Les leaders africains lancent un appel pour de nouvelles politiques de développement dans les états fragiles

08/09/2011
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Des dirigeants africains d’états fragiles et d’états affectés par un conflit se sont joints à la Banque africaine de développement, la Commission de l’Union africaine et la Commission des Nations unies économique pour l’Afrique pour une réunion régionale sur l’édification de la paix et la consolidation de l’état à Addis Abeba, en Ethiopie, du 7 au 9 septembre 2011. L'objectif était de contribuer à finaliser l’agenda du quatrième forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide qui se tiendra à Busan, en Corée, en novembre prochain.

Reconnaissant qu’aucun état fragile n’a atteint l’un des Objectifs du millénaire pour le développement, la Banque africaine de développement a organisé cette réunion avec la Commission Economique des Nations unies pour l’Afrique et la Commission de l’Union africaine. Le but visé était d’aider à maintenir la dynamique des orientations politiques destinées à réformer les programmes d’aide, avec une attention particulière aux états affectés par un conflit et aux états fragiles. Les participants se sont accordés sur le fait que la sécurité, la justice et la création d’emplois sont des priorités qui doivent informer les futurs travaux sur l’édification de la paix et la consolidation de l’état.

Les 150 participants comprenaient 11 ministres des finances et de la planification, des représentants de haut niveau d’organisations internationales et la société civile. Ils venaient de la Côte d’Ivoire, des Comores, de Djibouti, de l’Ethiopie, de la Guinée, de la Guinée Bissau, de la Somalie, du Sud Soudan, du Tchad et du Zimbabwe.

Le vice-président des opérations sectorielles de la Banque, M. El Kheshen, a reconnu les progrès accomplis : « Des succès ont été enregistrés même dans les environnements fragiles ; il convient donc de décrire l’histoire du développement en termes de progrès, tout en reconnaissant qu’il reste encore du travail à faire. »

Les participants ont reconnu que de nouvelles opportunités se dessinent pour changer la manière dont l’aide est fournie dans les pays en conflit ou en situation de fragilité – et la manière dont les partenaires nationaux et internationaux collaborent. S’adressant aux participants, M. El-Kheshen a déclaré : « A la Banque africaine de développement, vous êtes nos mandants. Nous devons rendre compte, en tant qu’institution africaine, de l’appui que nous apportons à vos priorités, de l’utilisation de notre expertise et des ressources que nous investissons. Comme le président Kaberuka l’a fait observer à Tunis l’automne dernier, l’aide n’est jamais qu’un moyen au service d’une fin. Pour être efficace, l’aide doit finir par disparaître. » De nouvelles opportunités s’offrent, avec la montée de nouvelles équipes dirigeantes en Afrique du Nord, l’arrivée de nouveaux bailleurs et des perspectives de renforcement de la coopération sud-sud.

Lors du Forum sur l’efficacité de l’aide en novembre prochain, les dirigeants et les experts feront le bilan des progrès réalisés depuis le forum d’Accra en 2008. Ils proposeront également un nouveau plan cadre pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement d’ici 2015. De plus, ils essaieront de situer l’aide dans le contexte plus large du développement, tout en tenant en compte des défis en cours et à venir tels que le commerce, la sécurité et le changement climatique. Cette réunion africaine souhaite non seulement influencer l’agenda du Forum mais aussi d’autres processus africains et internationaux.