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Sénégal : la transformation des produits locaux dynamise l’économie rurale, avec le soutien de la Banque africaine de développement

05-déc-2019

A Sanankoro, dans la région de Kolda (sud du Sénégal), l’apiculture est devenue une activité prospère. La COOPAN, coopérative des apiculteurs du Niampampou, qui a aménagé une miellerie de 65 m2 composée d’une salle de transformation et un bloc d’hygiène, tire profit du fort potentiel de la région.

« Avant, nous produisions du miel avec des ruches traditionnelles installées dans la forêt et qu’on brûlait lors de la récolte, raconte Coutta Bomara, apiculteur. Nous avons reçu une formation sur la transformation du miel, des équipements et un lot de ruches modernes. Résultat : nous avons produit 132 kilos de miel de qualité en seulement trois mois », s’enthousiasme-t-il, avant d’ajouter : « Le P2RS a réalisé beaucoup d’infrastructures dans la région. Notre volonté est de faire de cette miellerie la vitrine pour toutes les autres au Sénégal ».

Le P2RS, Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sénégal, s’est lancé dans la sécurisation alimentaire et nutritionnelle en milieu rural, dans le sillage des acquis du Projet d’appui à la petite irrigation locale (PAPIL) et du Projet d’appui au développement rural en Casamance (PADERCA),

Financé par la Banque africaine de développement pour un montant de 35,8 millions de dollars américains, le P2RS participe à la transformation structurelle de l’économie et de la croissance du Sénégal. Approuvé en 2015 par la Banque, le programme, qui a soutenu six autres pays du Sahel, doit s’achever en juin 2020.

Au Sénégal, le projet a équipé quatre mielleries dans quatre régions différentes : Dialacoto à Tambacounda, Sinthiou Roudji à Kédougou, Samathite à Ziguinchor et Sanankoro à Kolda.

 

Transformation laitière et produits locaux

Le P2RS, qui intervient également dans la transformation laitière, a soutenu la réalisation et la modernisation de mini-laiteries dans les régions de Fatick et Tambacounda. Six mini-laiteries ont été équipées et rénovées, dont trois dans la région de Kolda, à Saré Yoba Dièga. Toujours à Kolda, le projet a fourni 10 vaches laitières et construit 6 mini-forages pastoraux avec abreuvoirs et équipements solaires.

Saidou Goulo Balde, désormais propriétaire d’une mini-laiterie à Kolda, est l’un des bénéficiaires du projet. « Par le passé, la transformation du lait durait toute la journée. Avec le nouveau pasteurisateur à bain marie, livré par le P2RS, je transforme 300 litres de lait en lait caillé en seulement une heure. C’est la première fois que j’utilise un équipement si moderne et ces innovations technologique », se réjouit-il.

Son pasteurisateur tourne à l’énergie solaire et ses factures mensuelles d’électricité ont été divisées quasiment par trois à 120 dollars. Saidou a même recruté trois nouveaux employés en plus des deux jeunes engagés. 

 

Autonomisation des femmes

Dans la région de Ziguinchor au sud du Sénégal, la transformation des produits non ligneux est aussi au cœur des interventions du P2RS. Le GIE Jiitoà Mlomp en est l’un des bénéficiaires. « Avec l’appui du programme, nous avons pu transformer beaucoup de produits locaux (mad, toll, ditakh, mangue, bissap, bouye). Nous mobilisons d’autres femmes pour un meilleur rayonnement de notre groupement », explique Alixe Niante Jamecon, présidente du GIE qui regroupe désormais 936 femmes.

Fort du slogan « Si on aide une femme, on aide toute une famille », le projet a fourni des équipements aux bénéficiaires du GIE : thermo-soudeuse, seaux, couteaux, balance-cuillère, blouses, mixeur et autocollants. Le Service régional des eaux et forêts a dispensé plusieurs formations sur la transformation des produits non ligneux, dans le cadre d’un partenariat avec le P2RS.

A terme, le projet veut accroître, de façon pérenne, la production et la productivité agro-sylvo-pastorales dans les régions de Fatick, Kédougou, Kolda, Matam, Tambacounda et Ziguinchor. Il représente un bel exemple de partenariat entre la Banque africaine de développement et un de ses pays membres régionaux.

En 2020, dernière année d’exécution, le projet compte avoir consolidé sa stratégie en vue d’assurer l’appropriation des réalisations par les bénéficiaires. Ces derniers ont souhaité un accompagnement dans l’élaboration de plans marketing et commerciaux.

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