Energie : la BAD alloue 113 millions de dollars EU au projet de centrale hydroélectrique de Rusumo

27/11/2013
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Les efforts du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) pour améliorer l’approvisionnement et l’accès à une énergie durable en Afrique ont fait un bond en avant, avec l’approbation, par son Conseil d’administration, du projet de centrale hydroélectrique régionale de Rusumo, en Afrique centrale. Le Groupe de la BAD a alloué 97,3 millions de dollars EU, issus du Fonds africain de développement (FAD) et du Fonds spécial du Nigéria (FSN), à ce projet multinational qui favorisera le développement d’infrastructures d’énergie durable. Grâce à la plateforme “Initiative Énergie pour tous” (dite en anglais SE4All) – fenêtre du Fonds fiduciaire Union européenne-Afrique pour les infrastructures –, 16 millions de dollars EU supplémentaires ont été récemment mobilisés par le Groupe de la BAD, afin de renforcer le financement d’une partie de la ligne de transport d’électricité qui reliera la centrale de Rusumo au Burundi.

Ce projet permettra d’accroître la capacité de production d’énergie renouvelable et d’améliorer l’accès à l’énergie à la fois en Tanzanie, au Rwanda et au Burundi. Tous trois se partageront la production d’électricité à parts égales. Le projet compte deux volets : une centrale hydroélectrique d’une capacité de production de 80 MW, ainsi que des lignes de transport d’électricité et des postes électriques. La BAD se charge de financer les installations de transport. Foyers, industries, entreprises – petites et moyennes entreprises notamment – au Burundi, au Rwanda et en Tanzanie, bénéficieront ainsi d’un accès à une électricité moins chère, plus fiable et “propre”. La construction des installations de transport devrait s’achever en août 2018. Confiés aux pays concernés, le développement et la gestion de ce patrimoine commun que créera le projet renforceront également le processus d’intégration régionale.

« Le projet des chutes de Rusumo est l’un des nombreux projets que finance la BAD pour faire face au problème critique des faibles taux d’accès à l’électricité et des infrastructures peu développées dans la région. Il fait partie de ces projets régionaux qui pourraient améliorer la stabilité régionale grâce à la coopération entre les pays et à l’intégration. L’Afrique a un incroyable potentiel hydroélectrique, dont seuls 4 % sont exploités », a souligné Alex Rugamba, directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique à la BAD. « Avec des projets comme celui-ci, nous cherchons à tirer parti des atouts naturels du continent, pour améliorer l’accès à des services énergétiques modernes, fiables et abordables. »

Cette centrale hydro-électrique permettra, non seulement d’accroître la capacité de production hydroélectrique et de combler ainsi le déficit en énergie des trois pays, mais aussi d’améliorer leurs taux d’accès à l’électricité, bien faibles à ce jour. Le Rwanda et la Tanzanie seront à même de substituer en partie à l’énergie produite au moyen des combustibles importés à des prix élevés, une énergie hydroélectrique moins chère, favorisant une baisse des tarifs actuels de l’électricité. Pour le Burundi, le projet fournira 50 % de la demande de pointe actuelle, ce qui permettra d’y élargir l’accès à l’électricité, de promouvoir de nouvelles activités économiques, et de réduire les émissions de CO2.

En 2012, les chefs d’Etat africains avaient approuvé, dans le cadre du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), un ensemble de projets d’énergie prioritaires à mettre en œuvre d’ici 2020. Le projet de Rusumo en fait partie. Il est l’un des neufs projets hydroélectriques retenus dans le programme d’infrastructures énergétiques du PIDA, qui met l’accent sur de grands projets de centrales hydroélectriques et l’interconnexion de réseaux énergétiques entre les pays.  

Voilà plusieurs années que la BAD soutient le projet de Rusumo. En 2006, la Banque avait alloué une subvention de 4 millions de dollars EU du Fonds africain de développement (FAD) à l’Initiative du bassin du Nil, afin de financer les études de faisabilité technique, financière, économique et sociale des lignes de transmission de la centrale hydroélectrique de Rusumo.