Présentation du projet STAARS

Le projet STAARS, c’est quoi ?

STAARS est l’acronyme anglais de Structural Transformation of African Agriculture and Rural Spaces (“Transformation structurelle de l’agriculture et des espaces ruraux en Afrique”).

STAARS est un projet collectif de recherche dédiée à l’agriculture en Afrique, dans lequel sont engagés plusieurs partenaires à l’expertise avérée : la Banque africaine de développement – à travers son Département de politiques et de recherches macroéconomiques (dit ECMR par sigle anglais), placé sous l’égide de l’économiste en chef –, la Banque mondiale, le Partenariat en politiques économiques, le Consortium pour la recherche économique en Afrique, ainsi que l’université américaine de Cornell.

STAARS a démarré en 2014. Il s’inscrit dans la continuité d’un premier travail de collaboration de même nature qui, en 2013, a réuni la Banque mondiale, la BAD, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Banque mondiale, les universités de Cornell, Rome Tor Vergata, de Pretoria,  de Trento et de Yale, ainsi que la London School of Economics et la Maastricht School of Management, sur le thème « Agriculture en Afrique : mythes et réalités ». Ce projet, qui exploitait les données récemment collectées sur les conditions de vie des ménages agricoles en  Afrique (en anglais Living Standards Measurement Study-Integrated Surveys on Agriculture, LSMS-ISA »), avait déjà pour ambition de mettre à jour l’état des connaissances sur le secteur agricole en Afrique.

Au vu de l’ampleur du travail et des questions restées en suspens à la fin du projet « Agriculture en Afrique : mythes et réalités » en 2014, décision a été prise de le pérenniser pour continuer d’approfondir la recherche sur le secteur agricole en Afrique : ainsi est né le projet STAARS, dont la première phase a démarré en 2014 et la conférence inaugurale a eu lieu les 4 et 5 décembre 2015 à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Ouverte en juin 2016, la deuxième phase du projet, qui, outre renforcer les acquis de la phase précédente, vise à étendre la visibilité du projet STAARS et diffuser  les résultats des recherches menées, doit s’achever en septembre 2017.

Une troisième phase est prévue (2017-2018), avec, au programme, des activités de vulgarisation notamment – dont un workshop sur le secteur agricole africain en décembre 2017 et une conférence internationale sur la transformation structurelle de l’agriculture en Afrique vers la fin 2018.

STAARS a une vocation triple :

  • développer la recherche axée sur les politiques agricoles en Afrique ;
  • renforcer les capacités dans la recherche agricole en Afrique ;
  • faire un travail de vulgarisation des politiques agricoles en Afrique.

Le projet a pu voir le jour grâce au soutien financier de la Corée, à travers le Programme de partage des connaissances (KSP) de la Korea EXIMbank et le Fonds fiduciaire de coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC) que gère la Banque africaine de développement via son Département de mobilisation des ressources et des partenariats (FIRM).

STAARS, à quoi ça sert ?

En Afrique, l’agriculture contribue au quart du PIB du continent et emploie près de 65 % de la population active. C’est dire si elle est au cœur de l’économie et du quotidien de millions de gens. Qui plus est, 65 % des terres arables encore inexploitées dans le monde sont sur le continent.

Mais le problème est que l’agriculture africaine affiche une performance insuffisante, loin des standards internationaux en termes de productivité, de mécanisation (13 tracteurs pour 100 km2 en Afrique, contre 200 en moyenne dans le monde), d’utilisation des intrants, de chaîne de valeur (exemple avec le cacao : l’Afrique représente 69 % des exportations mondiales de fèves brutes de cacao mais 16 % seulement de cacao moulu, qui se vend deux à trois fois plus cher), et d’accès aux financements (le taux moyen de bancarisation du monde agricole n’excède pas 5 ou 6 % sur le continent).

Ces faiblesses s’expliquent en grande partie par des défis structurels (structure des coûts, infrastructures, gestion des terres, diversification des cultures, démographie…).

Résultats : l’Afrique demeure la seule région au monde où l’agriculture contribue davantage au PIB que l’agro-industrie. Et elle paye très cher la facture d’importations nettes de denrées alimentaires : 48,5 milliards de dollars EU en 2016 selon la FAO, un chiffre qui devrait bondir à plus de 110 milliards d'ici à 2025.

De nombreux pays continuent d’être en proie à l’insécurité alimentaire (plus de 232 millions de personnes souffrent de sous-nutrition sur le continent), tandis que le changement climatique fait peser une menace sérieuse. 

Il y a donc urgence –  d’autant qu’un quart de la population de la planète vivra en Afrique à l’horizon 2025, qu’il faudra nourrir. Il y a urgence à transformer le secteur agricole en Afrique pour en faire un moteur du développement et à intégrer les espaces ruraux dans la marche vers un développement inclusif et durable. C’est d’ailleurs ce pour quoi a été lancé dès 2003 le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA) avec la Déclaration de Maputo, réitéré en 2014 avec la Déclaration de Malabo.

C’est aussi pourquoi la BAD a fait de l’agriculture un pivot de son action pour la transformation de l’Afrique, le fondement de sa stratégie « Nourrir l’Afrique », l’une des Cinq grandes priorités qu’elle s’est assignées en 2015 – que vient compléter l’autre priorité « Industrialiser l’Afrique » et à laquelle fait écho celle visant à améliorer la qualité de vie des Africains. Pour ce faire, la Banque multiplie les projets, ainsi que les partenariats à l’instar de STAARS.

STAARS a pour objectif d’analyser les défis structurels qui se posent à l’agriculture en Afrique, pour aider les décideurs politiques à les résoudre en améliorant la productivité et la compétitivité du secteur, ainsi que les conditions de vie des populations qui en vivent (près de 65 % de la population active du continent).

Développer et valoriser la recherche et un réseau d’expertises sur les différents enjeux (économiques, humains, sociaux, spatiaux…) relatifs à l’agriculture en Afrique, et intégrer les enjeux de politique dans la recherche économique aident à mieux en appréhender les défis et les opportunités, et ainsi d’esquisser des recommandations concrètes en faveur de politiques agricoles à même de développer une agriculture africaine qui soit à la fois moderne, viable, lucrative et durable. En somme, il s‘agit avec STAARS de contribuer à la transformation du secteur agricole en Afrique.

Pour ce faire, STAARS produit à échéance régulière des articles, documents  de travail, des synthèses politiques ainsi que des résumés non-techniques, qui :

  • analysent les défis structurels qui entravent la productivité et la compétitivité du secteur en Afrique ;
  • promeuvent des politiques agricoles concrètes, innovantes et vertueuses, et le dialogue entre décideurs et chercheurs ;
  • offrent des études comparatives d’exemples à succès de transformation agricoles dont peuvent s’inspirer les pays africains
  • collectent et analysent en toute rigueur les données microéconomiques sur le secteur agricole.

À la mi-2017, une trentaine d’articles et documents de travail spécialisés ont été produits dans le cadre de STAARS et partagés au cours de conférences, ateliers de travail et séminaires, à Durban, Abuja, Addis-Abeba…

STAARS, qui fait un gros travail de vulgarisation scientifique, a aussi pour but de renforcer les capacités des jeunes chercheurs africains en économie et agriculture. Des formations prodiguées aux chercheurs sur l’accès aux bases de données et leur utilisation sont au programme en Afrique subsaharienne ; ainsi que des collaborations/ mentorats entre jeunes chercheurs africains et chercheurs seniors qui exercent au sein d’institutions de renom, à l’instar de la Banque mondiale ou de l’université de Cornell. Depuis 2016, une dizaine de jeunes chercheurs africains profite chaque année d’un séjour à l’Université de Cornell, aux Etats-Unis, afin d’y échanger avec des experts mondiaux du secteur agricole et de produire un article scientifique de bonne facture sur un thème important relatif au secteur agricole et au monde rural en Afrique et qui propose des solutions novatrices.

Finalement, STAARS a pour ambition d’aider à faire émerger en Afrique une nouvelle génération d’experts reconnus dans la recherche agricole.

À qui profite STAARS ?

Fidèle à sa vocation d’aider à formuler des politiques agricoles ad hoc, STAARS offre une expertise et un savoir précieux aux décideurs politiques du secteur en Afrique – ministères et administrations chargées de l’agriculture et du développement rural.

Ces produits du savoir de STAARS profitent également aux chercheurs et/ ou économistes, think tanks et cercles de réflexion, africains et d’ailleurs, en quête d’une littérature et de données scientifiques de qualité, à jour et référencées sur le secteur agricole africain.

Au-delà des Départements opérationnels de la BAD impliqués dans le déploiement de sa stratégie « Nourrir l’Afrique », tout ce savoir et cette expertise que STAARS vulgarise et met à disposition sont aussi utiles aux organisations de développement qui œuvrent en étroite collaboration avec les ministères de l’Agriculture et du Développement rural – et, au final, aux agriculteurs eux-mêmes –, puisqu’elles disposent désormais d’études comparatives objectives sur l’efficacité des politiques agricoles menées.

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