Discours de clôture du président de la BAD Donald Kaberuka, à l’occasion des Assemblées annuelles 2014

23/05/2014
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Événement: séance de clôture des Assemblées annuelles 2014

Monsieur le Président,

Chers gouverneurs,

Au moment de clore notre 49e Assemblée annuelle, permettez-moi de vous remercier pour tout ce que vous nous avez permis d’accomplir ensemble au cours de cette semaine.

Ce que nous avons accompli va bien au-delà de simples décisions statutaires concernant la vie ou l’avenir de la Banque ; nous avons, en effet, abordé des questions qui concernent l’ensemble de l’Afrique.

Quiconque a suivi la la trame des débats qui se sont déroulés au cours des séminaires et des événements de haut niveau aura compris le rôle important et fédérateur de la Banque sur les questions qui touchent au développement de l’Afrique.

Le choix du thème des Assemblées annuelles, « l’Afrique que nous voulons », est une question vitale pour chacun d’entre nous, qui parle clairement à l’esprit de nombre de personnes aujourd’hui.

Mais l’important n’est pas tellement de discuter ou de commémorer ; c’est surtout d’agir.

Notre objectif est de pouvoir suivre tous les thèmes qui ont été évoqués ici – l’économie bleue, les questions de leadership, les ressources naturelles, les dividendes du genre, le chômage des jeunes, etc. – dans le contexte de notre stratégie décennale.

En particulier, j’aimerais m’attarder sur les dividendes du genre et plaider pour que, ensemble, nous avancions radicalement sur ce dossier, à la Banque et dans nos pays respectifs. Nous avons un bon plan d’action ; mettons-le en œuvre.

Je voudrais vous exprimer ma profonde gratitude pour les décisions prises sur les questions suivantes : Afrique50, l’AGTF, la diversification de nos produits de prêt, et l’entérinement du travail que nous accomplissons. Pour Afrique50, nous allons désormais passer à sa constitution, à des tournées de présentation, et à la réalisation des premiers projets avec d’autres BMD ou sous forme de swaps de risques.

Il est important de démontrer, suffisamment tôt, comment Afrique50 peut faire  la différence. Bien entendu, la décision concernant les domaines d’investissement sera prise, de manière indépendante, par les organes compétents d’Afrique50.

Toutefois, vous comme moi espérons que le Fonds Afrique50 ciblera les projets transformateurs, commercialement viables, et aura un impact dans l’ensemble des cinq régions d’Afrique.

J’ai l’espoir que, d’ici à notre prochaine rencontre à Abidjan, nous serons en mesure de vous rendre compte des progrès réalisés sur l’AGTF et, maintenant que l’accord a été officiellement signé hier, nous allons passer à sa mise en œuvre. Notre réserve de projets, tant souverains que non souverains, est assez bien étoffée et diversifiée, pour offrir des opportunités à la Banque à cet égard.

Pour ce qui est de la diversification de nos produits de prêt en faveur des pays du FAD, par rapport au guichet de la BAD, j’ai relevé trois points dans les discussions que j’ai eues avec vous.

  • D’abord, c’est une décision opportune qui reflète le dynamisme de l’Afrique, tout en contribuant à la décentralisation du portefeuille de la Banque sur le continent.
  • Ensuite, il est important de garantir la rigueur des critères et des filtres d’accès, et les montants à soumettre au comité de risque de crédit.
  • Enfin, il convient, pour se prononcer sur l’accès, de veiller soigneusement à la soutenabilité de la dette et à la performance macroéconomique générale des pays éligibles.

C’est exactement ce que nous ferons. Je me félicite que vous ayez approuvé le travail qu’entreprend l’équipe spéciale des gestionnaires de risques des BMD sur les swaps de risques. Cette initiative est importante parce qu’elle permet à toutes les BMD de réduire nos risques et parallèlement de partager nos points forts.

Certains d’entre vous ont proposé que nous lancions, le moment venu, un programme pilote pour en tester la performance avant le plein déploiement. Nous partagerons ce point de vue avec l’équipe spéciale des BMD.

Enfin, presque toutes les délégations ont salué la mise en œuvre harmonieuse de la feuille de route du retour au siège à Abidjan.

Nous sommes conscients des défis d’ordre logistique qui se posent, mais, comme je l’ai affirmé au début, nous nous sommes bien préparés. Au cours des derniers mois de préparatifs, vous avez souligné la nécessité de  garantir la continuité des activités et de gérer les départs de personnels. Sur ce dernier point, je puis vous assurer que les réductions d’effectifs sont minimales et que les départements concernés seront dotés des moyens nécessaires pour accélérer les  recrutements et procéder aux remplacements.

Pour finir, nous avons examiné la nécessité de continuer à renforcer la gestion des risques et les mesures de contrôle interne. La création de la fonction de Chef de la gestion des risques du Groupe de la Banque devrait vous donner l’assurance que nous sommes sur la bonne voie.

Comme indiqué dans mon allocation d’ouverture, nous sommes parfaitement conscients qu’en raison de la situation actuelle des marchés financiers, nous devons tout mettre en œuvre pour étendre nos activités, diversifier notre portefeuille et stabiliser nos budgets administratifs, jusqu’à ce que notre revenu net retrouve une trajectoire de croissance sur le moyen terme.

Reconnaissons cependant, comme le montrent les présentations financières mises à votre disposition, que les perspectives à moyen terme de la Banque et sa capacité à supporter les risques reposent sur des bases particulièrement solides. Nous ferons tout notre possible pour renforcer davantage ces bases.

Au cours des douze prochains mois, la Banque s’emploiera à consolider ses acquis, à prendre des mesures correctives, le cas échéant, et à déployer plusieurs initiatives dont vous avez convenu. Je suis néanmoins tout à fait convaincu, tout comme vous, que le retour en toute sécurité à Abidjan sera pour nous l’entreprise la plus importante de l’année à venir.

Enfin, j’affirme une fois de plus que nous oeuvrerons  de concert pour renforcer les solides bases macroéconomiques de nos pays, en faisant tout ce qui est en notre pouvoir pour garantir le maintien de la stabilité macroéconomique pour laquelle l’Afrique a travaillé avec acharnement  dans les années 80 et 90. Cet effort consiste également à surveiller de près la dette intérieure et extérieure.

Pour terminer, je tiens à adresser, en votre nom, mes remerciements au Bureau sortant et à vous, Monsieur le Président, pour le travail que vous avez accompli au cours de l’année passée. 

Je voudrais, dans le même esprit, souhaiter la bienvenue au nouveau Bureau et l’assurer de notre soutien et de notre coopération sans réserve.

Je voudrais aussi féliciter les administrateurs qui viennent d’être élus et leur dire que tout notre soutien leur est acquis.

En votre nom, j’adresse un grand merci au Gouvernement et au peuple du Rwanda pour tout ce qu’ils ont fait pour assurer la réussite de l’Assemblée annuelle.

Mes remerciements vont également à tous ceux qui, de près ou de loin, ont d’une manière ou d’une autre fait de cette réunion une réussite. Merci au Conseil, à la haute direction et au personnel.

Merci à vous mesdames et messieurs les gouverneurs, pour ce que avons pu accomplir cette semaine et nous nous donnons encore rendez-vous à Abidjan, en mai 2015.

Je vous remercie et que Dieu vous bénisse.