COP19 - pour la Journée de l'Afrique, la BAD braque les projecteurs sur les solutions climatiques

21/11/2013
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Parvenir à la sécurité alimentaire et à une agriculture plus résistante exige, tout à la fois, de s'adapter au changement climatique et de réduire l’intensité des émissions de carbone par produit.

Mise en lumière par la Banque africaine de développement (BAD) à l’occasion de la Journée de l’Afrique, le 19 novembre 2013, ce raisonnement exige de prendre un tout autre cap et d’opter pour une utilisation plus efficace des terres, de l'eau, des nutriments du sol et des ressources génétiques, ainsi que pour des changements de taille en matière de gouvernance, de législation, de politique et de mécanismes financiers.

Sur le thème “Changement climatique et développement agricole en Afrique”, l'événement s’est déroulé le 19 novembre à Varsovie, en Pologne, en marge des négociations des Nations unies sur le climat. Organisée par la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), la BAD et la Commission de l'Union africaine (CUA), la Journée de l'Afrique a été l'occasion de réunir Africains, partenaires au développement et négociateurs venus d’ailleurs. L'objectif était d’échanger sur l’agriculture, le secteur qui a le plus souffert des impacts du changement climatique, alors qu’il est vital pour l'Afrique,.

Il y a un besoin urgent « d'unifier et de rehausser le niveau économique des personnes d'ascendance africaine », a déclaré Tumusiime Rhoda Peace, commissaire à l'Economie rurale et l'agriculture (REA) de l'Union africaine. Evoquant le mouvement du panafricanisme, elle a ensuite fait référence au dernier rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique (GIEC), qui souligne les effets néfastes du changement climatique sur l'agriculture africaine. Et d’ajouter que l'Afrique n'était pas le principal pollueur, appelant les pays pollueurs à tenir leurs engagements, afin d’atteindre les objectifs fixés.

Pour Emmanuel Dlamini, président du Groupe africain des négociateurs, le thème de cette Journée était on ne peut plus pertinent : de fait, alors que l’essentiel de l'agriculture africaine est une agriculture pluviale, les sécheresses et les inondations sont devenues plus fréquentes, plus intenses et imprévisibles en raison du changement climatique. De quoi entraîner une dégradation des conditions de vie de millions de personnes.

Perspectives d’avenir

Anthony Nyong, chef de la Division conformité et sauvegarde à la BAD – une division liée aux questions d’environnement –,  a déclaré que l'agriculture ne devait pas être considérée comme un service social, mais qu’elle devait être abordée dans sa dimension entrepreneuriale. Il a ajouté que moins de 10 % des financements vont aux stratégies d'adaptation. Et qu’opter pour une agriculture “intelligente”, qui tienne compte du climat, et pour un modèle de développement à faible émission de carbone était la voie à suivre.

« Avec  1,7 milliard de dollars alloué en 2012 au financement de l'atténuation du changement climatique, la BAD est, par excellence, l’institution de financement d’un développement faible en teneur en carbone sur le continent. Sur l’ensemble de ses prêts, l'institution a consacré un dollar sur trois au financement climatique », a précisé Kurt Lonsway, chef de la Division environnement et changement climatique.

Pour les trois années à venir, la BAD consacrera plus d’un milliard de dollars EU sur ses fonds propres aux infrastructures agricoles. Le nouveau programme de financement du commerce que la Banque a initié offrira un financement aux courtiers de produits de base opérant dans l’import-export de produits et intrants agricoles. En outre, l’octroi de lignes de crédit aux banques locales africaines permettra d’appuyer les PME du secteur agricole. Ces deux mécanismes s'engagent à financer les produits et services liés à l'agriculture, à hauteur de 200 millions de dollars EU environ au cours des quatre prochaines années.

Lors de cet événement majeur, les débats ont mis l’accent sur la contribution de l’Afrique aux stratégies d'adaptation au changement climatique. Un message fort sur la nécessité de tenir les promesses de contributions financières en faveur de l'adaptation et du transfert de technologie a été délivré. Cela a aussi été l’occasion, pour les décideurs politiques africains, d’évaluer le niveau des négociations sur chacun des points de friction, au moment où la pression se fait plus forte pour boucler les documents finaux de COP19.