Revue annuelle sur l’efficacité du développement 2017

Chaque année, la Revue annuelle sur l’efficacité du développement (RAED) présente le bilan des progrès de l’Afrique au regard de ses objectifs de développement et évalue la contribution de la Banque africaine de développement (la BAD ou la Banque) en ce domaine. La RAED a une fonction de gestion importante, car elle nous aide à identifier les secteurs dans lesquels nous sommes performants et ceux où nous devons nous améliorer. Elle permet également à nos partenaires et à nos parties prenantes de mieux comprendre nos objectifs, notre portefeuille et notre performance par rapport à nos objectifs.

Le thème central de la présente Revue est « Nourrir l’Afrique » par une transformation de l’agriculture, objectif essentiel pour stimuler la prospérité économique et la création d’emplois, ainsi que pour éliminer la pauvreté et la faim. La RAED évalue également les progrès réalisés par la Banque sur ses quatre autres grandes priorités et sur ses priorités transversales que sont la gouvernance, la fragilité, le genre et le changement climatique, en soulignant les liens qui les unissent et leur contribution à notre objectif Nourrir l’Afrique.

Cette année, l’analyse de la RAED repose sur un nouveau cadre de mesure des résultats, qui aide la Banque à affiner son orientation stratégique et à accélérer le rythme de ses réformes internes. Le cadre de mesure des résultats est structuré autour des Cinq grandes priorités (le «Top 5»), c’est-à-dire les cinq domaines prioritaires sur lesquels porte la Stratégie de la Banque 2013–2022: Nourrir l’Afrique, Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, Industrialiser l’Afrique, Intégrer l’Afrique, Améliorer la qualité de vie des populations d’Afrique, et examine les questions transversales et stratégiques. Le cadre reflète aussi notre nouveau Modèle de développement et de prestation de services, conçu pour maximiser notre impact sur le développement et optimiser l’emploi de nos ressources.



Chapitre 1 : Nourrir l’Afrique

L’agriculture est la pierre angulaire de la transformation de l’Afrique. L’élimination de la pauvreté et de la faim, et la création de richesses relèvent de façon décisive d’une transformation du secteur agricole dont tant de personnes dépendent pour leur nourriture et leurs moyens de subsistance. La modernisation et le développement du secteur agricole seront à la base de la réalisation de nombreux objectifs de développement durable.

L’an dernier, nos interventions dans l’agriculture ont bénéficié à 5,6 millions de personnes. Nous avons atteint notre objectif qui était d’aider 597 900 personnes à accroître leur utilisation des technologies. Au Nigéria, par exemple, nous avons formé 733 personnes et fourni des pompes pour l’irrigation et des équipements agro-industriels. Nous avons construit ou réhabilité 520 km de routes de desserte, permis aux agriculteurs d’avoir accès à 2300 tonnes d’intrants et amélioré l’accès aux financements. Nous avons soutenu l’amélioration de la gestion de l’eau sur 37 600 hectares. En Gambie, nous avons amélioré les pratiques de gestion des terres et des eaux pour plus de 68 400 personnes, et réussi à réduire considérablement l’érosion des sols, à contrôler la salinité et à augmenter les rendements de la riziculture au-dessus de notre objectif. Nous avons également amélioré le rendement d’un large éventail de cultures grâce à notre aide aux réseaux de recherche agricole; la formation de quelque 17 000 chercheurs et vulgarisateurs a profité à environ 698 000 agriculteurs

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Chapitre 2: Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie

Augmenter la capacité énergétique est l’un des préalables fondamentaux au développement durable et l’un des défis les plus urgents auxquels l’Afrique est aujourd’hui confrontée. Une énergie fiable et abordable permet aux industries et aux petites entreprises d’être compétitives et d’être actives sur les marchés régionaux et mondiaux. En favorisant la croissance économique et en créant des emplois et des moyens de subsistance, l’énergie aide les populations à sortir de la pauvreté. Le développement de l’accès à l’énergie, en réponse à une demande accrue provoquée par une croissance économique rapide, transformera la vie de millions de personnes et permettra aux pays africains de réaliser, en temps voulu, de réels progrès vers les Objectifs de développement durable de l’ONU.

Les projets prévus dans le cadre du Nouveau Pacte comprennent un prêt syndiqué de 1,34 milliard de dollars en Afrique du Sud, ainsi que des projets de construction de lignes de transmission pour relier 20 000 ménages au réseau national en Côte d’Ivoire et pour fournir de l’électricité à 36 villes et villages en Éthiopie. Nous gérons également l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables, lancée lors de la conférence 2015 sur le changement climatique à Paris, qui fournira plus de 300 GW de capacité d’énergie renouvelable d’ici 2030.

L’an dernier, le portefeuille de la Banque concernant l’énergie a dépassé les résultats de l’année précédente mais n’a pas totalement atteint ses cibles. Nous avons installé 540 MW de capacité totale et 41 MW de capacité renouvelable. Nous avons créé ou amélioré 2830 km de lignes de transmission et 653 100 raccordements électriques pour les ménages. Nos investissements ont réduit les émissions de CO2 de 69 000 tonnes équivalent carbone par an.

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Chapitre 3 : Industrialiser l’Afrique

Un secteur industriel dynamique est un moteur déterminant de croissance inclusive et de développement durable. Le développement industriel est l’une des composantes centrales de la croissance et de la transformation économique. Il a le potentiel de créer les emplois nécessaires à une réduction vraiment significative de la pauvreté et de générer des revenus à l’exportation précieux pour les économies africaines. Pour soutenir la croissance, l’Afrique diversifie ses économies en ajoutant de la valeur à ses produits de base.

L’an dernier, les projets de la Banque en matière d’industrialisation ont bénéficié à 2,22 millions de personnes. Nous avons amélioré l’accès aux services de transport pour 7 millions de personnes et construit, réhabilité ou réparé 2200 km de routes. Des services financiers ont été mis à la disposition de 156 000 personnes et petites ou moyennes entreprises, ce qui a permis d’améliorer leur chiffre d’affaires grâce à leurs investissements. En Zambie, nous avons collaboré avec des partenaires pour renforcer la capacité des petites entreprises et améliorer leur accès au financement auprès des institutions financières nationales. En Afrique de l’Ouest, nous avons soutenu les secteurs du coton et du textile dans quatre pays et développé l’industrie textile.

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Chapitre 4 : Intégrer l’Afrique

Le renforcement de l’intégration des économies africaines est un facteur déterminant pour la croissance et le développement économique et, par conséquent, pour le bien-être du plus grand nombre d’Africains. Des infrastructures régionales et une plus grande liberté de circulation transfrontalière des personnes et des marchandises sont des préalables à la création de marchés plus grands et plus compétitifs qui favorisent la santé des entreprises et permettent aux consommateurs d’accéder aux biens dont ils ont besoin. Pour ce qui est de l’agriculture, l’intégration économique ouvre de vastes perspectives aux producteurs, aux opérateurs agroindustriels, aux commerçants et aux consommateurs.

L’an dernier, la Banque a construit ou réhabilité 540 km de routes transfrontalières. Nous avons réhabilité le corridor Lomé-Ouagadougou et construit un nouveau terminal à conteneurs dans le port de Lomé, ce qui a favorisé le commerce, le dynamisme des entreprises et les emplois. Nous avons construit ou réhabilité des lignes transfrontalières de transport d’électricité. Nous avons accordé huit dons pour préparer des projets d’infrastructure régionaux bancables. L’un de ces projets – une importante opération d’interconnexion énergétique associant le Nigéria, le Niger, le Bénin et le Burkina Faso – a déjà reçu des promesses financières qui couvriront son coût total de 682 millions de dollars. Nous avons également financé des études et organisé des ateliers pour trouver un consensus sur les futurs besoins du développement régional.

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Chapitre 5 : Améliorer la qualité de vie des populations d’Afrique

L’objectif ultime de notre aide au développement est de contribuer à améliorer la qualité de vie des populations africaines. La notion de qualité de vie a de multiples dimensions et chacun des objectifs du Top 5 y contribue à sa façon mise en place de services publics de qualité dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’eau et de : par l’amélioration des revenus et des moyens de subsistance, par l’assainissement, ou par la promotion de la protection de l’environnement.

En 2016, la Banque a créé des emplois et fourni des services sociaux pour améliorer la qualité de vie des Africains. Nous avons permis la création de 1,6 million d’emplois directs et formé 652 000 personnes, hommes et femmes. Dans les régions rurales du Malawi, nous avons accordé des dons aux petites et moyennes entreprises agroalimentaires, créant 948 emplois qualifiés et 2161 emplois non qualifiés. Nos projets en Côte d’Ivoire, en Tanzanie et en Ouganda ont facilité l’accès aux financements et aux conseils pour les entreprises. Nous avons créé ou amélioré l’accès à l’eau et à l’assainissement pour plus de 3,73 millions de personnes, ce qui constitue une réalisation majeure dans ce domaine. En Tanzanie et au Zimbabwe, nous avons apporté l’irrigation à plus de 700 exploitations agricoles, et notre soutien à la communauté de développement de l’Afrique australe a porté sur 23 projets communautaires de gestion de bassins hydrographiques, ce qui a amélioré l’accès à l’irrigation dans la région. Nos projets d’éducation ont bénéficié à 477 200 personnes, dont 269 600 femmes

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Chapitre 6 : Questions transversales et stratégiques

Dans les cinq chapitres précédents, nous avons examiné les cinq grandes priorités de la Banque et leurs liens avec la transformation agricole. Nous allons aborder maintenant un certain nombre de questions stratégiques qui traversent l’ensemble du portefeuille de la Banque – la gouvernance, le renforcement des institutions, la fragilité, le changement climatique et des questions de genre – et qui font partie intégrante des objectifs de développement durable en Afrique.

Réaliser le Top 5 suppose une transformation profonde des économies et des sociétés africaines. Tout en travaillant sur ces priorités, nous renforçons la résilience des institutions, soutenons l’égalité des genres sur le continent et intervenons de façon déterminante pour encourager l’adaptation au changement climatique. Nos opérations sur les questions intersectorielles sont au cœur d’une croissance meilleure et inclusive; elles aident les pays à s’orienter vers une croissance verte.

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Chapitre 7 : Améliorer notre efficience et notre impact sur le développement

Dans ce chapitre, nous examinons la manière dont nous gérons notre portefeuille de projets en Afrique pour produire un impact durable sur le développement et évaluons notre efficience en tant qu’institution de financement du développement dans la mise en œuvre de notre nouveau Modèle de développement et de prestation de services.

Dans l’ensemble, la Banque fait de grands progrès dans la mise en place de son nouveau Modèle de développement et de prestation de services. Nous rapprochons notre personnel de nos clients, ce qui nous permet d’être mieux équipés pour réaliser le Top 5. Pour cela, nous avons procédé à une refonte de notre structure organisationnelle pour que le personnel puisse travailler de façon transversale. Grâce à des processus et à des systèmes plus efficaces, la Banque a de meilleurs taux de décaissement et davantage de réussites dans ses projets. Dans ces conditions, nous pensons améliorer encore notre rapport coût-efficacité, mieux répondre aux besoins de nos clients et obtenir des résultats de développement durables.

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