Produits du savoir

Les articles et documents de travail qui ont vu le jour dans le cadre du projet STAARS couvrent différentes thématiques de recherche, qui toutes se rapportent au secteur agricole et au monde rural en Afrique, comme :

  • adoption et diffusion des technologies dans les chaines de valeur agricole 
  • liens entre agriculture, sécurité alimentaire et santé 
  • gestion des risques, accès aux capitaux et promotion d’une croissance inclusive et soutenable 
  • dynamiques de pauvreté et résilience aux chocs
  • les jeunes et les femmes dans la transformation agricole et rurale 
  • liens entre zones rurales et urbaines et emploi non-agricole.

Focus on STAARS publications

The Unintended Consequences of Agricultural Input Intensification: Human Health Implications of Agro-chemical Use in Sub-Saharan Africa,

Megan Sheahan, Christopher B. Barrett, and Casey Goldvale (2016)

Contexte – Si l’usage des produits agrochimiques permet d’augmenter les rendements et les revenus agricoles, leurs conséquences négatives potentielles sur la santé humaine sont bien souvent négligées – à tort. Cet avertissement est lancé par Shehan et al, qui explorent les liens entre l’utilisation des produits agrochimiques sur les champs agricoles, la valeur de la production agricole et une série de coûts et d’indicateurs de santé en Éthiopie, au Nigeria, en Tanzanie et en Ouganda. 

Enseignements de l’étude:

  • Les champs où les pesticides ont été appliqués ont vu la valeur de leurs récoltes augmenter en moyenne de 32 à 85 dollars EU (soit près de 33 %), selon les pays.
  • Les ménages recourant aux pesticides sont 4 à 9 % plus susceptibles de s’absenter au travail pour raison médicale que ceux qui n’en ont pas utilisés dans leurs champs.
  • Les efforts de vulgarisation pour informer les agriculteurs des impacts sanitaires négatifs potentiels de l’usage des produits agrochimiques peuvent aider à asseoir de meilleures pratiques : mieux informés, notamment sur les conditions idéales d’utilisation de tels produits, les paysans en font meilleur usage.


Occupational Choice and Agricultural Labor Exits in Sub-Saharan Africa,

Ellen B. McCullough (2016)

Contexte – À ce jour, on cromprend encore mal les processus microéconomiques qui régissent, en Afrique, les relations entre croissance de la productivité agricole, croissance non-agricole, départs du travail agricole, croissance économique en général et réduction de la pauvreté. Ces aspects microéconomiques de la transformation agricole en Afrique subsaharienne sont analysés par McCullough dans le contexte du choix occupationnel et des changements technologiques en Tanzanie. 

Enseignements de l’étude :

  • La participation au travail indépendant augmente en moyenne de 1,5 point de pourcentage lorsque le revenu du travail indépendant double ; et diminue de moins de la moitié d’un point de pourcentage quand la productivité du travail salarié double.
  • En cas d’amélioration de l’accès aux marchés (travail, crédit, assurance, terres…), les ménages aux prises avec les chocs de productivité du travail indépendant sont plus susceptibles de quitter le travail salarié et vice-et-versa, probablement en raison d’un sous-emploi plus faible ou de gains de spécialisation plus grands.
  • Les résultats de l’étude soulignent l’importance d’investir dans l’amélioration de la productivité des petits fermiers, notamment concernant les marges intensives de la participation agricole et dans les lieux à faible densité de population et à faible accès aux marchés.


Selling crops early to pay for school: A large-scale natural experiment in Malawi,

Brian Dillon (2016)

Contexte – Les ménages en difficulté financière doivent souvent vendre leurs produits agricoles plus tôt, pour financer des dépenses qui surviennent avant que les prix des aliments n’atteignent leur pic durant la saison creuse. D’où, parfois, un manque à gagner énorme pour les petits agriculteurs. Pour étudier les effets d’un important changement exogène du calendrier des dépenses sur le moment de ventes des aliments par les ménages, Dillon a recouru à des méthodes expérimentales appliquées aux données collectées au Malawi où, en 2010, le gouvernement a ordonné de déplacer le début de l’année scolaire de décembre à septembre. 

Enseignements de l’étude :

  • En finançant les coûts de l’éducation grâce à la vente des aliments, les ménages s’acquittent d’une pénalité de 2,50 à 8,50 dollars EU par enfant, soit près de la moitié du coût moyen de scolarisation d’un enfant à l’école primaire au Malawi.
  • Les conclusions de l’étude suggèrent que, pour les ménages qui sont très près de la limite de leurs capacités financières, des changements de politique en apparence bénins peuvent avoir des conséquences négatives inattendues.
  • Dans ce cas, l’accès à des crédits abordables est à même de permettre aux ménages de financer leurs dépenses scolaires à des taux plus faibles que ceux accordés par les marchés des produits alimentaires. Autre possibilité : un meilleur développement des marchés céréaliers pour amortir la sévérité des cycles de prix intra-annuels pourrait alléger la pénalité que subissent ceux contraient de vendre de façon précoce. 


Long term consequences of consumption seasonality,

Paul Christian and Brian Dillon (2016)

Contexte – La saisonnalité de la consommation en Afrique subsaharienne au fil de l’année soulève une question, à laquelle tente de répondre cette étude : une consommation importante en période de moisson et plus faible en saison creuse a-t-elle des résultats négatifs à long terme ? Il est question ici de nutrition et de développement des enfants sur le long terme. Pour ce faire, cette étude analyse des données longitudinales de la population en Tanzanie sur 20 ans. Y sont comparés les enfants dont les familles, bien qu’ayant les mêmes dépenses moyennes de consommation au cours de l’année, dépensent différemment selon les périodes creuses ou celles de moisson.

Enseignements de l’étude :

  • Un enfant au sein d’un ménage qui accroît de 10 % sa dépense journalière de consommation alimentaire pourrait gagner de 0,2 à 0,3 cm en taille et 0,08 à 0,3 année d’éducation en plus. Par comparaison, un ménage qui augmente de 10 % l’écart-type ou la variabilité de ses dépenses de consommation verrait une diminution de 0,04 à 0,09 cm de la taille de l’enfant et de 0,04 à 0,09 % de ses années de scolarité.
  • Les conclusions de cette étude indiquent que les interventions qui viennent soutenir la consommation durant la saison creuse pourraient être plus efficaces que celles qui proposent des avantages fixes tout au long de l’année. Par exemple, une politique qui incite un ménage à différer 65 % de ses achats de maïs de la saison haute à la saison creuse augmenterait la taille de l’enfant de 30 à 50 % et son niveau de scolarité de 25 à 30 %, outre se révéler efficace dans la lutte contre la pauvreté.

Credit constraints and farm productivity: Micro-level evidence from smallholder farmers in Ethiopia,

Adamon N. Mukasa, Anthony M. Simpasa, and Adeleke O. Salami (2017)

Contexte  – Dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, les exploitations agricoles sont de petite taille, très dépendantes de l’agriculture pluviale et, par conséquent, très sensibles aux changements climatiques. Quand ils doivent financer leurs activités productives (achat d’intrants modernes, mécanisation agricole ou expansion de la taille de leur ferme), les agriculteurs n’ont souvent pas les ressources financières suffisantes et le recours au crédit (formel et/ou informel) leur apparait comme la seule solution. Un accès limité, voire l’absence d’accès, au crédit peut entraver les activités agricoles. Mukasa et al (2017) ont examiné la nature, l’ampleur et les effets des contraintes de crédit dans l’agriculture africaine à travers un panel de 5 308 petits fermiers éthiopiens.

Enseignements de l’étude :

  • Les deux-tiers des fermiers interviewés ont un accès limité au crédit, la majorité d’entre eux (71,9 %) en raison des facteurs de risque (peur de voir sa demande rejetée, d’être incapable de rembourser,  ou de perdre sa garantie), et des coûts de transaction dissuasifs (14,33 %).
  • Les analyses empiriques indiquent qu’alléger les contraintes de crédit générerait des gains substantiels de productivité en Éthiopie, de 60 % environ. Spécifiquement, réduire les contraintes de crédit liées aux prix, risque et coûts de transaction produiraient les effets les plus importants avec respectivement 59,7 %, 39,8 %, et 27,7 % de gains de productivité.
  • Les résultats soulignent finalement que fournir aux agriculteurs une connaissance adéquate des services financiers disponibles (tels que des informations sur les demandes de prêts, les conditions de garantie, et celles de remboursement) ainsi que régler les défaillances du marché des assurances peuvent être primordiaux dans l’amélioration de la productivité agricole et du bien-être des agriculteurs.

Liste exhaustive des publications STAARS

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