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Le corridor Lomé-Cotonou, financé par la Banque africaine de développement pour 109 millions de dollars, va bientôt changer la vie des transporteurs routiers

23-déc-2019

« A l’approche de la frontière entre le Togo et le Bénin, je croise les doigts pour passer le moins de temps possible. Je prie surtout pour que soit vite achevé le corridor afin de rendre la circulation plus fluide ». Accoudé à l’avant de sa remorque de 20 tonnes, Issa Diaby reste de longues heures à observer, au loin, les travaux de construction du corridor juxtaposé entre les deux pays voisins d’Afrique de l’Ouest.

Il y a quelques jours, le chauffeur routier a quitté Abidjan, la capitale économique ivoirienne, pour Cotonou. Il stationne avec sa cargaison au poste frontalier togolais de Sanvee-Condji, en attendant de poursuivre sa route.

Samba Sidibé, lui, a choisi de s’allonger sous son camion. « Nous voulons toujours gagner du temps aux frontières. Avec le corridor, on gagnera certainement un peu plus en temps », souligne-t-il.

Le corridor entre Lomé et Cotonou, entièrement financé par la Banque africaine de développement à hauteur de 109 millions de dollars américains, par le biais du Fonds africain de développement, est la solution pour désengorger le trafic routier et répondre aux problèmes de transporteurs routiers.

Ce projet structurant en Afrique de l’Ouest entre dans le cadre de la mise en œuvre de la phase 1 du Projet de réhabilitation de la route Lomé-Cotonou et de facilitation du transport sur le corridor Abidjan-Lagos. Son objectif : unifier les procédures de contrôle aux points de passage frontaliers en ce qui concerne les personnes, les marchandises et les moyens de transport. « On a mis en place des moyens modernes en termes d’infrastructures, d’équipements et de traitement administratif et douanier dans le but de rendre le trafic plus fluide et de réduire les coûts qui y sont associés », explique Dabilgou Wend-Lassida, directeur des travaux de construction.

Les travaux sont aux trois quarts achevés, l’ouvrage devrait être livré en mars 2020. Le site a vu sortir de terre un bloc administratif (bâtiment de deux niveaux), une zone d’inspection des camions, un vaste entrepôt des douanes, cinq blocs sanitaires, des salles de contrôle pont bascule et scanner et un bâtiment de service-incendie pour accueillir une équipe de sapeurs-pompiers.

A l’extérieur ont été créés une zone de contrôle pour les piétons, un parc animalier et un local de contrôle vétérinaire, un abri pour les conducteurs de poids lourds, un abri pour piétons, des voies et parkings pour camionnettes ainsi qu’un réseau d’alimentation et de distribution d’énergie électrique, d’eau et de téléphone.

« Le niveau d’avancement de chaque secteur du chantier a dépassé 60%. Tous les travaux sont donc en phase d’achèvement afin de permettre une livraison dans les délais. Après, il va falloir mener la deuxième phase du projet qui porte sur la protection côtière », rappelle Dabilgou Wend-Lassida.

En effet, la phase 2 du Projet de réhabilitation de la route Lomé-Cotonou, approuvée en 2016, porte sur l’aménagement, en 4 voies, du tronçon routier Ayépozo-Aného, long de 30 kilomètres. Sa réalisation permettra de compléter le chaînon manquant sur la portion togolaise du corridor. Il comprend la construction de 28 épis et le rechargement en sable des côtes togolaises et béninoises ainsi que l’équipement du poste de contrôle juxtaposé. La Banque africaine de développement devrait contribuer au projet à hauteur de 188 millions de dollars.

« La construction de ce poste de contrôle unique vise à améliorer l’efficacité dans les opérations de transit et accroître la circulation des personnes et des biens dans la région et particulièrement entre les deux pays », résume Georges Bohoussou, responsable du bureau-pays de la banque au Togo.

« Il est prévu l’interconnectivité des systèmes douaniers, aussi les formalités douanières et d’immigration se feront dans un seul bâtiment, où vont cohabiter les services frontaliers togolais et béninois. Le temps de transit pour les voyageurs sera de courte durée et l’insécurité ne sera qu’un vieux souvenir », a conclu Bohoussou.