

Contexte

Le Sénégal est un pays sahélien fortement dépendant de l’agriculture. Ce secteur est confronté aux aléas climatiques et à la baisse globale de la pluviométrie observée ces dernières décennies (200 mm en 30 ans). Pour faire face à cette situation et compléter les aménagements de la vallée du fleuve Sénégal, le gouvernement a cherché à valoriser davantage les ressources en eau de ruissellement disponibles sur le territoire. 

C’est ainsi qu’a été conçu, au début des années 2000, le projet d’appui à la petite irrigation locale (PAPIL), dont l’objectif sectoriel est de contribuer à la réduction de la pauvreté et à la sécurité alimentaire, grâce à la promotion des infrastructures de maîtrise de l’eau et des mesures d’adaptation aux changements climatiques. La BAD a approuvé en octobre 2003 le financement de ce projet qui a pour sites quatre régions : Fatick, Kédougou, Kolda et Tambacounda.

Le projet est financé, par la Banque africaine de développement (BAD) à travers un prêt initial FAD de 22,2 millions de dollars EU, clôturé en décembre 2011, et un prêt supplémentaire d’un montant de 13 millions de dollars EU, qui se clôturera en décembre 2013. Depuis 2011, la Banque islamique de développement (BID) participe aussi au financement du projet par un prêt d’un montant de 14,47 millions de dollars EU.

Les activités exécutées dans le cadre du projet, selon une démarche de planification participative, prévoyaient:

  • la mise en valeur de plus d’une centaine de petits ouvrages et aménagements de maîtrise des eaux de ruissellement (micro-barrages, seuils, mares, bas-fonds, micro-périmètres, etc.),
  • la régénération de terres dégradées,
  • l’amélioration des conditions de vie des populations concernées,
  • l’accompagnement en appui conseil et en réalisation d’infrastructures socioéconomiques de base.

Objectifs

Faits marquants

De 2006 à ce jour, le projet a permis de réaliser 107 ouvrages et aménagements de maîtrise d’eau de ruissellement, répartis comme suit :

  • 3 grands ouvrages de retenue et de franchissement,
  • 32 micro barrages et seuils,
  • 31 petits ouvrages anti sel,
  • 19 mares pastorales,
  • 10 micro-périmètres irrigués,
  • 12 bas-fonds aménagés.

La surface totale de terres dégradées régénérées est de 2.785 ha, dont 1.867 ha de terres jadis salées et 918 ha de terres dégradées à cause de l’érosion éolienne et hydrique.

Les 223 infrastructures socioéconomiques de base réalisées se composent de cases de santé, de salles de classe, d’infrastructures hydrauliques, d’équipements de récolte et de post-récolte et de magasins de stockage. En matière de renforcement de capacités, 11.000 agriculteurs ont été formés.

Grâce à ces réalisations, le projet a notamment contribué à :

  • augmenter significativement le potentiel de terres cultivables : 241 ha en 2003 à 4.000 ha en 2011,
  • accroître les rendements en culture de riz : 1/ha en 2003 à 3-6 t/ha en 2011,
  • développer la production rizicole : 810 tonnes en 2007 à 15.750 tonnes en 2011,
  • développer la production horticole : 460 tonnes de légumes en 2007 à 4.650 tonnes en 2011,
  • atteindre l’autosuffisance en riz pour 6 à 8 mois, pour les populations des villages ayant bénéficié des sites aménagés,
  • augmenter de plus de 50 pour cent les revenus de plus de 7.000 exploitants.

La construction de petits ouvrages de maîtrise d’eau à faibles coûts mais avec de grands effets économiques et sociaux a permis de faire, sur certains sites, trois campagnes maraîchères dans l’année.

La mise en œuvre du PAPIL a entraîné l’émergence de pôles de développement autour des sites aménagés, marqués par la naissance d’activités économiques nouvelles. Elle s’est également accompagnée d’une gestion durable et concertée des ressources naturelles et de l’espace agro- sylvo-pastoral, tenant compte aussi des effets du changement climatique.

Les impacts

La mise en œuvre des activités du fonds de développement local créé dans le cadre du projet a contribué aussi à la satisfaction de besoins essentiels des populations, en matière d’accès aux services sociaux de base et d’allègement des tâches souvent dévolues aux femmes.

A la lumière des résultats probants du PAPIL, le développement de la petite irrigation à l’échelon local apparaît être une réponse adaptée à la lutte contre la pauvreté. La réflexion stratégique, initiée en matière de valorisation des eaux de ruissellement et s’inspirant de l’expérience du PAPIL, devrait déboucher à terme sur l’élaboration d’un programme national couvrant l’ensemble des régions du pays.

Ressources