Document de stratégie pays du Kenya : la BAD donne priorité à la création d’emplois et au développement des infrastructures

06/03/2014
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Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, mercredi 5 mars 2014, le Document de stratégie pays (DSP) du Kenya énonçant les domaines prioritaires de soutien au Kenya pour 2014-2018. Le DSP soutient les ambitions du pays et propose de relever ses principaux défis en matière de développement en promouvant la création d’emplois comme objectif premier.

Les prêts de la Banque, sur la période du DSP, visent à optimiser le financement du Fonds africain de développement (FAD) pour le Kenya, ainsi qu’à explorer les moyens de restructurer les opérations peu performantes du portefeuille ou de les annuler ; et de redéployer les ressources libérées vers des investissements existants ou nouveaux.

La BAD est par ailleurs en train de revoir sa politique de crédit pour l’emprunt non concessionnel, permettant ainsi au Kenya d’accéder à des prêts à garantie souveraine du guichet de prêt au secteur public de la Banque.

Le nouveau DSP a été préparé au moment où le pays venait : de conclure une transition politique pacifique, de lancer le deuxième Plan national à moyen terme (PMT II) 2013-2017, d’engager un processus global de décentralisation et de découvrir des gisements de pétrole, de gaz et de charbon. Il s’aligne sur la Stratégie décennale de la Banque pour 2013-2022, sa Stratégie du secteur privé pour 2013-2017 et sa Stratégie en matière de genre pour 2014-2018.

« Pour atteindre notre principal objectif, nous avons articulé le DSP autour de deux grands piliers », a indiqué Gabriel Negatu, directeur régional du Centre régional de ressources pour l’Afrique de l’Est de la BAD. « Nous continuerons de soutenir les efforts du gouvernement pour améliorer les infrastructures physiques afin de déclencher la croissance inclusive, ainsi que pour développer les compétences pour le marché du travail émergent de l’économie kényane en pleine mutation. »

Dans le cadre du premier pilier, la BAD établira un environnement plus propice au secteur privé à travers des investissements dans les infrastructures physiques. L’investissement dans l’énergie, les transports et l’eau, plus précisément, facilitera l’accès à une électricité abordable et fiable, améliorera la connectivité des transports, réduira le coût et le temps de transport et améliorera l’accès à un approvisionnement en eau fiable. Au niveau des entreprises, cela stimulera l’activité du secteur privé, accroîtra la productivité, encouragera la transformation structurelle et générera des emplois, favorisant ainsi une inclusivité équilibrée hommes-femmes. Dans le même temps, les groupes vulnérables et les ménages bénéficieront de l’amélioration des infrastructures, ce qui renforcera encore l’inclusivité.

Les investissements de la Banque dans le secteur de l’énergie auront pour but de réduire le coût de l’électricité et de rendre l’approvisionnement plus fiable et accessible, en soutenant ainsi les objectifs du deuxième PMT visant à augmenter les taux d’accès en milieu rural et urbain de 50 % et à diminuer le coût de l’électricité de 50 % d’ici à 2018.

Le second pilier se concentrera sur l’amélioration de l’accès aux marchés du travail émergents du secteur des technologies et de l’accès des moins qualifiés aux secteurs à forte intensité de main-d’œuvre. Les nouvelles interventions de la Banque, au titre de ce pilier, porteront en priorité sur l’appui à l’enseignement et à la formation techniques et professionnels (EFTP) afin de développer les compétences de niveau intermédiaire des techniciens et artisans pour les marchés du travail actuels et émergents au Kenya, comme dans la région, conformément à la stratégie EFTP du gouvernement.

Les programmes de développement des compétences cibleront les jeunes et les personnes vivant avec un handicap, en faisant en sorte qu’au moins 50 % des personnes formées soient des femmes, ce qui favorisera l’égalité des sexes et l’inclusion. Les programmes EFTP encourageront également l’inclusion en améliorant l’accès des filles et des femmes aux matières scientifiques et technologiques par des mesures d’incitation et d’autres mesures antidiscriminatoires.

L’inscription à l’EFTP cible principalement les diplômés du post-primaire et du secondaire âgés de 15 à 30 ans. L’EFTP comprendra des programmes d’apprentissage et des formations axés sur le développement de compétences requises dans le domaine des infrastructures (routes, énergie, eau et TIC), là où l’inadéquation des compétences se fait le plus ressentir. Dans le cadre du second pilier, la Banque aidera également le gouvernement à élaborer une stratégie nationale de durabilité en se concentrant plus particulièrement sur l’entretien préventif des installations d’enseignement et sur la formation continue des enseignants de l’EFTP.

« En s’appuyant sur les réalisations antérieures et en consolidant les acquis, ce DSP est un prolongement du DSP 2008-2013 qui est centré sur la croissance, la création d’emplois et le développement des infrastructures », explique Gabriel Negatu. « Il est toutefois novateur, car il prend en compte des thématiques récemment apparues, telles que la croissance verte et inclusive, ainsi que la transformation structurelle. Il intègre également l’égalité des sexes. En principe, tous les nouveaux investissements de la Banque viseront à générer des emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, à « inciter » le secteur privé, à promouvoir l’intégration régionale et à intégrer l’égalité hommes-femmes. »