La BAD et l’OMS signent un protocole d’accord de 60 millions de dollars pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest

27/08/2014
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Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, et le directeur régional pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé, le Dr Luis Sambo, ont signé le mardi 26 août à Abidjan un protocole d’accord scellant une subvention de la Banque d’un montant de 60 millions de dollars US dans le but de renforcer les systèmes de santé publics de l’Afrique de l’Ouest pour contrer la crise de l’Ebola.

Les fonds, qui seront mis à disposition par l’OMS, seront utilisés pour aider à recruter et à former des agents sanitaires, à acheter des équipements et des médicaments et à assurer la mise en place de la logistique requise au niveau local pour que les patients atteints du virus Ebola puissent bénéficier de services de santé d’urgence.

Depuis le mois de mars dernier, 2 615 cas d’Ebola ont été enregistrés, entraînant le décès de 1 427 personnes en Guinée, au Libéria, en Sierra Leone et au Nigéria.

« La crise de l’Ebola a mis en lumière les faiblesses de nos systèmes de santé. Lorsque nous aurons vaincu l’Ebola, d’autres défis apparaîtront, et nous devrons être mieux préparés. Nous sommes tous concernés : le virus de l’Ebola n’a pas de passeport ; il ne respecte pas les frontières », a affirmé le Président Kaberuka. « Il s’agit d’une épidémie qui se propage rapidement. C’est la raison pour laquelle, outre cet accord avec l’OMS, la BAD investira 150 millions de dollars supplémentaires pour aider les gouvernements membres régionaux par le biais d’opérations d’appui budgétaire, afin de rémunérer les agents sanitaires, d’équiper les centres de santé et de créer des emplois ».

« Pour tous les gouvernements africains et  leurs partenaires, le déclenchement de l’épidémie provoquée par le virus Ebola constitue un rappel amer de la nécessité de renforcer les capacités des infrastructures en matière de santé, afin qu’il soit possible de faire face aux désastres et aux épidémies. Ce protocole d’accord permettra de prendre en charge des interventions immédiates, et il aidera au renforcement des capacités qu’offrent les systèmes de soins de santé », a déclaré le Dr Luis Sambo, directeur régional pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé.   

« Nous apprécions le fait qu’aucun cas n’a été enregistré en Côte d’Ivoire. Cependant, il faut savoir que ce pays est à haut risque. Nous avons pris – et nous prendrons – toutes les précautions qui s’imposent », a déclaré Raymonde Goudou Coffie, ministre ivoirien de la Santé et de la Lutte contre le VIH/Sida, qui participait également à cet événement.

« À long terme, nous voulons nous attaquer aux causes profondes de l’épidémie et renforcer les systèmes de santé en Afrique, car cette épidémie menace la situation économique de nos pays », a affirmé  Kaberuka. « Selon des estimations récentes, ils pourraient perdre 1,5 % de leur PIB en raison de cette épidémie. Même si l’OMS n’a imposé aucune restriction de déplacement, des compagnies aériennes privées ont interdit les déplacements internationaux à destination et en provenance des pays affectés, affectant le tourisme et le commerce ».

Depuis avril, la Banque a déjà décaissé 3 millions de dollars pour appuyer les efforts régionaux d’intervention contre le virus Ebola. Elle a également versé quatre subventions d’aide d’urgence d’un montant de 1 million de dollars chacune aux gouvernements de la Guinée, du Libéria, de la Sierra Leone et du Nigéria. En tant que donateur le plus important à l’heure actuelle, son aide financière totale s’élève à environ 210 millions de dollars.