Industrialiser l’Afrique

Diversification de l'économie

  • Augmentation de 130 % de la contribution de l'industrie au PIB
  • Appui à 35 grappes industrielles
  • Etablissement et renforcement de 30 PPP

L'Afrique se trouve à l'extrémité inférieure de la chaîne de valeur mondiale, sa part dans la manufacture mondiale n'étant que de 1,9 % environ. Les économies africaines demeurent trop largement tributaires des produits de base. Entre 2011-2013, les produits manufacturés représentaient seulement 18,5 % des exportations, tandis que 62 % de l'ensemble des importations étaient des produits manufacturés, un déséquilibre commercial qui dépouille le continent de ses richesses. Cette situation est pire dans les pays où une conjugaison de contraintes structurelles et l'instabilité politique mettent en péril tout effort de diversification et de transformation économique pilotées par le secteur privé. Ainsi, la plupart des pays n'ont pas créé les emplois requis pour absorber le nombre pléthorique de jeunes, ce qui contraint des centaines de milliers d'entre eux à partir pour l'étranger.

Pour libérer leur plein potentiel, les pays africains doivent lancer un programme audacieux tiré par des investissements dans la transformation industrielle sous l'égide du secteur privé. Il s'offre à l'Afrique une réelle opportunité de créer des emplois et de promouvoir la transformation économique inclusive par le développement de la manufacture au niveau national, et à travers un processus d'industrialisation axé sur les produits de base, en tirant parti des ressources du continent et des opportunités qu'offrent les changements qui s'observent dans la structure de la production mondiale. Pour exploiter les opportunités d'industrialisation qui se présentent à l'Afrique, il faudrait valoriser les produits nationaux, les produits de base agricoles et industrielles, et établir des liens en amont et en aval avec les chaînes de valeur régionales et internationales.

À travers la priorité « Industrialiser l'Afrique », la Banque s'attaquera à un éventail de problèmes et encouragera la création de valeur, l'emploi formel et les acquis commerciaux positifs, notamment par le truchement du commerce régional et l'amélioration de la balance des paiements. Elle soutiendra l'amélioration de la productivité par l'automatisation, la gestion de la qualité, l'amélioration des processus et de la formation. Dans la droite ligne de la Stratégie de développement du secteur privé du Groupe de la Banque, l'institution se consacrera à l'amélioration de la capacité des producteurs africains, principalement les fabricants et industries connexes, pour leur permettre de soutenir la concurrence avec les produits importés sur les marchés locaux et pour les relier aux marchés régionaux et internationaux. Elle soutiendra également le développement et l'expansion des PME, des niches industrielles et l'établissement de partenariats public-privé, comme moyen de mobiliser des ressources pour le financement du processus d'industrialisation.

Au titre de cette priorité, la Banque lancera six programmes phares devant accélérer l'industrialisation dans les secteurs ciblés, à savoir: i) promouvoir des politiques industrielles positives en fournissant aux gouvernements des services-conseils sur les politiques générales et une assistance technique, et en finançant des projets PPP clés; ii) accroître les financements dans les projets d'infrastructure et d'industrialisation en augmentant et en acheminant les fonds vers des programmes stimulateurs du PIB (projets d'infrastructure et d'industrialisation par des opérateurs publics et privés); iii) développer des marchés de capitaux liquides et efficaces en améliorant l'accès des entreprises africaines au financement du marché; iv) promouvoir et piloter le développement entrepreneurial en facilitant l'accès au financement par l'expansion de lignes de crédit axées sur les PME, en fournissant une assistance technique aux institutions de développement des PME (par exemple, les incubateurs, les institutions financières axées sur les PME, celles qui ciblent les populations mal desservies telles que les femmes), et renforcer les capacités des PME à travers des programmes de liaison avec les investissements du secteur privé; v) promouvoir des partenariats stratégiques en Afrique par l'établissement de liens entre les entreprises africaines et les projets majeurs et des partenaires et investisseurs potentiels à travers des activités promotionnelles, notamment le Forum africain des investissements ; et vi) développer des niches industrielles efficaces en aidant les gouvernements à créer de telles niches dans toute l'Afrique à travers une assistance technique et des financements pour la mise en œuvre et le suivi.

L'ambition de la Banque est de contribuer à doubler le PIB industriel d'ici à 2025 et permettre ainsi de porter son PIB industriel à 1,72 mille milliards d'USD, et son PIB général à 5,6 mille milliards d'USD, principalement par la dotation du secteur privé des moyens nécessaires pour conduire efficacement le processus d'industrialisation sur le continent. Ceci devrait stimuler le développement du secteur tertiaire et réduire la dépendance de l'Afrique à l'égard des produits de base, et contribuer par ailleurs à stimuler la croissance inclusive. Au cours des dix prochaines années, la Banque facilitera un investissement cumulé de 56 mille milliards d'USD pour la mise en œuvre des six programmes d'industrialisation phares.

Il est urgent pour l’Afrique de diversifier rapidement ses économies - et d’ajouter de la valeur à tout ce qu’elle produit. Exporter uniquement des produits de base conduit à des vulnérabilités - et aucune nation ou région ne s’est développée simplement en exportant des produits de base. 

– Akinwumi Adesina, président de la BAD

Cliquer sur le lien ci-dessous pour voir les diapos