Le président de la BAD, Akinwumi Ayodeji Adesina, reçoit son passeport africain, symbole de l’intégration du continent

05/10/2016
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Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Ayodeji Adesina, a reçu ce mercredi 5 octobre 2016 à Abidjan, son exemplaire du passeport africain, qu’il considère comme un symbole fort de l’intégration croissante de l’Afrique.  « Je me réjouis de recevoir le passeport africain », a-t-il déclaré, saluant le rôle prépondérant joué par la BAD et d’autres institutions africaines liées à l’Union africaine (UA).

Observant que la plupart des Africains ont besoin de visas pour se rendre dans au moins 38 pays du continent, M. Adesina a souligné que la création du passeport africain relevait d’une décision économique visant à faire disparaître les obstacles qui séparent les peuples d’Afrique et qui compliquent la poursuite d’activités socio-économiques. Selon lui, « il contribuera à réduire le coût des procédures dans les transactions sur le continent».

Évoquant un incident où, faute d’un visa, il avait dû passer une nuit dans un aéroport africain, M. Adesina a déclaré que « quand les Africains sont en Afrique, ils sont chez eux, et quand vous êtes chez vous, vous devriez pouvoir vous déplacer librement dans votre maison. » Et d’ajouter : « Je suis convaincu que tous les murs qui nous séparent encore vont tomber. »

Actuellement, et contrairement à ce qui a cours sur d’autres continents, les non-Africains voyagent plus facilement à travers le continent que les Africains eux-mêmes.

Un peu plus tôt, intervenant après avoir présenté le passeport africain au nom du président de la Commission de l’Union africaine (UA), le secrétaire général de la Banque et ancien directeur des affaires juridiques de l’Union africaine, Vincent Nmhielle, a déclaré que le passeport s’inscrivait à l’Agenda 2063 de l’UA, dont l’un des objectifs est de créer « un continent sans frontières».

Il a précisé que le passeport, produit en trois versions — diplomatique (rouge), administratif (bleu) et ordinaire (vert) — allait être remis à des chefs d’État et aux membres du personnel d’institutions africaines afin de leur permettre de se déplacer à travers le continent « dans des délais très courts ». « Ce document de voyage sera, à terme, délivré à tous les Africains qui en feront la demande, » a ajouté M. Nmhielle.

Aujourd’hui, seuls les Seychelles, Maurice et le Rwanda appliquent une politique d’ouverture des visas en Afrique.

L’édition 2016 du Rapport relatif à l’ouverture sur les visas en Afrique, qui est publié conjointement par la BAD et l’UA, montre qu’en moyenne 55 % des pays d’Afrique exigent un visa pour les ressortissants africains, 25 % délivrent un visa à l’arrivée, et seuls 20 % offrent à ces derniers une dispense de visa.