Revue sur l’efficacité du développement, Agriculture - édition 2016

L’agriculture est au cœur du développement de l’Afrique : 7 Africains sur 10 tirent leurs moyens de subsistance de l’agriculture. Alors que le continent connaît des taux de croissance impressionnants depuis plus d’une décennie, cette croissance n’a que peu touché les millions de personnes qui vivent de l’agriculture. L’Afrique n’a pas encore connu le miracle agricole qui a transformé hier d’autres régions en développement.

L’Afrique dispose pourtant d’un énorme potentiel agricole et la plupart des technologies qui lui permettront d’augmenter ses rendements sont déjà disponibles, à portée de main. L’agriculture africaine pourrait facilement devenir, moyennant de bonnes politiques et des investissements adaptés, le moteur d’une croissance inclusive à travers tout le continent.

Les projets de la Banque dans le secteur agricole ont déjà largement bénéficié aux agriculteurs : ils ont apporté de meilleures semences, des techniques d’irrigation, des technologies durables et un meilleur accès au financement et aux marchés. Ils ont augmenté les rendements, les niveaux de production et le revenu des agriculteurs avec, à la clé, une économie locale plus dynamique. Nous sommes cependant conscients qu’il reste encore beaucoup à faire.

L’ensemble des investissements réalisés dans l’agriculture africaine reste encore bien en deçà des niveaux qui permettront d’apporter des changements en profondeur et la prospérité. La croissance rapide de la population et de l’urbanisation en Afrique crée une importante demande en produits alimentaires et agricoles qui reste non satisfaite. Le continent a besoin d’une forte injection de financement, à la fois public et privé, dans toutes les étapes des chaînes de valeur agricoles, ainsi que d’une utilisation plus intelligente de ses ressources afin de créer des entreprises dynamiques dans tout le secteur et sur tous les marchés. Les petites comme les grandes agro-industries doivent être prises en compte pour s’assurer que le développement agricole génère une croissance inclusive.

Le moment est propice à une impulsion forte et durable en faveur de l’agriculture. C’est la raison pour laquelle la Banque a fait de la transformation de l’agriculture l’une de ses cinq grandes priorités (les « Top 5 »), les quatre autres étant : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des populations africaines.

Pour sa part – et en collaboration avec les gouvernements africains, les autres partenaires au développement et le secteur privé –, la Banque a recentré son aide sur la transformation de l’agriculture et de l’agro-industrie à l’horizon 2025. Nous travaillons à générer de meilleurs revenus pour les agriculteurs et les industriels du secteur agroalimentaire, notamment en créant de nouvelles opportunités pour les femmes et les jeunes, tout en favorisant l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la nutrition à travers le continent.

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Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le secteur de l’agriculture

Après des années de sous-investissement, le secteur de l’agriculture est de retour au sommet de l’ordre du jour africain. Le continent considère maintenant l’agriculture comme un puissant moteur de croissance économique, fortement inclusif en outre, puisque sept Africains sur dix vivent du travail de la terre. Avec des politiques appropriées et des investissements plus importants, le continent a un énorme potentiel pour stimuler les rendements et être un exportateur net d’aliments ; il pourrait devenir un marché alimentaire atteignant le trillion de dollars des États-Unis d’ici 2030.


Niveau 2 : Contribution de la BAD au secteur de l’agriculture

Au cours des cinq années de sa stratégie, valable jusqu’en 2015, la Banque a investi 5,5 milliards de dollars et mis en œuvre un portefeuille de 6 000 projets agricoles, pour développer les étapes de la chaîne de valeur et stimuler les rendements agricoles et la productivité. La Banque a également réagi rapidement aux crises alimentaires, introduit des engrais, des technologies et de nouvelles variétés de semences, amélioré l’accès des agriculteurs au financement et construit des routes, elle a investi dans des corridors de transport reliant les producteurs aux marchés urbains. De plus, la Banque a construit des systèmes d’irrigation pour accroître la résilience de la terre à la sécheresse et favoriser la régénération et la conservation des forêts.

 

 


Niveau 3 : Capacité de la Banque à gérer son portefeuille d’opérations agricoles

Selon les données portant sur les résultats, la Banque a obtenu une cote satisfaisante de 97 % sur ses projets agricoles, dépassant sa cible, et a réduit de neuf à six mois le délai d’approbation des nouvelles opérations. De nouvelles politiques de sauvegarde visant à promouvoir une croissance inclusive et verte ont signifié que 89 % des nouveaux projets agricoles étaient conçus en intégrant les questions climatiques et 87 % les questions de l’égalité entre les genres.


Niveau 4 : Efficacité de la Banque dans le soutien à ses opérations dans le secteur de l’agriculture

Les coûts d’administration et de préparation des projets sont demeurés stables, mais ces aspects peuvent être améliorés. Pour ce qui est de l’embauche et de la formation du meilleur personnel, l’indice d’engagement des employés a montré une plus grande satisfaction ; la part des femmes dans les postes professionnels et de direction est également en hausse, bien que toujours en dessous de la cible. Parallèlement, 70 % des projets agricoles sont gérés par les bureaux nationaux, conformément à la stratégie de décentralisation de la Banque pour mieux répondre aux besoins des pays partenaires.