Banque africaine de développement : les Zones de transformation des cultures de base vont changer l’agriculture africaine

« Les Zones de transformation des cultures de base vont permettre aux pays africains de réduire sensiblement leurs importations alimentaires et de devenir des exportateurs nets de denrées et de produits transformés » – Président Akinwumi Adesina.

13/09/2018
Share |

L’Afrique dépense plus de 35 milliards de dollars américains par an dans l’importation de denrées alimentaires, un chiffre qui pourrait grimper à 110 milliards de dollars d’ici à 2025, si les tendances commerciales actuelles se poursuivent. Pour remédier à cela, la Banque africaine de développement entend créer des Zones de transformation des cultures de base, afin d’aider les pays africains à devenir des exportateurs nets de denrées et de produits transformés.

La Banque est déjà en train d’investir pour développer de telles zones dans plusieurs pays africains, à l’instar du Togo, qui va recevoir 29,5 millions de dollars dans le cadre du Projet de transformation agroalimentaire (PTA-Togo). La Banque a également prévu d’apporter une aide à 15 pays au cours des cinq prochaines années, dont l’Éthiopie, la République démocratique du Congo, la Zambie, la Guinée, le Burkina Faso, Madagascar, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Mozambique.

« Je suis convaincu que, de la même façon que les parcs industriels ont aidé la Chine, les Zones de transformation des cultures de base contribueront à créer de nouvelles zones économiques dans les régions rurales, qui aideront des centaines de millions de personnes à sortir de la pauvreté grâce à une agriculture transformée en une activité viable et rentable, qui génèrera de nouvelles sources de richesse », a déclaré le président de la Banque, M. Akinwumi Adesina, lors de l’assemblée 2018 de l’Agricultural & Applied Economics Association (Association d’agriculture et d’économie appliquée, AAEA) tenue à Washington, D.C.

Ces zones de transformation des produits agricoles, vouées à devenir des centres de production de produits finis à valeur ajoutée, devraient créer de nouveaux marchés pour les produits et les matières premières des agriculteurs. Elles devraient également aider à réduire les pertes post-récoltes et à intégrer les chaînes de valeur agricoles avec une logistique de soutien, comme l’entreposage ou les chaînes de production de froid. Le développement de chaînes de valeur agricoles basées sur ces zones pourrait potentiellement créer des débouchés pour des millions d’agriculteurs africains.

« Ces zones seront exploitées séparément et gérées dans le but de fournir les industries agroalimentaires, ainsi que d’autres secteurs liés à l’agriculture. Elles seront dotées de politiques et d’infrastructures idoines comme des routes, l’énergie, l’irrigation, des voies ferrées, les TIC, des structures de gestion des déchets et des ports, afin de réduire les coûts des transactions commerciales pour les entreprises et pourraient même bénéficier de subventions publiques. Avec les Zones de transformation des cultures de base, les zones de misère des régions rurales pourront se transformer en zones de prospérité économique », a conclu M. Adesina, en appelant les investisseurs locaux et internationaux à investir dans le projet.

Si le secteur de l’agriculture fournit des emplois à 61 % de la population active en Afrique, il ne représente que 25 % de son PIB. Les Zones de transformation des cultures de base devraient permettre de réduire cet écart en offrant davantage de perspectives aux agriculteurs et au commerce.


Sections Connexes